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CHAPITRE PREMIER

Les mythes et les légendes qui enveloppaient le berceau de Rome avaient laissé des reliques et des monuments. Les souvenirs visibles de la Rome préhistorique étaient groupés autour de deux collines où les traditions poétiques plaçaient les origines de la Ville : l'une était le Capitole, siège de ce dieu Saturne dont les historiens philosophes avaient fait un roi du temps jadis, le roi bienfaisant de l'âge d'or ; l'autre gardait, sous son nom de Palatin, le nom de la Pallantée arcadienne, où le vieil Evandre avait donné l'hospitalité à Énée. A la fin de l'Empire, le Forum aux bœufs [Forum boarium), qui s'étendait au nord du Grand Cirque [Circiis maximus), entre le Palatin et le Tibre, rappelait la fable des bœufs d'Hercule, volés par Cacus, le brigand infernal. Les bouviers tenaient leur marché dans ce petit Forum : de concert avec les changeurs, leurs voisins, ils y dédièrent à Septime-Sévère un petit arc de marbre, qui est encore debout à côté de San-Giorgio in Velabro. Dans le Forum hoariuin, le grand autel [ara maxima), dédié à Hercule par Evandre

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Urne cinéraire en forme de hutte, trouvée au Forum.

lui-même, fut longtemps desservi par deux familles aux noms archaïques. Les jours où un triomphe parcourait le grand Forum, l'Hercule du petit Forum était habillé de la toge à palmes d'or du triomphateur. La statue était conservée dans une chapelle ronde, avec deux souvenirs insignes du héros grand buveur : sa massue et sa coupe de bois. Les passants qui allaient du Grand Cirque vers le Capitole, en longeant le Palatin, voyaient à l'angle nord-ouest de la colline une grotte entourée de verdure luisante sous le suintement d'une source ; dans cette grotte, Evandre avait sacrifié à Pan, le dieu Arcadien ; de là partait encore, au temps du pape Gélase, la procession des Lupercales, avec ses figurants vêtus de peaux et armés de lanières. Les sénateurs de la République, avant d'entrer à la Curie, qui se trouvait un peu au nord de l'emplacement où devait s'élever l'arc de Septime-Sévère, passaient devant un figuier sacré, rejeton ou symbole de l'arbre sous lequel la louve avait allaité les jumeaux nés d'un dieu. Sur le Palatin même, Virgile, en rendant visite à Livie, dont la maison ornée de peintures a été retrouvée, pouvait contempler, à deux pas de l'habitation patricienne, une simple hutte de branchages et de chaume, près de laquelle un escalier taillé dans le rocher descendait vers la grotte du Lupercal ; cette hutte était celle où avait grandi Romulus.

Les souvenirs épiques et bucoliques sanctifiés par la religion d'Etat et célébrés, au temps d'Auguste, par les poètes officiels trouvaient sans doute plus d'un incrédule. La grotte, la cabane, le figuier qui rappelaient la pastorale héroïque mise en vers dans les Fastes d'Ovide ont disparu. Aujourd'hui ce que le visiteur peut voir de la plus ancienne Rome évoque une histoire nue et sans événements.

Tite-Live, après avoir salué, dans son préambule, les légendes qui faisaient partie de l'intangible majesté de Rome, parle en historien de ces bergers qui ont été les premiers Romains et dont les descendants laissèrent la houlette pour le glaive. Ce que Tite-Live rapporte, les fouilles l'ont répété. La Ville a été fondée par une petite colonie de bergers qui, venus des monts Albains, en poussant leurs troupeaux, s'établirent au milieu de la vaste campagne, sur une colline escarpée, entourée de hauteurs plus allongées et plus accessibles, qui s'alignaient devant une grande boucle du Tibre. Cette colline, ainsi que l'indiquait la tradition, est le Palatin, qui doit son nom à Paies, déesse des bergers, bien plutôt qu'à une métropole arcadienne. Les fouilles qui ont creusé en tous sens le sol du Palatin ont prouvé que sur ce plateau avait été élevée la bourgade primitive, précisément parce que la pioche n'y a rencontré aucun reste de ses habitants.

