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Qui n'existe pas dans notre marine

Rome et Berlik

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nement un concours précieux pour une expédition d'outremer : la seule Compagnie générale serait en mesure de transporter 70,000 hommes. L'amirauté, il faut le dire, regrettait de se voir obligée, pour la seule expédition d'Abyssinie, de i^ecourir aux compagnies de navigation ; aussi la loi du 30 juin 1887, en attribuant au département une série de crédits à répartir sur les exercices de 1888 à 1896, avait-elle prévu la construction de 16 transports.

Au reste, les événements ne permirent pas au gouvernement italien de faire usage des ressources de sa marine marchande ; les troupes d'Abyssinie furent bloquées à Massouah par la division française de la mer des Indes, et, malgré les efforts qui furent faits pour les ravitailler, elles furent obligées de capituler peu de jours avant Tarmistice.

9 corps d'armée italiens sur 12 sont cantonnés et recrutés sur le littoral : il s'en faut cependant que les concentrations de troupes soient aussi faciles qu'en Allemagne, et cela tient dans une large mesure à la mauvaise disposition du réseau de chemins de fer.

« Les lignes qui suivent le littoral', dit le commandant « Marga dans sa Géographie militaire, seraient facilement « interceptées si l'ennemi disposait d'une flotte capable « de lutter avec la marine italienne. » Les opérations dernières se sont chargées de démontrer la justesse de cette observation : c'est qu'en effet ces lignes épousent exactement tous les contours de la côte, s'offrant ainsi aux coups du plus faible navire ; le plus souvent, d'ailleurs, elles n'ont qu'une voie, et il faut reconnaître que l'organisation du service ne rachète pas ce désavantage.

Disons aussi que le gouvernement italien faisait dans ces dernières années de grands efforts pour créer, à l'inté-

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rieur de la Péninsule, un réseau à double voie complètement à l'abri de toute entreprise.

Le IV* corps, avec Plaisance et Gênes comme chefslieux des divisions actives, se recrute dans le duché de Parme et dans la Lignrie.

Le Vlir, dans la Toscane : Florence et Spezia en sont les chefs-lieux.

Le IX.% dans le territoire de Rome.

Le X*, dans la Campanie (Naples et Salerue).

Le XI*, dans les Calabres, les teiTes de Bari et d'Otrante (Bari et Catanzaro).

Le XIP, en Sicile (Palerme et Messine).

Le VIP, dans les Abruzzes, la marche d'Ancône et la Capitanate (Ancône el Chieti).

Le VI*, dans les Romagnes et le Modénais. (Bologne et Ravenoe).

Le V*, dans la Vénétie (Vérone et Padoue).

Les troupes du commandement militaire de Sardaigae dépendent du IX* corps.

Les brigades de cavalerie dont le territoire fait partie de ritalié péninsulaire sont celles de Rome (2 régiments, Lucques et Rome) et de Caserte (4 régiments, Caserte, Capoue, Naples et Sainte-Marie).

Les milices territoriales chargées en cas de guerre d'assurer la défense du littoral et particulièrement la protection des batteries de côte contre un débarquement, n'avaient encore qu'une organisation rudimentaire lorsque la guerre éclata : on s'efforçait, dans Thiver 1887-1888, de créer des cadres sérieux avec des officiers tirés de l'armée active.

Du coup d'œil d'ensemble que nous avons jeté sur les institutions maritimes de l'Allemagne et de l'Italie, il res-

sort qu'elles offrent à Tobseryateur des différences sensibles. La marine allemande semble plutôt organisée pour la défensive et la marine italienne pour Toffensive : ces deux caractères résultent de la position même de ces puissances sur l'échiquier européen, de la configuration et des circonstances hydrographiques de leurs côtes. Les institutions paraissaient avoir sagement consacré un ordre de choses fixé par la nature ; mais, au moins pour l'Italie, il faut le dire encore, la guerre survint avant que sa flotte eût atteint le degré de puissance qui piouvait lui permettre de racheter par une offensive hardie et vigoureuse la faiblesse défensive de son littoral.

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