PARIS P. LETHIELLEUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 10, RUE CASSETTE
Nihil obstat
Imprimatur
Parisiis, die ii» Maii igii.
H. Odelin, Vie. gén.
TOUS DROITS KESERVES
Cet ouvrage a été déposé, cor.formémtnt aux lois, en juin 191.
A tous les Catholiques militants î
Rome est à Pierre! Rome est au Pape!
Cette parole devrait s'échapper aujourd'hui de tous les cœurs catholiques comme une affirmation et une protestation : une affirmation du droit sacré entre tous, en vertu duquel les Papes ont été, depuis des siècles, et demeurent toujours les légitimes possesseurs de la Ville éternelle : protestation contre la spoliation sacrilège accomplie il y a quarante ans (i), et contre l'injurieux anniversaire que
(i) L'armce piémontaise n'entra à Rome que le 20 sep. tembre 1870 Mais, dès le 27 mars i86i,Ie Parlement de Tu rin avait proclamé Vicier-Emmanuel Roi d'Italie et choisi
célèbre aujourd'hui insolemment la Francmaçonnerie, à la face du monde catholique, et sous les yeux mêmes du Pontife prisonnier. Pour nier les droits du Pape, il faudrait d'abord effacer toutes les pages de l'histoire de l'Italie et renverser tous les monuments qui font la splendeur de Rome chrétienne.
A peine l'Eglise, en sortant des Catacombes, a-t-elle conquis, au prix du sang de ses martyrs, le droit à la liberté et sa reconnaissance légale dans l'Empire, que l'autorité de son Chef s'impose aux Empereurs eux-mêmes. Ceux-ci en effet comprirent bientôt et comme instinctivement que leur trône ne pouvait plus avoir le lustre nécessaire là où se dressait le siège du Vicaire de Jésus-Christ. « Dans Rome encore païenne, écrit J. de Maistre, le Pontife romain gênait déjà les Césars... Une main cachée les chassait de la Ville éternelle pour la donner au chef de l'Eglise éternelle. VenX-^iTQ que, dans Tesprît de Constantin, un commencement de foi et de
Plorcnce pour capitale en attendant Rome. C'est ce cinquantenaire que l'Italie célèbre aujourd'hui.
respect se mêla à la gêne dont je parle; mais je ne doute pas un instant que ce sentiment n'ait influé sur la détermination qu'il prit de transporter le siège de l'empire, beaucoup plus que tous les motifs qu'on lui prêle; ainsi s'accomplissait le décret du Très-Haut. La même enceinte ne pouvait renfermer l'empereur et le Pontife. Constantin céda Rome au Pape. La conscience du genre humain ne l'entendit pas autrement... (i).» De Maistre a raison d'expliquer celte donation {2) de Constantin par un décret du Très-Haut, car c'est bien par une action visiblement divine que les Papes ont été investis comme malgré eux de la puissance temporelle qui leur était nécessaire pour le plein exercice de leur autorité spirituelle. C'est donc bien un fait providentiel que cet abandon de Rome par les Empereurs! Et, phénomène vraiment digne de remarque, n'est-ce pas encore sous l'action de
(i) Du Pape, 1. 2, ch.7.
(2) Les historiens discutent snr le sens de ce mot donation appliqué à l'abandon de Rome par Constantin, Voir Doublet, Leçons d'histoire ecclésiastique, t. I, p. 876.
la Providence, que les conquérants barbares de ritalie, comme les Vandales, les Hérules, les Golhs, les Lombards, n'osèrent pas non plus fixera Rome le siè^'^e du royaume italien, mais reculèrent jusqu'à Pavie, à Ravenne, à Milan. « Quelle force, demande Técrivain que nous venons de citer, pendant plus de trois siècles, empêchait tous les princes de fixer d'une manière stable leur trône à Rome? Quel bras les repoussait à Milan, à Pavie, à Ravenne, etc. ? C'était la donation{de Constantin) qui agissait sans cesse, et qui parlait de trop haut pour n'être pas exécutée ( i). » Ainsi à partir du jour où Rome est devenue la propriété de ses Pontifes qui y exercent une autorité librement et légalement reconnue, aucun prince de la terre n'a pu y établir définitivement sa résidence.