Dans les vieilles villes italiotes ou étrusques, les sépultures n'étaient jamais placées à côté des cabanes, sur une même acropole.

A Corneto, à Veïes, la ville fortifiée et le cimetière de la ville occupent des collines séparées par une large vallée. Or en face du Palatin, du côté opposé au fleuve dont les débordements remplissaient le Forum aux bœufs et le vallon du Cirque, les travaux de voirie et les recherches archéologiques entreprises par le gouvernement italien ont exhumé des sépultures primitives. Un cimetière antérieur aux guerres puniques et renfermant des tombes très anciennes occupait les pentes de l'Esquilin, séparé du Palatin par le cirque naturel au fond duquel s'est élevé le Colisée.

Quelques tombes plus archaïques encore ont été découvertes en 1902, plus près du Palatin, dans la vallée du Forum, au pied du temple d'Antonin et de Faustine. Les tombeaux de l'Esquilin et du Forum représentent tous les types de sépulture préhistorique connus en Italie. Peut-être la diversité des formes indique-t-elle que des colonies successives, de provenance différente, se sont établies sur le Palatin et le Capitole, comme les Latins et les Sabins de la légende : des squelettes ont été retrouvés dans des tombes à inhumation ; des marmites remplies de

cendres dans des tombes à incinération. Tantôt la tombe est une cavité creusée dans le roc et recouverte d'une dalle de pierre ou de terre cuite ; tantôt elle est un sarcophage grossier ou une grande amphore. Une urne cinéraire en forme de hutte ronde à toit conique (fig. i), — la hutte de Romulus au Palatin, — a été retrouvée non loin d'un squelette enfermé dans un tronc d'arbre creusé au feu comme une barque polynésienne.

Quelques fragments de ces tombeaux et une partie des objets mêlés aux ossements et aux cendres ont été recueillis dans deux salles du palais des Conservateurs, au Capitole. Les morceaux les plus primitifs sont des poteries brunes mal cuites, des fibules et des anneaux de bronze. Ces premiers essais de l'industrie romaine sont identiques aux objets qui ont été retrouvés au bord du lac d'Albano, cet ancien cratère, sous la couche de lave épanchée par un volcan des monts Albains dans une éruption dont l'histoire n'a pas conservé le souvenir. D'après leur mobilier funéraire, quelques-unes deS' tombes du Forum et de l'Esquilin peuvent être attribuées au Vlll'' siècle, c'est-à-dire à l'époque même où la chronologie traditionnelle plaçait la fondation de Rome. D'autres tombes un peu plus récentes contenaient des morceaux de fioles et de coupes de fabrication grecque. Dans les commencements obscurs de Rome, ce qui a forme artistique est objet d'importation ; il en sera de même longtemps après que la ville aura grandi de colline en colline.

La bourgade formée par la colonie latine du Palatin et grossie, d'après la tradition, par une colonie sabine établie sur le Capitole, avait admis auprès d'elle une colonie étrusque. Ceelius Vibenna, un « lucumon » du pays tyrrhénien, occupa la colline qui porte encore son nom, le Célius ; d'autres Étrusques s'installèrent dans la partie de la vallée du Forum comprise entre le Capitole et le Palatin ; leur souvenir fut conservé dans le nom du Viens Tusctis, une rue qui passait entre le temple de Castor et PoUux et la basilique Julia. Un Etrusque, riche et noble, venu deTarquinies, rejoignit au bord du Tibre les hommes de sa race qui s'y trouvaient réunis. Il détrôna le roi des Latins et des Sabins et fonda à Rome une dynastie étrusque.

L'histoire des Tarquins est moins fabuleuse que celle de Romulus et de Numa. Ses épisodes revivaient dans la mémoire et dans l'art des Etrusques de Toscane plus de cent ans après la chute du dernier roi de Rome : une peinture du iv° siècle, qui a été retrouvée dans un tombeau, près de Vulci, représente, sous son nom étrusque, le héros Mastarna, que les Latins appelèrent Servius Tullius.

