‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 12 sur 101 · ER · texte numérisé non relu

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se dressant presque en face l’un de l’autre aux deux extrémités de Paris, semblent être l'expression de deux

France, la France guerrière et la France chrétienne

et ils rappellent deux gloires bien différentes : Napoléon et sainte Geneviève, la guerre et la religion, l'épée et la croix.

Au loin, sur la rive gauche, vous apereevez un dôme

doré, de proportion gigantesque et qui flamboie au

soleil comme une gigantesque couronne, où comme 1 un énorme casque de cuirassier : c’est le dôme des M Invalides, sous lequel repose l’homme providentiel, qui | a tenu l’Europe dans sa main au commencement de ee à

siècle et qui aurait pu changer la face de l’Europe, s’il M

eût été fidèle À sa mission...

En remontant encore un peu le fleuve, votre vue M

s'arrête à ce palais À rotonde, de forme assez étrange, M

et dont la façade sur la rue de Lille fait un are de triomphe. C’est le Palais de la Légion d'Honneur, et l'on dit que les Parisiens le caressent des yeux et le

voient surgir dans tous leurs rêves !.….

Plus près, tonjours au bord du fleuve, voyez-vous ce à palais en hémicyele, flanqué de pavillons à arcades et M surmonté d’une coupole? C’est l'Institut où siègent

les cinq Académies. Sa vue trouble aussi le sommeil : de bien des Français, qui aspirent, quelquefois toute A

ieur vie, À y conquérir un fauteuil,

l’autre aux deux pression de deux ance chrétienne, fférentes : Napo-

la religion, l'épée

ercevez un dôme qui flamboie au nne, où comme | est le dôme des 4 providentiel, qui l

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méritent Regard orné de cs Si vous

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histoire.

C’est la la fonte du les Autric] +

Aux destinées de ces aréopages préside la déesse

linerve, coiffée d'un casque à visidre et portant la

lance et le bouclier, © Minerve ! que ne descends-tu

Plus souvent dans la salle des séances où siègent les

Jmmortels, pour leur communiquer un peu de ta

acesse !….

Et ces deux autres tours rondes qui couronnent un

portail hardi? C’est la vaste église de Saint- -Sulpice,

ouchant au séminaire du même nom, qui rappelle le souvenir de tant d'hommes illustres.

Après l’église, encore un palais, le plus beau de la rive gauche, et l’un des plus intéressants de Paris, le ALuxembourz. Son musée, ses galeries,

ses jardins

méritent une visite !

Regardez maintenant ce ortail superbe et ce dôme = orné de campaniles : c'est la chapelle de la Sorbonne...

Si vous dirigez à présent votre vue du côté de l’ouest, vous } verrez une colonne isolée qui rappelle des héros Siplus modernes que ceux d’Homère et qui les valaient

A 2 NE D TE re

| | bien, — avec cette différence qu'ils doivent leur gloire | militaire, non pas à la légende, mais à la véridique | | !

histoire.

C’est la colonne Vendôme, trophée de bronze dans là fonte duquel sont entrés douze cents canons pris sur

les Autrichiens, les Prussiens et les Russes. C’est une

belle imitation de la Colonne Trajane, à Rome, ave des proportions plus vastes,

Le large ruban d’airain qui se déroule sur ses flancs est une épopée en bas-reliefs, qui raconte les merveil. lcuses campagnes de Napoléon et de la grande armée,

Ajoutez à cela la Basilique du Sacré-Cœur, sur les

buttes de Montmartre, et, près du fleuve, la pyramidale

Tour-Eiffel. Alors vous aurez une idée assez juste de

Paris, à vol d'oiseau.” **#

En somme, Paris est la première ville du monde.

Les Allemands sont les premiers à le reconnaître ; M

pourquoi le tairions-nous? Quant À moi, je le déclarcM

en toute sincérité: cette année, comme en 1879 et en

1883, j'en ai trouvé le séjour des plus agréables. Parlons

franc et net. Quel est donc le Canadien-Français quil

peut se sentir inconnu,” “dépaysé” dans une vill M

où l’on parle, — et si bien,—notre langue, où le non A

seul de notre patrie éveille aussitôt la sympathie li

plus profonde, où l’on comble de politesse et d’atten-.i

tions délicates tout gentilhomme, et en particulier lei

cousins des Grands-Lacs? Chacun son goût, soit ! Onli

peut à la rigueur préférer, — je ne sais trop comment ;

— Londres à Paris, l'ombre à la lumière... ; mais aftir.l

mer, d’une façon absolue, qu'un Canadien se trouv “dépaysé” à Paris, oh ! ça, ça me paraît trop fort !

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Paris, le Heures !

