‹ Rome est au papeChapitre 25 sur 33 · Au large ! Duc in altum · texte numérisé non relu

Au large ! Duc in altum

On parle de la faiblesse du pouvoir pontifical. Tout sceptre qui a frappé cette faiblesse s'est trouvé fragile, et quiconque a cessé de s'appujer

LA PAPAUTE, INSTRUMENT DE DIEU lOI

à celte faiblesse a tari en soi-même les nobles et abondantes sources de la vie ! Plusieurs se targuent d'avoir rompu avec le Pape et de vivre encore. En présence de son immortalité sans cesse rajeunie, ils allèg"uent avec orgueil deux ou trois misérables siècles de cette vie séparée. Mais déjà ils ont peur de ne pouvoir longtemps soutenir ce fol isolement. Ou une force invincible les ramène en dépit de leurs désirs contraires, ou ils tombent. Tomber, c'est encore revenir. Pierre ne perdra aucun de ceux qui lui ont été donnés, et la multitude des peuples remplira son bercail. L'ardeur des dissidents à le combattre n'est qu'un effort suprême pour l'entraîner dans leur ruine imminente ou pour lui échapper. Ils tomberontàses pieds, et sa bénédiction les relèvera. Quant à lui, prince des siècles, pasteur des nations pour toute la durée du temps, qui donc l'a vaincu et se flattera seulement de l'avoir ébranlé? Aux extrêmes confins de l'échelle des intelligences, là où elles rampent encore dans le voisinage du néant, et là où elles commencent à se perdre dans la folie de l'orgueil, on peut nourrir cette chimère; on peut croire qu'enfin l'homme a défait l'œuvre de Dieu ; qu'enfin la papauté va disparaître; qu'enfin Rome, fatiguée d'être la capitale du monde chrétien et maîtresse d'abdiquer une telle destinée, va passer à quelque nouveau maî-

tre, prince ou assemblée, qui ne sera plus le Pontife romain. Le bon sens du vulg'aire rit de > fumées.

Voilà doncque l'on a remplacé lePontife ! Mais ' Pontife lui-même, où le mettra-t-on? Dans la tom 1 11 ressuscite. Dans la prison?ll y grandit et fait écla lesmurs.et les baisers des fidèles viennent user >^ fers. G est une erreur de trop mépriser l'espèce humaine,de la croire absolument lâche et servileet de compter que le mal, parce qu'il sera fort, se verra universellement adoré. Aux pieds de rinnocence opprimée et du droit méconnu, il y a toujours quelques hommes qui aiment mieux se faire tuer là que prospérer ailleurs. Aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ on les verrait en nombre.Les tuera-t-on! Faible et périlleuse ressource! A supposer que l'humanité laisse faire et ne se constitue pas immédiatement en cour de justice pour se purg-er de ses bourreaux; à supposer que Dieu aussi veuille attendre, voici ce que Ton a toujours observé : ce sang- répandu pour le Pécheur d^hommes met à flot sa barque et brise les liens qui la tiennent captive. Duc in altum ! Le Pêcheur d'hommes va jeter dans la haute mer ses filets qui rompront sous le poids.

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