‹ Rome est au papeChapitre 29 sur 33 · La maladie des Papes · texte numérisé non relu

La maladie des Papes

Si je cherche à exprimer ce que j'ai compris plus encore que je ne l'ai entendu, le Saint-Père croit à une catastrophe sig-nalée, et cette catastrophe sera dans l'histoire une démonstration de la divinité de l'Eglise. Il s'attend à tout du côté de ses adversaires, il ne compte sur rien du côté de ses amis ; il ne doute pas de Dieu et de l'assistance de Dieu dans le combat qu'il devra soutenir.

Le Saint-Père sait qu'il est atteint, si je puis

parler ainsi, de la maladie des Papes, la maladie des Catacombes. Il sait aussi que les Papes n'en meurent pas.

Gomme Pierre, captif d'Hérode, condamné à mort et à la veille du jour fixé pour l'exécution, il a quitté ses souliers et dénoué sa ceinture, et il dort, ou plutôt il veille, lié entre deux soldats. Combien durera la veille V II ne le sait pas. Gela regarde Dieu. Quand le moment sera venu, Dieu lui enverra le messager qui passe à travers les portes des prisons, et qui lui dira : Surge ! Alors il se lèvera, il fera ce qui lui sera commandé.

Voilà leg-x^and spectacle deRome,ce sépulcre plus brillant qu'aucun lieu éclairé du soleil, ce sépulcre d'où s'exhale le parfum de vie. Je bénirai Dieu éternellement de l'avoir pu contempler. C'est ici, c'est ici que l'homme se connaît fils de Dieu et vainqueur de la mort.

C'est ici, dans la ville du pardon^ ainsi que Notre Seig-neur'nommait Rome en parlant à sainte Brig-itte; dans la ville du pardon, et près de la main qui délie du péché, que nous voyons bien la rag-e et que nous sentons bien l'impuissance de Satan. Satan n'établira rien de durable sur la terre et ne prendra que ce qui veut être à lui.

Qu'ils enferment le Pape et Jésus- Christ et la liberté dans les Catacombes, et qu'ils bâtissent sur ce volcan. Le volcan éclatera, quand même ils

LES CATACOMBES ET LE VATICAN I 1 1

l'auraient charg-é du poids du monde ; toutes leurs constructions voleront en pousssière.

Rien n'est beau, rien n'est grand sur la terre comme ce seul homme désarmé contre qui tant de puissances s'élèvent, qui les tient en échec et qui ne sera pas vaincu. Rien n'est beau comme ce spectacle de la foi dans le désastre des choses humaines, rien, si ce n'est le spectale de l'humilité dans cette assurance de la foi : « Si je m'appujais en moi-même, dit le Saint-Père, je tomberais; mais c'est en Dieu que je m'appuie. »

(Parfum, li, p. 33o.)

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