LA FRANCE AU COLYSÉE
d'épines : Descendat de cruce ; « Qu'il descende, et nous croirons en lui.» Il s'en gardera bien, car ils croiraient moins encore. Il reste, parce qu'il est Pierre ; il a un beau nom et il garde sa croix. 11 reste, mettant sa forte épaule sous tous les fardeaux, offrant sa poitrine à l'épée, à la lance, aux flèches. Vingt fois il a mis sa tête sur le trépied des bourreaux, on est venu pour l'abattre de l'Orient, de l'Occident ; il reste immobile, indomptable et indompté, oui, indompté ! Le Christ n'a jamais fléchi, ni à la vie, ni à la mort : et c'est pourquoi il a vaincu par sa croix. Cela les géne, ils voudraient mieux ou autre chose ; ils essaient la ruse, la force, les manœuvres, et pourquoi ? Laissez-nous ce bras de croix, ce tronçon de gibet, cette colonne ! c'est le soutien du monde.
Venez donc assister à son triomphe, Egredimini, filiœ Sion. Ces arènes ont bien changé de rôle. Ces ruines déchirées, ces loges béantes, ces colonnes tronquées, l'immense tronc de ce colosse, c'est un piédestal trop petit pour la colonne de l'Eglise, colonne de sang, de larmes, de prières et d'hymnes, colonne parfumée et vivante qui s'épanouit du désert et monte comme une pyramide d'âmes, s'élance au firmament et embeaume le monde. C'est l'or, l'encens, la myrrhe d'un sacrifice divin, d'un holocauste immortel. »
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