Avant l'avènement de ce roi, la population rassemblée autour du

Palatin s'était peu à peu répandue sur les collines avoisinantes, depuis l'Aventin jusqu'au Quirinal. Servius, au dire des anciens annalistes, aurait enfermé sept des collines dans une enceinte fortifiée. Les deux extrémités de la boucle dessinée par la muraille se rapprochaient au bord du fleuve, à la pointe orientale de l'île du Tibre ; l'accès de la ville était ménagé, de ce côté, par le pont Sublicius, le fameux pont de bois défendu

Fig. 3. — Ruines d'une tour et d'une entrée de la ville primitive sur le Palatin.

par Horatius Coclès et qui existait encore sous l'Empire. Le mur dit de Servius laissait en dehors de la ville toute la colline du Pincio et la plaine d'alluvions qui s'appelait déjà le Champ de Mars.

Le voyageur qui arrive aujourd'hui à Rome par la station principale voit à sa droite un pan de mur composé de grands blocs rectangulaires en tuf jaunâtre qui a été laissé debout au milieu des voies de garage. En gagnant les quartiers neufs par le Via Nazionale, on rencontre, à l'endroit où l'avenue descend de la colline du Ouirinal, un autre frao-ment de même construction, dont les pierres, toutes noircies, sont à demi cachées dans la verdure d'un petit square, au milieu de la place Magnanapoli.

D'autres pans de la vieille muraille sont encore visibles à droite et à gauche du Viale di Porta San Paolo, dans le sillon creusé entre les deux croupes de TAventin ; la muraille continue à travers les jardins voisins. Les restes d'une porte flanquée de deux tours carrées ont été découverts à l'extrémité orientale du Quirinal, à côté du Ministère des Finances.

L'enceinte, dont les robustes assises ont reparu aux extrémités opposées des sept collines, n'avait pas la même force tout le long de son cir-

Fig. 4. — Muraille primitive et escalier sur le Palatin.

cuit. Les murailles conservées dans la gare devaient couronner des collines en pente douce. De ce côté, la défense était formidable. L'une des faces du mur épaulait un rempart de terre ; l'autre face tombait à pic dans un fossé profond de dix mètres. Ce mur est celui qui n'arrêta pas les Gaulois; ce fossé est celui qu'Annibal vint longer au galop, avec un parti de cavaliers africains, pour reconnaître la ville qu'il renonça à attaquer. Les blocs rectangulaires de la première enceinte de Rome n'ont plus la taille énorme et l'irrégularité polygonale des blocs cyclopéens qui forment les enceintes de Norma et d'Alatri. Les nombreuses marques de tâcherons gravées sur le pépérin sont les lettres d'un alphabet latin du

IV' ou du lir siècle avant l'ère chrétienne. Peut-être aucun des pans de l'enceinte qui ont été retrouvés neremonte-t-il au temps des rois étrusques. Cependant des restes de murailles bâties avec un appareil semblable à celui du mur de V agger se sont conservés sur les deux collines habitées par les premiers Romains. Sur le Palatin, à l'angle nord-ouest du plateau, les fouilles ont mis à nu la base d'une tour très ancienne qui gardait une entrée (fig. 3). Un peu plus loin, un escalier flanqué d'une muraille

Pig. 5. — Mur de soubassement du temple de Jupiter Capitolin.

archaïque et qui est peut-être 1' « escalier de Cacus », mentionné par Properce et Ovide, conduit vers l'emplacement de la légendaire cabane de Romulus (fig. 4).