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Au surplus, pour contrebalancer le mauvais côté, 2disons le mot, le mal, l'indifférence religieuse, qui ici, 2— comme À Londres, du reste, — nous attristent profondément, quel épanouissement de foi, de charité, d'œuvres catholiques innombrables !

cré-Cœur, sur les

07 A mon avis, l'on parle trop de la “ déchristianisation ” ive, la pyramidale Me la France, et l’on ne tient pas compte du bien qui dée assez juste del s’y opère et de la régénération s’y accentuant de jour en jour, — Pourquoi cela? Peut-être par parti pris. Peut-être aussi parce que le mal s'affiche plus haut et plus fort que la vertu. — Soyons justes, A côté de grandes défaillances, reconnaissons de sublimes dévouements. À côté de l’irréligion des gouvernants actuels,

saluons la foi vive de la foule.

gréables, Parlons

\insi, sans parler des merveilles de salut dont N des Victoires et la basi-

lien-Français qui lique du Vœu National sont en particulier le

8 heureux [témoins, quel beuu spectacle offrait Notre-Dame de Paris, le 29 novembre dernier, À la clôture des Quarante- Heures! L’immense nef de l'église était insuffisante À contenir les flots pressés de la multitude. L’Eminen.

” dans une ville

ngue, où le non

la sympathie la

itesse et d’attenM en particulier le

tissime cardinal Richard présidait la cérémonie. Dans

nn goût, soit ! Obs

les rangs de la procession aux flambeaux qui se fit à l'intérieur du temple, illuminé de mille feux, toute la

is trop commentk

ère... ; mais afhirh

société française était représentée, Le soldat, portant adien se trou:

une torche, coudoyait le noble, le bourgeois, l’ouvrier, et faisait pieusement escorte au Dieu de l’Eucharistie,

aît trop fort !

ROME ET JÉRUSALEM Quelle scène religieuse réconfortante, inoubliable ! Quel acte de foi public !

Suivez-moi maintenant à l'A venue Friedland. Entrez dans la pieuse église des RR. Pères du Saint-Sacrement. Ici encore vous trouverez, tous les jours, une nombreuse garde d'honneur à Jésus-ITostie, Y a-t-il, e jeudi, par exemple, jusqu’à trois bénédictions solenle jeudi, par exemple, jusqu’à trois bénédict l

nelles à divers intervalles, ch bien ! pas une place ne !

reste vacante: la Foi et l'Amour ont littéralement envahi le Cénacle !

Et quel trône vraiment royal élevé au Roi des Rois !

Je n’en connais pas de plus beau, de plus riche, ni de À

plus symbolique. [maginez un autel splendide, enrichi M

de marbre et de sculptures, un autel monumental qui À

a l’élan de la prière : de chaque côté vous apercevez trois anges de bronze doré, les uns portant des candélabres, les autres prosternés dans l'attitude de l’ado ration. TLä-haut, au pied du trône, l’archange Saint

Michel, montrant le Dieu de l’Eucharistie, et semblant ! redire son eri triomphal : “ Quis ut Deus?” Puis, sur M le trône, — le Thabor, — le grand ostensoir dont les ; rayons éblouissants paraissent emprunter leur éclat à la &

blanche hostie plutôt qu'aux mille lumières ‘environ-

nantes, — Oh ! que la prière est facile dans ce Cénacle M où tout prie avec vous! Comme le cœur a des élans #

sponta descen:

gratiæ ardent

dante,

| Aussi 4

dire 4 lEuch:

Oui, parce q tion de cet Ave Révérei Religie:

connu 4

A la comme brillant

Prens Seigneu montre misères mier, Il tre l’iné.

au moin

noubliable ! Quel spontanés !— Sait-on aussi toutes les bénédictions qui

descendent de ce “ Trône de la grâce,” Thronum

gratiæ?.…. Certes, quand la supplication monte aussi

ardente vers le ciel, la grâce nous en arrive surabon-

riedland. Entrez

dante, surabondante pour les individus et la société,

du $Saint-Sacre-

Aussi aux Âmes inquiètes, presque désespérées, je puis

as les jours, une Tostie. Y at-il,

nédictions solen-

dire avec une voix plus autorisée que la mienne :

l'Eucharistie sauvera la France !

as une place ne

nt littéralement Oui, “ l’Eucharistic sauvera la France et le monde, parce que, elle seule, en définitive, est la clef, la solu-

tion de la Question sociale moderne.” Tel est, pendant

u Roi des Rois !

olus riche, ni de

cet Avent, le thème des magnifiques conférences du

: ichi MS Révérendissime Père Tesnière, supérieur général des plendide, enrichi # ; Ë

nonumental qui à Religieux du Saint-Sacrement, si avantageusement

vous apercevez connu au Canada.

ortant des can- M ttitude de l’ado- M

archange Saint-

À la vérité, je voudrais que vous eussiez entendu

comme moi la démonstration À la fois savante et lucide,

brillante et onctueuse de cette proposition inattaquable,

tie, et semblant M Prenant pour texte ces touchantes paroles de Notre-

us?? Puis, sur & Seigneur : Misereor super turbam, V'éminent orateur

ensoir dont les Se montre que le divin Maître, le premier, a eu pitié des

er leur éclat À la !

misères du peuple, — conséquence du péché ; le pre-

mières environ-

mier, Il a voulu, Il veut encore, sinon faire disparaî-

, à, È . . ., lans ce Cénacle À tre l'inégalité des conditions — c’est un contre sens —

eur a des élans M

au moins l’atténuer en effaçant les distances par la foi,

l'espérance et la charité, et en réunissant au même banquet eucharistique, pour les fondre dans l'amour divin, et le riche et le pauvre, et le patron et l’ouvrier : Edent pauperes et saturabuntur.

