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solutions que la Providence inspire quelquefois à ceux de qui dépendent les destinées des empires.
Puissent-ils surmonter les préventions superficielles; puissent-ils méditer avec un esprit calme les conséquences d’une telle pensée! Ils n’y trouveront rien que de juste et de politique, rien que de noble et de salutaire.
En tout cas, si cette espérance sincèrement éclose de mes fréquents séjours et de mes longues méditations dans la ville éternelle devait s’évanouir comme une illusion au lieu de devenir une réalité féconde; si l’Europe reculait devant un sacrificequi lui profiterait tant et lui coûterait si peu, l’Église ne s’abandonnerait pas elle-même. Elle avait su rétablir l’équilibre de ses finances avant la dernière guerre, il faudrait de longs efforts pour l’atteindre de nouveau; il faudrait attendre des progrès du temps les allégements et les améliorations que la sagesse de l’Europe aurait pu devancer; mais le représentant de Dieu sur la terre est patient, parce que son titre est éternel.
Toutefois, si l’Europe n’accorde pas son concours aux finances de Rome, qu’elle ne le refuse pas à sa sécurité ! La sécurité ne s’ajourne pas. Que le trône
de saint Pierre soit assuré par une reconnaissance européenne de neutralité et par une déclaration solennelle de garantie catholique. Le premier devoir sera rempli, la base fondamentale de la paix sera posée : la prospérité suivra de près.
11 semble qu'on soit d’accord sur les moyens d’asseoir cette base.
Les moyens que nous venons de proposer s’offrent si naturellement à l’esprit, qu’ils ont frappé l’écrivain même qui a donné le signal de l’abandon du Pape et de la dissolution du congrès.
Lui-même n’a pas craint d’en prendre l’initiative :
Une déclaration de garantie au prolit du Saint- Siège consacrée par l’Europe entière;
En second lieu, une subvention financière émanée de toutes les puissances catholiques ;
Enfin une garde pour la sûreté de la personne du Saint-Père,
Voilà les trois conditions qu’il a formellement posées.
Je ne puis qu’applaudir à de tels principes, mais nous différons profondément sur l’application. On la propose impuissante, je la veux efficace.
On entend que le premier acte de la protection des États de l’Église soit l'abandon d’une partie de ces États, déjà garantis par une possession immémoriale et par l’action européenne de 1849, plus énergique que tous les écrits. On se condamne ainsi par l’impuissance présente à l’impuissance future; la garantie nouvelle est morte avant de naître.
Et nous, nous voulons une garantie qui puise dans le passé même toute sa force à venir; nous la voulons intégrale et actuelle, pour qu’elle ne soit ni équivoque ni stérile.
D’autre part, on reconnaît la nécessité de subvenir aux finances pontificales. Quand les causes du désordre financier sont universelles, la réparation doit être universelle.
Mais on entend que cette subvention soit octroyée sous la forme d’une offrande et presque d’une aumône temporaire et révocable. On veut que le Pape devienne le pensionnaire de l’Europe; on ne vient en aide à ses finances qu’en portant atteinte à sa dignité. Mieux vaudraientla détresse et l’indépendance.
Nous, au contraire, nous demandons aux puissances catholiques d'acquitter noblement et utilement leur dette, en prenant à leur charge celle que les révolutions provoquées du dehors ont seules imposée aux États du Saint-Père. Ce sera une répa-
ration assurée et honorable pour tous, et non une concession imparfaite et précaire.
Enfin, on reconnaît le devoir européen d’environner le Pape d’une garde d'honneur et de sûreté, mais on veut une garde fédérale, qui n’obéirait qu’à la confédération italienne.
Et nous, nous voulons une garde, romaine par son drapeau, européenne par son recrutement. Nous ne demandons à toutes les puissances catholiques que de permettre à leurs sujets de servir librement le chef de l’Église. Rien de plus, rien de moins.
Comment hésiterait-on? les moyens sont si faciles et le but si élevé!
On n’attend de l’Europe catholique qu’une garantie dont tout le monde reconnaît la nécessité, une réparation financière dont les adversaires mêmes du Saint-Siège proclament la justice, et une facilité pour les engagements volontaires, dont la garde de la personne du Saint-Père fait à tous les catholiques un filial devoir.
A ce prix, le Pape conserve sa souveraineté et garantit le bonheur de ses peuples par de sages réformes, qui développent ses généreuses pensées sans dénaturer les institutions ni bouleverser les lois;