Une muraille de même construction que celle du Palatin entoure encore de ses débris gigantesques l'une des deux cimes du Capitole, celle qui domine le cours du Tibre. Une paroi composée de douze assises de blocs rectangulaires de tuf volcanique est debout dans le jardin du palais Caffarelli, occupé par l'ambassade d'Allemagne : ce mur est visible de la place de Tor dei Specchi (fig. 5). Il n'a pas fait partie de la citadelle élevée dès le temps des rois sur la colline livrée à l'ennemi par Tarpeia. La citadelle se dressait sur le second sommet, de l'autre côté de la place

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du Capitole : elle couronnait la position dominante à laquelle conduit l'escalier solennel de l'Ara €0611(110^. 2). La muraille ancienne, qui ne faisait pas partie de la citadelle, a pu servir à la défense ; mais son rôle était de soutenir l'aire consacrée sur laquelle s'élevait le temple de Jupiter Très-Bon, Très grand, le plus fameux des sanctuaires de Rome et l'un des plus anciens.

Le temple bâti sur le Capitole, en pendant à la citadelle, avait été fondé parTarquin le Superbe et consacré en l'an 509 avant Jésus-Christ, quelques mois après l'expulsion du dernier roi étrusque. C'était un édifice de pur style toscan, une imitation fort altérée des plus anciens temples doriques de la Grèce. Une triple cella, dont les trois portes s'ouvraient sur la façade et regardaient le Palatin, était consacrée à une trinité divine : Jupiter occupait la cella du milieu ; Junon et Minerve les deux autres. Les colonnes de tuf portaient un entablement de bois. Les sculptures des frontons et des acrotères étaient l'œuvre d'artisans étrusques ; les plus grandes figures étaient en terre cuite violemment coloriée, même le quadrige qui surmontait l'édifice et le Jupiter colossal qui montrait dans l'ombre de la cella sa robe triomphale et sa face rouge.

Ce temple resta debout pendant plus de quatre siècles : les oies sacrées, si l'on croit Tite-Live, le sauvèrent des Gaulois qui dévastèrent toute la ville, autour du Capitole. En l'an 83 avant Jésus-Christ, alors que les partisans de Marins et de Sylla se donnaient la chasse jusque dans les enclos sacrés, le feu fut mis au temple de Jupiter. Sylla le rebâtit presque aussitôt ; Auguste restaura l'édifice de Sylla. Après un nouvel incendie, un quatrième temple fut élevé par Domitien sur l'emplacement du temple de Tarquin. Les fouilles n'ont fait retrouver qu'une colonne du dernier temple, un fût de marbre pentélique, et le soubassement carré élevé au-dessus de l'aire consacrée pour recevoir les murs et les colonnes du premier temple. Les trois cellœ de l'édifice de Tarquin se trouvaient exactement sous le palais de l'ambassade d'Allemagne, Pour se faire une idée du temple étrusque de Jupiter Capitolin, le mieux est de s'en aller visiter, hors de la Porta Salaria, le musée formé depuis quelques années dans la villa du pape Jules III. Les décorations en terre cuite modelées à Rome par des Etrusques devaient être imitées de bas-reliefs grecs, comme les fragments qui ont été groupés dans une salle du Musée et qui proviennent de Paieries (près Cività Castellana). Dans la cour même de la villa s'élève un temple étrusque, qui reproduit les dispositions principales du temple de Jupiter, bâti en tuf, en bois et en argile : ce temple est une restauration moderne, établie sur les plans d'un petit édifice dont les

ruines ont été découvertes près de la vieille cité volsque d'Alatri,

En dehors des murailles du Palatin et du Capitole, les plus anciennes constructions retrouvées à Rome sont des travaux d'utilité publique. La vallée qui séparait le Capitole du Palatin, plus spacieuse que les dépressions accusées entre les autres collines, était, par sa position et par son étendue, le rendezvous naturel de la population de Rome.

Ce lieu d'assemblée devait devenir le centre du monde ancien, sous le nom de Forum romain [ûg. 6). Mais lorsque le Palatin reçut ses premiers habitants, la vallée du Forum, où se réunissaient les eaux qui ruisselaient aux pentes des collines, était marécageuse et malsaine.

