QUATRIÈME LETTRE
Paray-le-Monial — La Chapelle des Apparitions — Le baron de
Sarachaga — Villefranche et le collège Mongré — Lyon —
Colonie canadienne — Fête du 8 décembre — Echos de Paris
—Les Martyrs de Lyon — F'ourvière — Les Servantes du Saint-
Sacrement.
LYox, le 12 décembre 1892.
ALGRE les charmes de la vie parisienne,
CS — honni soit qui mal y pense !— il faut, J\
couvre sans façon la ville-lumière ; le thermo-
[mètre baisse ct de légers flocons de neige flottent dans
l'air, Bientôt des giboulées intermittentes vous cinglent
AIT nn Ee ge PAR
la figure ct sont en frais de couvrir complètement le
PORN ON TAR Sa ce a
vert gazon, après avoir attaché aux arbres comme des plumes de cygne,
Fuyons alors vers le Midi, où règne, dit-on, un printemps éternel. Arrêtons-nous pourtant à Paray-le. Monial.
Parayÿ-le-Monial, quel doux nom et quels ravissants souvenirs !
Vraiment, Dieu aime les Francs !
Ainsi, — abstraction faite de la Salette et de Lourdes,
— quand, au soir du XVIIe siècle, Notre-Scigneur voulut réchauffer le monde au foyer même de son Cœur,
où daigna-t-il apparaître? Est-ce en J udée, sa patrie! Est-ce À Jérusalem? Au Cénacle? Est-ce au moins à Rome? Nullement, mais en France, au centre
même de la France, à Paray, petite ville, —une autre .
Bethléem sous ce rapport, — devenue tout à coup !
grande ct illlustre par les visites réitérées du Roi des Rois!
Là, à cette époque mémorable, vivait dans le monas. !
tère des Visitandines, une humble religieuse appelée Marguerite-Maric. Comme il est dit du jeune homme de l'Evangile: “ Dès que Notre-Seigneur la vit, il l’aima.”?
Déjà, pendant son noviciat, il lui apparaît souvent,
et toujours sous un modeste: bouquet de noisetiers. !
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rbres comme des nfin, au mois de juin 1675, Jésus lui révèle ouverte-
ment son cœur, , dit-on, un prin- Ce jour-là, Marguerite-Marie, humblement agenouilant à Paray-le- e derrière la grille du chœur, priait, contemplait, dorait, les yeux fixés sur le Saint-Sacrement exposé. quels ravissants out à coup une vision nouvelle la jette dans les ravisments de l’extase. Notre-Scigneur se montre À elle,
poitrine ouverte, embrasée ; une couronne d’épines
treint douloureusement son cœur adorable... “Voilà,
e et de Lourdes, it-il, ce cœur qui a tant aimé les hommes...et ie ne ; 1 J
Notre-Seigneur Mecois de la plupart que des ingratitudes ! ”
me de son Cœur, Vous savez le reste.
udée, sa patrie! ; à + :
Mie) LiLU Or, l’âme remplie de ces souvenirs, ai-je besoin de
Hous dire que le trajet de Paris à Paray (6 heures de Phemin de fer) me parut long, interminable ! Nous y
yoici enfin !
Est-ce au moins ince, au centre le, —une autre # ue tout à coup
à À Paray-le-Monial est situé dans une vallée charmante ées du Roi des >
t si riche, qu’autrefois on l’appelait le Val d'Or. Ce hatin, un blanc tapis de neige remplace son manteau
; dans le monas- ! d'or.
igieuse appelée 4 15 PP ITâtons-nous d'entrer dans la ehapelle de ln Visita-
u jeune homme . J Bion ou des Apparitions.
neur la vit, il x *#
paraît souvent, Dans ses parties principales, elle est À peu près la
de noisetiers. Môme qu’au temps de la Bienheurense. L’enceinte
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sacrée, le chœur des Religieuses, la grille, existent tou
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jours. Maisje cherche en vain, auprès de la balustrade M : : , un barot
la châsse contenant, “ au milieu des aromes de limmor. . ‘quel je
talité,” les précieux restes de Marguerite-Marie, Pour. P. Le . + 1x
tant en 1883, c’est bien là que je l'avais vue: c’est bien
- “4 Le be:
là que, reconstituant l’une des plus belles et des plus . . ee F , occupe touchantes apparitions de Notre-Scigneur, je m'étais
(=. ' il = . , .
1 ému’... Sans doute, mais, —on me l’a appris Duvre oO!
: aray, à senti s
ensuite, — À la fin des grands pèlerinages, vers le 7
octobre jusqu'à leur reprise À Pâques, la Bicnheureu
repose sous le maître-autel.
ut est d e Notre
cles, Très-bien, Je pourrai donc célébrer la sainte mesuh ve sur son tombeau !….
e Darac Quant À ce qui se passe alors de suave, de divin dun
le cœur du prêtre et du croyant, Dieu seul le sait ; Ce
hombreu raste rés que je puis dire, c'est que, dans l'ivresse de ces joies ‘ulièrem: spirituelles, je n'ai pas oublié la patrie ‘anadienne, où suivre, d les amis du Sacré-Cœur sont si nombreux. préparées Les cadres de cette correspondance me permettent OpPosrap à peine quelques détails : l’autel majeur est en marbre blanc, le tabernacle est un chef-d'œuvre, et la châsse, M en argent doré, est tout à fait digne du trésor qu'elle!
renferme.
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Enfin, t fermé ombe dt eur, le « uerite-X
ouvert l
rille, existent tou T 0 , | ae Au déjeuner, j'ai l'honneur de rencontrer à l'hôtel
3 de la balustrade
Ou baron espagnol, Don Xaviere de Sarachaga, pour romes de l’immor. nl , :
HN E quel j'avais une lettre de présentation de la part du rite-Marie, Pour. M LA .
are Fou: . P. Lambert, $. $S. $,, de Par::, us vue; c’est bien
M Le baron, un catholique envainen + un savant, belles et des plus M
. »», « OB occupe activement, de concert avec le4 Jésuites de œneur, Je m étais &
- ui . OParay, à compléter le Musée eucha :séque, C’est une -on me l’a appris Ô
| uvre originale et de la plus haute importance ; son mages, vers le 74
la Bionl but est de rétablir les titres publics et les actes officiels a Bienheureuse M k
e Notre-Seigneur, — Sacramenté, — À travers les sibles,
r la sainte mesu Avec la meilleure grâce du monde, l'excellent baron e Sarachaga me sert lui-même de cicérone dans les
ve, de divin dans ombreuses salles du musée, établi dans la belle et
1 seul le sait ; caste résidence des Jésuites. Ce qui m'a frappé parti-
esse de ces joie: “ulièrement, c’est la Galerie des miracles, où l’on peut e canadienne, où M
suivre, de siècle en siècle, sur des cartes géographiques
Me j . ñ ñ , F >UX. réparées cd oc, l'histoire, la chronologie, la direction
> me permetten opographique même des miracles eucharistiques arri-
ur est en marbre és dans tous les temps et dans tous les lieux.
Enfin, dans la chapelle des Jésuites, hélas ! erochetée t fermée au publie, j'ai eu le bonheur de visiter la ombe du Vénérable Père de la Colombière, le direceeur, le confident et l’ami de la Bienheureuse Mar-
guerite-Marie. Quelqnes jours auparavant, on avait
ouvert le précieux cercueil pour constater À nouveau