On peut croire qu'il en sera au xx* siècle comme dans les siècles passés. Rome est au Pape, parce qu'elle est à Jésus-Christ et que Jésus-Christ l'adonnée à Pierre. Car «Rome,
(i) Ibid., le.
écrit L. Yeuillot, est le royaume propre de Jésus-Christ, la part qu'il s'est réservée sur la terre, dans le miséricordieux dessein d'y établir la source de la vie intellectuelle et morale (i) ».
Depuis quinze cents ans, la Rome des Césars est devenue la Rome des Papes. Certes, c'est là une propriété suffisamment lég-itimée parle temps ! Mais surtout, c'est une propriété sacrée, c'est un bien d'Eglise, et voilà pourquoi quiconque tente de s'en emparer commet une spoliation sacrilèg"e qu'aucune prescription ne pourra jamais légitimer. Les biens d'Egiise sont inaliénables. Mais les révolutionnaires ne reculent devant aucun crime. Ils ont voulu prendre Rome pour en chasser le Pape et renverser le fondement de l'Eglise catholique; c'est là le but suprême de la révolution, et tant qu'elle n'aura pas commis ce dernier attentat, elle croira n'avoir rien fait. Voici que l'heure lui paraît venue de livrer l'assaut définitif contre le Vatican, et d'obliger le Pontife prisonnier à prendre le chemin de l'exil.
(i) Parf. de Rome, l, p. 290.
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Dieu accordera-t-il une heure de triomphe apparent à la puissance des ténèbres ? hœc est hora vestra. C'est le secret de sa sagesse.
Quoi qu'il arrive, les catholiques ne doivent point cesser d'élever leurs protestations indignées et contre la spoliation déjà accomplie de la ville des Papes, et contre le crime qui se prépare.
Ces quelques réflexions font assez connaître l'iniquité de la situation faite au Pontife Romain dépouillé de son patrimoine légitime; mais il ne sera pas inutile d'en appeler sur cette grave question, toujours actuelle, aux enseignements d'un grand Pape, dont l'autorité s'impose à tout catholique.
On sait, en quels termes énergiques Léon XIII a souvent protesté, pendant son long Pontificat, contre le brigandage commis au préjudice du patrimoine de saint Pierre, et particulièrement contre l'invasion et l'occupation de la ville éternelle par un Pouvoir étranger.
Après avoir rappelé, en plusieurs circonstances, que le dessein des sectes maçonniques
n'est autre que de faire disparaître le catho licisrae de la surface de la terre, et que, pour réussir plus vite et plus sûrement dans cette criminelle entreprise, elles veulent tout d'abord renverser le sièg-e de Pierre et ruiner ainsi les fondements de l'édifice chrétien, le Vigilant Pontife affirme et démontre que la souveraineté Pontificale est attachée d'une manière spéciale au sort de la ville de Rome :
Les destinées de Rome, écrit-il, se lisent clairement dans toute son histoire, car il est manifeste que, dans les conseils de la Providence, tous les événements humains ont été ordonnés vers le Christ et son Eglise, que la Rome antique et son Empire ont été établis pour la Rome chrétienne, et que ce n'est pas sans une disposition spéciale que le Prince des apôtres, saint Pierre, a dirigé ses pas vers cette métropole du monde païen, pour en devenir le Pasteur, et lui transmettre à perpétuité l'autorité de l'apostolat suprême. C'est ainsi que le sort de Romea été lié d'une manière sacrée et indissoluble, à celui du Vicaire de Jésus-Christ; et quand, à l'aurore de temps meilleurs, Constantin le Grand résolut de transporter en Orient le siège de l'Empire romain, on peut admettre avec un fondement de vérité que la main de la Providence l'a guidé, afin que les nouvelles destinées
de la Rome des Papes s'accomplissent plus facilement (i).