Ce n'est point dans cette vallée que furent convoquées les premières assemblées des Latins et des Sabins : l'espace du Coiiiitiiiin , consacré par Tullus Hostilius, s'étendait sur une plate-forme naturelle, entre l'Arc de Septime Sévère et la Via Cavour. Cependant les Etrusques s'établirent au viens Tusciis et Tarquin l'Ancien éleva, suivant la tradition, une série de boutiques dans la vallée du Forum, au pied du Palatin. Pour devenir accessible et habitable, la vallée avait besoin d'être desséchée et assainie. Les rois étrusques construisirent un canal destiné à porter au Tibre les eaux stagnantes : ce fut la Cloaca niaxhua, qui traversait le Forum romain et le Forum des bœufs.

Le canal s'ouvre encore dans le fleuve devant l'église Santa Maria in Cosmedin

et le petit temple rond dédié à une divinité inconnue. La construction des

quais neufs a fait disparaître le manteau de verdure qui tombait sur la bouche du canal comme sur l'entrée d'une grotte mystérieuse. La vieille voûte de tuf apparaît encore sous une arcade en briques (fiig. 7).

Cette voûte a passé jusqu'à nos jours pour un ouvrage des ouvriers étrusques qui travaillaient sous les ordres des Tarquins. Les fouilles ont démontré que la Cloaca avait été plusieurs fois reconstruite depuis le temps des rois ; les restaurations les plus importantes datent du temps d'Auguste : Agrippa, qui en fut chargé, parcourut le canal souterrain en bateau, comme les touristes qui voyagent aujourd'hui dans le grand collecteur de Paris. Les parties de la voûte qui ont été mises à nu au Forum et sur l'emplacement du Comitium sont plus hautes que le niveau des pavements contemporains de la République.

Cependant les premiers travaux de drainage attribués aux Tarquins ont été réellement exécutés au temps des rois. A ces travaux est rattachée une construction puissante et primitive qui fait partie de la vieille prison enfouie au pied du Capitole, derrière l'arc de Septime-Sévère. Cette prison, le TiilLiannni, se compose de deux salles superposées, Celle du haut est couverte d'une voûte dont les pierres sont taillées à la manière ordinaire et assemblées avec du ciment. Un trou est béant au milieu de cette salle : il communique avec une chambre ronde, obscure et glacée comme une tombe. Les archéologues qui ont pénétré par le trou ont trouvé les murs de la chambre souterraine bâtis en gros blocs rectangulaires, dont les assises avancent en encorbellement les unes au-dessus des autres, comme celles de quelques tombeaux étrusques et des mausolées de Mycènes. Le fond de la cave est toujours couvert d'eau : la légende chrétienne, qui place dans ce lieu sinistre la prison de saint Pierre, parle d'une source miraculeuse. Mais un siècle avant la naissance du Christ, Jugurtha, le vaillant roi de Numidie, que les licteurs plongeaient dans le souterrain, après le triomphe de Marias, s'était écrié : « Par Hercule ! qu'il est froid votre bain ! » En réalité la chambre basse du Tullianum avait formé au pied du Capitole un réservoir d'eau bâti d'après le modèle de la citerne étrusque qui a été retrouvée à Tusculum. Un canal voûté qui se dirigeait vers le Comitium déversait le trop-plein du Tullianum dans la Cloaca maxiina. Dès le temps de la République la chambre basse servait de cachot, comme la chambre supérieure de prison, et l'eau des sources du Capitole ne la remplissait plus.

Des murailles, une voûte primitive, c'est tout ce qui subsiste de la Rome étrusque. Les Tarquins n'ont pas fait creuser aux flancs de l'Esquilin des chambres funéraires pareilles à celles de Tarquinies, où des

LES ORIGINES ii

peintures imitées des vases orecs exposent la vie fastueuse et voluptueuse des Mânes. Les bijoux phéniciens, les aryballes corinthiens, les coupes attiques, les statues de terre cuite couchées sur les sarcophages qui représentent la patricienne étrusque, avec sa tiare orientale et ses bottines recourbées comme des babouches turques, tous les chefs-d'œuvre helléniques et toutes les curiosités qui sont groupées à Rome dans le Miisco Grcgoriano du Vatican, le Musée Kircher et la Villa dl papa Giulio. proviennent des nécropoles étrusques de la Toscane et de l'I^tat ponti-

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