‹ Rome & BerlinChapitre 95 sur 105 · Fort Boyen (Prusse) orientale · texte numérisé non relu

Fort Boyen (Prusse) orientale

guerre qui vient de linir. Sans doute c'est la solidité de nos armées sur les frontières de FEst et des Alpes qui nous a permis de frapper au cœur le colosse germain et de porter la guerre sur le théâtre stratégique le plus favorable de la haute Italie ; sans doute c'est l'intervention finale de la Russie qui a précipité le dénouement de la crise ; mais cette intervention même, pense-t-on qu'elle se fiH produite si nos armes et celles du Danemark ne s'étaient montrées victorieuses sur l'Oder, à cinq marches de Berlin?

Quant à nous, marins, n'oublions pas que ce ne fut pas trop de toutes nos forces, de toutes nos ressources, de toute la valeur de nos institutions pour venir à bout de la coalition germano-italienne : n'oublions pas le précieux secours des vaillants Danois et sachons reconnaître que sans eux il nous eût été difficile de nous maintenir dans la Baltique. Nos ennemis étaient redoutables ; peut-être — au Midi comme au Nord — l'étaient-ils plus que nous ne le pensions nous-mêmes. Et surtout ne nous endormons pas sur notre triomphe : l'Allemagne et l'Italie ont sans doute perdu df^s vaisseaux, perte réparable, mais elles gardent la conscience qu'il leur est née une force nouvelle, que leurs jeunes marines se tfont révélées à la face de l'Europe et qu'elles ont longtemps balancé le succès.

Travaillons donc, travaillons pour l'avenir, pour les luttes futures, puisqu'on ne saurait, hélas ! en prévoir le terme ; et, mieux encore que nos défaites passées, que notre victoire d'aujourd'hui soit l'école de nos victoires !

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