Léon XIII rappelle ensuite comment, grâce aux temps et aux circonstances, sans aucune opposition et parles voies les plus légitimes, les pontifes sont devenus les maîtres de Rome, même politiquement, et, comme tels, l'ont gardée jusqu'à ce jour. D'ailleurs, n'est-il pas évident, au témoignage même de l'histoire de tous les siècles, que Rome « porte la marque pontificale profondémentgravée dans toutes ses parties, et qu'elle appartient aux Pontifes par des titres tels et si nombreux qu'aucun prince n'en a jamais eu de pareils sur n'importe quelle ville de son royaume » ? Quels sont en effet ces titres, sinon « l'amour reconnaissant des peuples enrichis de bienfaits, le droit des gens, l'assentiment spontané de la société civile, le suffrage des siècles »? Quels meilleurs titres pourraient être réunis pour rendre légitime la possession d'une sou- ^eraineté ?
(i) Lettre au Gard. Rampolla,
PRÉFACE l3
Mais cette institution de la souveraineté pontificale, disent certains politiques, doitelle être maintenue à notre époque ? et les événements accomplis dans ces derniers temps ne nous montrent-ils pas que les desseins de la Providence sont changés par rapport au Pouvoir temporel des Papes ? — A ces calculs d'une politique toute humaine, Léon XIII répond que les événements qui se passent sous nos yeux prouvent au contraire que le moyen providentiel établi dans les siècles passés pour sauvegarder la liberté des Pontifes est plus nécessaire que jamais :
Uae institution née par des voies si légitimes et spontanées, qui a pour elle une possession pacifique et incontestée de douze siècles, qui a contribué puissamment à la propagation de la foi et delà civilisation, qui s'est acquis tant de titres à la reconnaissance des peuples, a plus que tout autre le droit d'être respectée et maintenue. Ce n'est pas parce qu'une série de violences et d'injustices est parvenue à l'opprimer, que les desseins de la Providence sur elle peuvent ôlre reG^ardés comme changés. Mais si l'on considère que la guerre faite au Principat civil des Papes fut toujours l'œuvre des ennemis de l'Eglise et de la religion, et, dans
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cette dernière période, l'œuvre principale des sectes qui, en abattant le pouvoir temporel, ont voulu s'aplanir la voie pour prendre d'assaut et combattre le pouvoir spirituel des Pontifes, cela même confirme clairement qu'aujourd'hui encore, dans les desseins de la Providence, la souveraineté civile des Papes est ordonnée comme un moyen vers l'exercice rég^ulier de leur pouvoir apostolique, parce que seule elle peut ensauveg-arder efficacement la liberté et l'indépendance (i).
Et c'est pourquoi la situation actuelle du Pontife romain est inacceptable, malgré toutes les affirmations contraires, parce qu'elle ne peut se concilier avec la liberté qui lui est nécessaire et la dignité qui lui convient. Qu'on ne dise pas que le Pape est libre parce qu'il n'est assujetti à aucune contrainte extérieure, car la liberté ne peut être réelle là où elle est à la merci d'autrui ; ni que son autorité est respectée et vénérée à Rome, quand il est permis de l'insulter impunément jusqu'aux portes mêmes de son Palais?
A quoi se réduite vrai dire Notre liberté, écrivait
(i) Ibid.
Léon XIÏI aux évèquesitaliens(i), quand après avoir été dépouillé de la plus grande partie des anciennes ressources morales et matérielles, dont les siècles chrétiens avaient enrichi le siège apostolique de l'Eglise en Italie, Nous sommes maintenant privé même de ces moyens d'action religieuse et sociale, que Notre sollicitude et le zèle admirable de l'Episcopat, du clergé et des fidèles avaient réunis pour la défense de la religion et pour le bien du peuple italien ? Quelle peut être cette prétendue liberté, quand une nouvelle occasion, un autre incident quelconque pourrait servir de prétexte pour aller encore plus avant dans la voie des violences et de l'arbitraire, et pour infliger de nouvelles et plus profondes blessures à l'Eglise et à la religion ?
Ces protestations contre l'iniquité de la situation faite au Pontife romain, Léon XIII ne laisse passer aucune occasion de les renouveler, en dénonçant hautement le crime des usurpateurs de la ville éternelle. C'est ainsi qu'à l'avènement de Victor-Emmanuel III, après la mort du roi Humbert, il exprime au Sacré Collège « la douloureuse impression de son âme en voyant la domination exercée sur
(i) Lettre écrite à la suite des mesures de violences prises par le Gouvernement contre les associations catholiques.
