CONCENTRATION DEVANT STETTIN
8 heures du soir ; le vice-amiral promettait que les efforts les plus persévérants seraient faits pour amener, malgré la nuit, cette brigade à Ziegenort à la pointe du jour, le 31 mai.
De Ziegenort même le directeur du port mandait que le débarquement des voitures d'artillerie et des caissons de munitions continuait avec activité; qu'il y avait quelques échouages à signaler, quelques navires en détresse, mais que la navigation des chenaux et du Haff s'était effectuée sans incidents notables pour la très grande majorité de& navires de la flotte de charge. Aussitôt débarqués, les convois étaient acheminés sur Pôlilz, sous la protection de détachements d'infanterie et de pelotons de cavalerie qui se formaient peu à peu, au fur et à mesure des arrivages. Une partie des munitions d'infanterie était dirigée sur Stettin par le fleuve, au moyen d'allèges remorquées par des canots à vapeur à faible tirant d'eau. On pouvait être assuré d'un réapprovisionnement convenable pour la journée du 31.
Enfin, un aviso danois, venu de Copenhague, avait an^ nonce à Swinemiinde les succès de notre armée du Montf errât, la retraite générale des forces italiennes et l'envoi probable dans les ports du Nord d'un bon nombre de transports et de paquebots désormais inutiles dans la Rivière de Gênes. Le ministère français avisait le général en chef que la division du 10* corps territorial prendrait passage sur ces bâtiments du 2 au 4 juin ; on formait un corpp d'armée, le 23* (les 20% 21* et 22* étaient déjà engagés), avec des régiments de marche de la région de l'Ouest ; ce corps était destiné à renforcer l'armée de la Baltique vers le 15 juin.
En outre, et c'était là un point plus important encore,
le ministère danois inrormait le général eu chef que la (liviâion rassemblée à Nyborg était partie le 30, à la pointe •lu jour.
Ou pouvait donc espérer que ce précieux renfort arriver<ïiK dans la journée du 1" juin.
En revanche, le général en chef et le vice-amiral étaient priés d'envoyer le plus tôt possible à Nyborg les transports ou paquebots-écuries dont ils pouvaient disposer : une brigade réduite de cavalerie et quatre batteries attelées restant immobilisées faute de moyens de transport.
Quant à la division réunie à Faaborg, elle commencerait à débarquer à Sonderburg-Dùppel le 31 au soir; les bateaux de pays et rescadrille d'Hôrup lui suffisaient.
De Tensemble de ces renseignements, il résultait que nous disposions, pour l'attaque de Stettin, de 3 brigades du 10' corps, de la division danoise et d'une brigade d'infanterie de marine, formant, après déduction des détachements', des égrenés, des éclopés et des blessés du 30, une masse de 32,000 fantassins environ (bataillon de chasseurs compris). On avait déjà 8 batteries attelées et on comptait en recevoir huit autres dans la nuit ou dans la matinée du 31. Quanta la cavalerie, elle était naturellement très faible, 3 escadrons à peine ; mais elle recevait continuellement des renforts, par petits paquets. '
Le général en chef invita le contre-amiral commandant la flottille à faire descendre le fleuve à tous les navires de charge disponibles, soit par leurs propres moyens, soit remorqués : la descente du « canal de TOder », qui va jusqu'aux marais de Pôlitz, n'offrait pas de difficultés, même pendant la nuit.
1. 1 bataillon à Hammer; 2 à Pôlitz; l escadron et l compagnie à Falkenwalde.
ORDRES POUR l'aTTAQUE DE STETTIN. 239
On attendait le jour pour descendre du Monchwerder à Ziegenort, et encore les navires calant moins de 3 mètres pouvaient-ils s'aventurer à continuer de nuit leur navigation dans le Papenwasser. Le contre-amiral devait prendre à Ziegenort au moins la brigade d'infanterie du 10* corps et l'amener devant Bredovv le plus rapidement possible, le trajet par eau devant certainement durer beaucoup moins que la longue marche de Ziegenort-Pôlitz-Grùnthal.
La flottille d'avant-garde et les avisos de station, qui s'étaient engagés pendant la journée dans le canal de l'Oder, devaient coopérer à l'attaque de la ville de la manière suivante : les avisos de station : Bisson, Dumont-d'Urville, Chasseur et Voltigeur, dans le canal ou bras principal de l'Oder, auront pour objectif de prendre à revers les défenseurs du saillant d'Unter-Wieck; toutefois, ils ne remonteront jusqu'en dedans de l'enceinte que lorsque la hauteur d'Unter- Wieck aura été couronnée par nos troupes; jusque-là ils coopéreront à l'attaque du faubourg de Grabow.
Les avisos de flottille : Alcyon, Jouffroy, Pingouin, Bengali, Ibis, calant moins de 3 mètres, et qui s'allégeront le plus possible, remonteront, parle lac de Damro, dans la branche appelée rivière de Pemitz et auront pour mission soit, si cela paraît possible, de détruire le chemin de fer de Damm, qui passe à 1 kilomètre au sud de ce bras, soit d'en battre le remblai de manière à interdire la circulation des trains. Des ouvriers de chemin de fer et une compagnie d'infanterie danoise seront mis à la disposition du commandant de cette escadrille.
En tout cas, ces navires concourront à l'attaque du faubourg de Lastadie.
Les chaloupes-canonnières : Garnier, Chamois, CuveUier, RoUandes et Raynaud, les canots à vapeur disponibles ca-
lant moins de 1 mètre', remorqueront dans le bras du Dunzig des embarcations et des chalans portant le 4^ régiment de la division danoise, chargé d'occuper le faubourg de Lastadie et, si possible, de s'avancer jusqu'à la voie ferrée, au sud de la ville.
Les torpilleurs se tiendront dans le bras principal à la disposition du contre-amiral. Les porte- torpilles seront prêts à détruire les ponts de bateaux, les lance-torpilles à ])Orler des escouades de torpilleurs, d'ouvriers des chemins de fer et de soldats du génie.
Quant aux dispositions prises pour les troupes, elles portaient en substance que la division danoise, laissant des détachements à l'extrême gauche pour garnir la ligne du ruisseau de Grùnthal et masquer Grabovv, remonterait vers Grùnthal pour trouver un terrain solide et aborderait ensuite, en obliquant à gauche, la hauteur qui domine rUnter-Wieck, évitant ainsi de se heurter et de consumer ses forces contre le faubourg de Grabow^, pris à revers d'ailleurs par les avisos.
La première brigade du 10* corps devait marcher avec les Danois, à leur droite, et, comme eux, aborder la ville par le saillant d'Uuter-Wieck.
La deuxième brigade et l'infanterie de marine attaqueraient Grûnhof et le saillant de l'enceinte qui louche ce faubourg.
La cavalerie ferait des démonstrations à Texlrême droite vers la citadelle (fort Preussen), tout en s'éclairant à bonne distance vers Schwarzow.
La 3*^ brigade du 10* corps restait en réserve à Grùnthal aux ordres directs du général en chef.
1. 11 y a à rentrée du Dunzig un seuil de i mètre seulement de fond. Les chaloupes-canonnières ne calent que 60 et 80 centimètres.
Rome ht Berlin.
DE ZIEGENORT A STETTIN