Par conséquent, vous le voyez, humanitaires, philanthropes, socialistes, pas besoin de révolutions, d’émeutes, de barricades ct de baïonnettes pour niveler la société et faire le bonheur du genre humain !

Puaissent ces enseignements salutaires être entendus de ‘ous et produire leurs fruits de bénédiction !

Pendant les quelques jours, — hélas ! trop tôt écoulés — que j’ai eu le bonheur de passer chez les religieux du Saint-Sacrement, si bons, si hospitaliers, deux Canadiens distingués, les RR. PP. Fournier et Têtu, ont largement contribué à me rendre ce séjour délicieux. Ensemble nous avons visité Paris: mais, surtout, j'ai vécu quelques instants de leur vie tout eucharistique. Dans ce cénacle, — «b uno disce omnes — tout converge

vers Jésus-Hostie, tout : c’est l’idéal du prêtre. Par , Ï à

exemple, à chaque heure du jour et de la nuit, la cloche sonne : aussitôt le religieux, là où il se trouve. tombe à genoux et adore le Saint Sacrement. Ces détails sont trop intimes, peut-être : je m’arrête.

Toutefois, constatons en passant les merveilleux pro-

grès de cet Institut que réelamaient, — an témoignage À

de Pie rence €

Etab reçut bi

2 de cont

la mor grain «€ cette pl soleil de dont les

deux m

Dieu Désor que ct e monte a

exposée

dissant au même

de Pie IX, de sainte mémoire, — les besoins, l’indifté-

re dans l’amour

rence de notre époque.

tron et l’ouvrier :

Etabli en France en 1856 par le R. P. Eymard, il reçut bientôt, comme toute œuvre de Dieu, son baptême de contradiction. Aussi bien, douze ans plus tard, à la mort de son illustre fondateur, c'était encore un grain de sénevé dans le champ du Ssigneur. Mais cette plante, réchauffie aux rayons mêmes du divin

manitaires, phi-

olutions, d’'émeu-

pour niveler la umain |...

:s être entendus soleil de justice, ne tarda pas à devenir un grand arbre,

édiction ! dont les vigoureux rameaux couvrent aujourd’hui les

deux mor‘:

Dieu ::: soit béni !

trop tôt écoulés M

Lu 7 Désormais au Canada, comme en France, en Belgi- 1ez les religieux M : . . F ; : N ue ct en Italie, une même prière, une même espérance iers, deux Cana- #

monte ardente vers la Sainte ILostie perpétuellement

er et Têtu, ont - À exposée à nos adorations :

éjour délicieux.

Adveniat regnum tuum eucharisticum !

ais, surtout, j’ai t eucharistique.

— tout converge lu prêtre. Par % la nuit, la clo- M

)ù il se trouve,

acrement. Ces M m'arrête,

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| LÉGENDE

Le Très saint Cénacle, tout le monde le sait, se || trouve sur le mont Sion, au Sud de la Ville Sainte, |

Notre Gravure montre l'intérieur du Très saint | Cénacle. L’Impératrice sainte Ilélène éleva une | | Basilique sur le Cénacle. | | Après l'expulsion des Croisés, l’Auguste Sanctuaire | fut gardé et desservi par les Religieux de saint | François d'Assise, En 1551, les Musulmans s’en |

emparèrent, et depuis cette époque, les Catholiques | n’ont plus le droit d’y célébrer les saints Mystères.

| | L'église actuelle avait été bâtie par les Francis- | cains, vers l’année 1342. Comme toutes celles qui ont été élevées en ce lieu vénérable, elle comprend un étage et un rez-de-chaussée. L'étage seul est | accessible aux Visiteurs. (Cet étage est divisé en deux parties. La première est le Cénacle ou Salle | de l’Institution de l’Adorable Eucharistie ; et la | seconde, la Salle du Cénotaphe de David.

CÉNAcLE.— C’est dans ce lieu À jamais sacré, malgré les profanations dont il est l’objet, que Notre divin | Maître prononça le sublime discours de la dernière Cène; c’est ici qu’il institua le Sacrement de son | | Amour ! |

Aujourd’hui, la Salle du Cénacle, qui mesure 50 pieds de long sur 80 de large, est en style gothique du XIVe siècle parfaitement caractérisé.

De la Salle du Cénacle, par un escalier de 8 marches, on arrive à la Salle du Cénotaphe de David, | dont nous donnerons ailleurs l'explication.

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