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Rome se transmettre d'un prince à un autre, comme s'il s'agissait d'une possession autorisée par le droit, et non d'une conquête de. l'injustice ».
Qu'on le sache bien, jamais l'état de choses présent ne pourra même avec le temps devenir tolérable, « jamais on n'induira le Pontife romain à accepter une situation aussi humiliante, et qui, malgré les protestations contraires, le met à la merci d'un pouvoir étran-||l g-er et entre les mains de la révolution ».
On ne doit pas ignorer non plus que le Pape ne renoncera point au Pouvoir temporel :
C'est un devoir sacré imposé à tous les Pontifes romains de défendre et de maintenir la légitimité de leur souveraineté civile, devoir rendu encore plus sacré par la religion du serment. Ce serait donc folie de prétendre qu'ils consentiraient euxmêmes à sacrifier, avec la souveraineté civile, ce qu'ils ont de plus cher et de plus précieux, Nous voulons parler de leur liberté elle-même dans le gouvernement de l'Eglise, pour laquelle leurs prédécesseurs ont, en toute occasion, si glorieusement combattu.
PREFACE l'J
Et nous aussi, ajoute le Taillant Pontife, avec autant de force que de grandeur d'âme,
Nous aussi, certes, Nous ne faillirons pas à Notre devoir, et Nous affirmerons que, sans le retour à une souveraineté véritable et effective telle que la requièrent Notre indépendance et la dignité du Sièg-e Apostolique, Nous ne voyons d'autre accès ouvert à des accords et à la paix (i).
Nous retrouvons la même affirmation dans plusieurs discours adressés au Sacré Collège:
En présence du Sacré Collège, disait le Pape en 1880, Nous Nous plaisons à déclarer que, loin de garder le silence sur ce qui a été fait à Notre détriment, Nous ne cesserons jamais de réclamer et de demander la restitution de cette liberté et de cette indépendance dont le Saint-Siège a été dépouillé par l'usurpation violent:* de sa principauté civile.
Nous attestons Dieu et les hommes que Nous ne souffrirons jamais une diminution quelconque de l'honneur et de la dignité du Siège Apostolique; il est sûr que, s'il le fallait, Nous dépenserions toutes nos forces, et risquerions tout, Notre vie même, pour les défendre, pour sauver la ma-
(i) Lettre au card. Rampolla.
jesté de cette grande dignité et la transmettre intacte et inviolée à nos successeurs.
Des considérations qui précèdent il ressort avec évidence qu'une obligation s'impose à tous les catholiques du monde entier; nous voulons dire l'obligation de protester ouvertement contre l'usurpation sacrilège de la ville de Rome, et de revendiquer sans cesse les droits violés du siège apostolique. Tous les catholiques doivent vouloir, c'est leur droit et leur intérêt, que le Pontife Romain ne soit soumis à aucun pouvoir humain, et qu'il soit pleinement et parfaitement libre et indépendant. L'Italie, pas plus qu'une autre nation, n'a le droit d'abolir le pouvoir temporel du Pape, sous prétexte de constituer son unité nationale. « Rome, écrit L. Veuillot, appartient au monde catholique, et nullement à ses habitants. Le Pape la possède, indépendamment de ses autres titres, en vertu d'un contrat avec la famille chrétienne tout entière. Cette famille a besoin que son Père spirituel soit quelque part, soit là plutôt qu'ailleurs, et soit chez lui. Rome, portion du territoire catho-
lique, n'a pas le droit de se donner des lois contre le vœu de la catholicité... Ni le Pape, ni sa terre n'appartiennent en propre à un peuple particulier ; c'est la propriété commune de cette famille immense qui chante le Credo, et qui l'a achetée de sas tributs et du sang de ses soldats ou de ses martyrs (i). »
C'est donc bien le devoir des catholiques de s'attacher plus étroitement que jamais au Siège apostolique, « de vouloir la Papauté libre et respectée, et le Souverain Pontife placé de nouveau en cette condition de vraie souveraineté qui est due à son pouvoir sublime et à sa dignité ». C'est à tous les catholiques que s'appliquent ces paroles de Léon XÏII adressées en 1898 aux Pèlerins italiens :
Unis à nous de cœur et d'esprit, entourez d'une affection reconnaissante le Siège romain, maintenez-en les droits de tout votre pouvoir, conservez vivante la fidélité, fervente l'affection au divin Rédempteur Jésus-Christ qui a voulu placer à Rome le Siège de son royaume sur la terre...
