DISPOSITIONS POUR LX DÉFENSE DE STBTTIN
L'artillerie devait préparer Tattaque des hauteurs de la rive droite du ruisseau, puis marcher à la suite des colonnes et prendre des emplacements convenables sur le plateau pour battre Tenceinte.
Le génie, en tête des premières colonnes, avec pétards, haches et échelles pour Tescalade.
Examinons maintenant les dispositions prises dans l'autre camp :
Le soir du 30 mai, le lieutenant-général chargé provisoirement du commandement de la place de Steltin et des troupes qui la défendaient, disposait des forces suivantes :
1^ Les bataillons qui avaient combattu dans la journée et qui occupaient Grûnhof (129* de ligne : 3 bataillons, 6 bataillons de landwehr du II* corps), en tout 9 bataillon^^^ réduits à 7,500 hommes par les pertes de la journée; - 2'' La garnison de Swinemiinde qui avait réussi, non sans pertes, à gagner la rive gauche de la Peene, laissant son artillerie et tous ses bagages entre les mains de la brigade d'infanterie de marine qui la poursuivait : 5 bataillons réduits à 3,000 hommes environ;
3® Six bataillons de landwehr du II' corps qui venaient d'arriver, en vertu des ordres de concentration donnés le 29 au matin par le ministère. Ces bataillons formaient deux régiments de réserve avec un effectif de 5,600 hommes ;
4° Quatre bataillons, les premiers arrivés de la P* division de landwehr de la garde qui débarquaient par la voie de Franc for t-Angermiinde : 4,000 hommes.
On attendait le reste de cette division, l'infanterie au moins, dans la journée du 31, peut-être dans la nuit du 30.
La cavalerie s'élevait à 5 escadrons de réserve et 1 escadron et demi formé de dépôts de la brigade du IP corps.
KOMB >T BBBLTK. 16
L'artillerie ne manquait pas, ni le génie, Slettin étant le chef-lieu du corps d'armée et ayant : dépôt d'artillerie, dépôt du train, dépôt de pionniers. Cependant le temps manquait pour prendre les dispositions de défense et l'on s'en tenait à poster quelques pièces de place aux endroits les plus favorables, à abattre des maisons et des bois gênants pour le feu, à fortifier sommairement les faubourgs et à palissader les avenues des portes.
Le général comptait siu*tout — et non sans raison — sur ses troupes, déjà fortes de plus de 20,000 hommes et qui recevaient continuellement des renforts.
De son côté, le grand état-major, tout en pressant la concentration sur Stettin, ordonnait aux bataillons envoyés à Stralsund et à une partie de la garnison de cette place de s'avancer sur Anklam et d'effectuer, par Kasenow^, Uckermùnde et Hammer, une attaque sur la base d'opérations des Français, qu'on savait être à Ziegenort. Cette attaque devait se produire, avec 6 bataillons, 2 batteries et 4 escadrons, le 1" juin, vers le soir.
Le 2, au plus tard, par les voies de Colberg-Damm et Stargard-Damm, 9 bataillons, 3 escadrons et 3 batteries de landwehr du I" corps arriveraient à Stettin.
Enfin, vers le 3, le IP corps, appelé du Schleswig, se présenterait par le chemin de fer de Liibeck-Giistrow-Neu- Brandenburg-Pasev^alk.
On estimait que cette concentration, fournissant 70,000 ou 75,000 hommes, devait sufiîre contre une armée qui n'en pouvait compter plus de 40,000 à 50,000.
Il ne s'agissait donc, pour les Allemands, que de tenir bon, le 31 mai et le l*"" juin, avec 20,000, puis 28,000 ou 30,000 hommes, appuyés à une ancienne place forte, contre 35,000 et 40,000 Franco-Danois.
ATTAQUE DB STKTTIN. 243
Le lieulenant-général allemand mit 1 bataillon dans le fort Preussen, 2 bataillons dans chacun des deux saillants nord-ouest et nord-est, 1 bataillon dans le faubourg de Lâstadie, qu'il ne supposait d'ailleurs pas menacé d'une attaque sérieuse ; il réunit toute sa cavalerie et 4 batteries attelées à l'ouest de la ville, avec l'ordre de refouler la cavalerie des alliés et de prendre Griinthal à revers; enfin, il garnit Grùnthal (pente sud) et Grabow en première ligne, Grûnhof et Unter-Wieck en seconde ligne, avec les 20 bataillons qui lui restaient. Ces troupes disposaient de huit batteries, outre les pièces de rempart.
A 3 heures du matin, le 31 mai, la division danoise commença son mouvement de flanc de Bredow à Griinthal (éperon de l'Est), masqué par des tirailleurs disposés le long du ruisseau.
A 4 heures, la canonnade commençait sur tout le front et les alliés, descendant dans le vallon, remontaient la pente du plateau en refoulant les avant-postes allemands. Les avisos, suivant le mouvement des colonnes, longeaient le faubourg de Grabow, et couvraient de mitraille les groupes ennemis qui se montraient hors des maisons. Le Voltigeur, qui marchait en tête, s'avançait jusqu'à la longue me d'Unter-Wieck et, pendant que de ses hunes et de sa passerelle les fusils à répétition et les hotchkiss criblaient de projectiles les colonnes allemandes, ses canons de 14% commençaient à prendre d'écharpe les batteries établies sur la hauteur.
A 5 heures, la division danoise, réduite à 3 régiments, était sérieusement engagée à Touest de Grabow et ne parvenait pas à déboucher sur le plateau ; à sa droite, la première brigade du 10* corps avait, avec un grand élan, pris pied sur la hauteur, mais elle ne se maintenait qu'au prix
de fortes pertes dans une rangée de maisons, presque au bord du plateau.
La deuxième brigade et Tinfanterie de marine s'étaient jetées sur Griinhof et avaient réussi à enlever la plus grande partie de ce faubourg; mais Tinfanterie de marine, à droite, était obligée de veiller au mouvement tournant de la cavalerie allemande, mal contenue par nos trois faibles escadrons.
Le général en chef voyant que l'artillerie ne pouvait déboucher encore , maintenait 6 batteries sur le revers nord du vallon de Griinthal et faisait appuyer 4 batteries à Textréme droite pour soutenir la cavalerie et Tinfanterie de marine.
La brigade de réserve restait dans le vallon de Griinthal, à Tabri.
Le combat se maintenait ainsi jusqu'à 7 heures, aveq des alternatives de succès et de revers. A ce moment, le Voltigeur signalait au contre -amiral commandant la flottille que les chaloupes-canonnières paraissaient dansleDunzig à la hauteur du canal d'Ochsen; elles n'étaient séparées des avisos que par la langue de terre du Bleichholm. A 7 heures 15 minutes, le régiment danois débai'quait sur la rive droite et marchait sur le gros du faubourg de Lasladie, pendant que les premières chaloupes, le Hollandes et le Raynaud, s'avançaient hardiment au confluent des deux bras, couvrant de projectiles les parapets des ponts.
A 7 heures 45 minutes, le faubourg était presque en entier au pouvoir des Danois, malgré un retour offensif du bataillon de landwehr qui en avait la garde, malgré une attaque de flanc du bataillon placé en réserve au saillant d'Unter-Wieck, et que nos navires avaient empêché de déboucher en masse par les ponts. En même temps leçon-