Rebâtir îe Vatican ou périr
«J'arrived'unelong-ue course àtravers le monde, civilisé et barbare. Je reviens du Midi et du Nord, du Levant et du Couchant. J'étais, il y a deux ans, au Brésil, il y a un an en Angleterre, il y a six mois en France, il y a quelques mois au Caire, à Damas, à Constantinople, il y a quelques semaines en Allemao;-ne, il y a quelques jours en Piémont.
(( Ce que je n'ai pas vu de mes yeux, d'autres qui venaient de le voir me l'ont décrit, et les témoins les plus fidèles ont été ceux qui ne voulaient pas m'apprendre la vérité, ou ceux qui ne la connaissaient pas. Je crois que je sais ce qu'il y a dans le monde à l'heure qu'il est. Ici, tout m'est apparu. Ici, est le nœud de tout.
« Ils ourdissent des complots, par là-bas, de tous les côtés. Il y a des groupes de têtes infernales, auxquels obéissent des masses dégradées. Ce que les têtes se proposent, je le sais, et mieux que la plupart d'entre elles. Nous autres chrétiens, seuls nous connaissons parfaitement le vrai chef de ces conjurés. Tous leurs efforts convergent ici. Ce qu'il obtiendront, Dieu le sait; mais c'est ici qu'est Dieu.
« Je VOUS l'aUesle, il est ici, il n'est qu'ici; et j'atteste encore que, s'il se laisse chasser d'ici, il pourra consentir à passer, mais non à s'établir ailleurs. îla choisi ce lieu; il n'acceptera pas plus une autre demeure que ses adversaires ne réussiront à créer un autre Dieu. Il y aura — ne donnez à mes paroles qu'un sens compatible avec la foi, — il j aura vacance, interruption visible du règne visible de Dieu.
« Et ce que je veux dire, — car je ne prétends rien savoir de la durée ou de la fin du monde, et l'on peut voir un jour descendre de cheval, sur cette place, un Gharlemag-ne aussi bien qu'un Attila; — ce que je veux dire, c'est qu'il faudra rebâtir à cette place le Vatican démoli, ou périr. )^
{Parfum, II, p. 822.)