(i) Mél., ire s,, t. I, p. i4o ; 2« S., t. V, p. 341.
serrez-vous obéissants et respectueux autour de vos Pasteurs, et surtout autour du Pasteur suprême, le Pontife Romain. Puisque de sa liberté et de son indépendance, non pas d'un fantôme de liberté» mais d'une liberté vraie, pleine et manifeste, dépend le bien de toute l'Eglise et du monde catholique, il est nécessaire que tous les fidèles se montrent soucieux et jaloux de cette liberté et de cette indépendance. Il est nécessaire qu'ils la réclament constamment et par tous les moyens dont ils peuvent disposer, ainsi que l'exigent le bon droit et la justice.
Comme conclusion, nous ne pouvons mieux faire que de rappeler aux journalistes catholiques qu'ils doivent être les premiers à répondre à ces exhortations du grand Pape Léon XIIÏ. Il faut qu'entre leurs mains la Presse, dont l'action est aujourd'hui si puissante, fasse partout écho aux protestations et aux revendications du chef de l'Eglise, pour la défense de ses droits et de sa liberté. Qu'ils relisent donc et méditent ces paroles que Léon XIII adressait en 1879 « aux représentants des journaux catholiques » :
Quant à vous, très chers fils, si étroitement
attachés à la Chaire de Pierre, qui vous montrez prêts à soutenir la liberté et l'honneur du Siège Apostolique, soyez unanimes et vaillants, et par vos paroles et par vos écrits démontrez sans relâche la nécessité du pouvoir temporel pour le libre exercice de Notre suprême pouvoir, et, à la lumière de Thistoire, montrez que ce pouvoir a été constitué et a duré en vertu d'un droit si légitime que nulle autre chose humaine ne le dépasse, ni même l'égale... Proclamez que les afifaires publiques de l'Italie ne pourront jamais prospérer, ni jouir d'une tranquillité stable, tant qu'on n'aura pas pourvu, comme l'exigent tous les droits, à la dignité du Siège Romain et à la liberté du Pontife suprême. Ces choses et autres semblables qui sont tout à l'avantage de la société religieuse et civile, proclamez-les tous les jours dans vos journaux, et tachez de les appuyer sur des raisons solides; qu'une seule passion vous anime, une seule volonté, celle de soutenir la cause de l'Eglise et de défendre les droits du Pontificat romain.
Ces paroles de Léon XIII, prononcées, il y a plus de 3o ans, gardent encore toute leur actualité, et elles expriment bien aussi, sans aucun doute, la pensée et les désirs du saint Pontife qui occupe aujourd'hui la Chaire de saint Pierre.
En suivant ces directions pontificales.
les journalistes et tous les écrivains catholiques rempliront donc un grand devoir, témoignage certain de leur dévouement au Vicaire de Jésus-Christ. C'est à eux et à tous | les militants de la cause de Dieu, que nous offrons les belles pages de Louis Veuillot,réunies dans notre brochure. Ils trouveront là le parfait modèle du Défenseur de l'Eglise et du Pape. Qu'ils aient au cœur la foi de ce grand chrétien, qu^ils ne craignent pas, à son exemple, de flétrir énergiquement les attentats de l'impiété ; qu'ils affirment bien haut les droits de la sainte Eghse, catholique, apostolique et romaine; qu'ils combattent avec courage et sans défaillance; la cause qu'ils défendent est immortelle. L'édifice que Jésus-Christ a fondé sur Pierre ne peui être renversé ; et le jour doit venir où toutes les sectes infernales, acharnées à sa ruine, seront vaincues. Il est écrit : Les puissances de V enfer ne prévaudront jamais : Non prœvalebunt !