CONCENTRATION DEVANT STETTIN
troupes de regagner la rive gauche. Mais enfin cette opération, comme celle d'Orte, avait eu le succès qu'on en attendait et qu'auront presque toujours ces entreprises audacieuses.
A midi, la canonnière cuirassée de 2* classe Mitradk s'engageait dans le Land-Tief, balisé par quelques bouées et dont les deux issues étaient marquées par des embarcations mouillées sur grappins. Le vice-amiral, averti par ses torpilleurs de flanc de la canonnade qu'on entendait dans le Greifsvvalder Bodden, n'avait pas attendu pour renforcer son escadrille la demande de secours du chef de division. Quand la Mitraille eut rejoint cet officier supé* rieur, la Fusée fut envoyée à la disposition du commandant en chef; cette canonnière fut plus tard réparée à Swinemûnde et munie, à Copenhague, d'un nouvel atfût de 24%, venu de France.
A 3 heures, le torpilleur expédié pour prendre les ordres des autorités militaires et navales à l'égard de la brigade du 10* corps, rapporta les instructions suivantes :
Au chef de la division navale : bloquer avec ses 3 canonnières cuirassées, 2 avisos et 4 torpilleurs l'entrée du sund de Strela; se montrer souvent devant Greifswald et tâcher de dégrader la voie ferrée de Stralsund à Stettin.
Pour la fin de la journée, protéger le rembarquement de la brigade du 10* corps et laisser en permanence un des avisos mouillés le plus près possible de l'isthme de Sellin pour flanquer le retranchement qui allait le barrer.
Au commandant de la brigade détachée: résister à toute attaque sur la position de Neu-Reddewitz-Lanken, mais ee retirer à la fin du jour sur Sellin; choisir dans l'isthme une bonne position défensive, y établir un retranchement solide, avec emplacements pour 4 pièces de 65%, et block-
haus ; y laisser un balaillon et s'embarquer daiis la journée du 30 pour rejoindre Tarmée à Swinemûnde.
Ces ordres furent ponctuellement exécutés : d'ailleurs les Allemands, solidement établis à Putbus et à Bergen^ n'essayèrent pas d'entamer la position de la brigade française. Le 30, vers 5 heures du soir, la brigade du 10* corps s'embarquait à Lôbbe, laissant un de ses bataillons à la garde de l'isthme avec vivres et munitions.
La division navale, rendant à la flotte ses canonnières en bois et l'un de ses avisos, s'établissait à l'entrée du Strela-Sund, surveillant du plus près possible les canonnières cuirassées allemandes qui ne paraissaient point, du reste, disposées à disputer aux Français la possession du golfe de Greifswald.
Revenons maintenant à Swinemûnde. Ce ne fut que vers 1 heure de l'après-midi que l'on put considérer le chenal de la Swine comme à peu près libre pour les navires calant moins de 5 mètres ; encore une circonstance heureuse avait-elle permis d'avancer singulièrement la destruction du Greif; cet aviso avait été coulé presque audessus d'une ligne de torpilles de fond qui n'avaient pu servir, l'attaque par terre ayant précédé l'entrée de nos navires dans le port. Les postes d'inflammation avaient bien été détruits par les Allemands au moment de leur retraite, mais un hasard fit découvrir le bloc d'atterrage des fils conducteurs et l'on put faire exploser les torpilles qui touchaient la carcasse du Greif.
Les pétards, coulés en divers endroits de la coque, achevèrent l'œuvre de désagrégation, et enfin le Monîcalm se jetant avec toute sa masse et une vitesse de 8 nœuds- sur les tôles déchirées du malheureux aviso, réussit à creuser comme un canal dans la partie avant de la coque qui s'ap-