CE A
é fait : adieu
le, adieu, où
Il est inutile, je pense, et tout à fait insipide de signaler avec complaisance toutes les gares échelonnées sur notre passage, de Lyon à Marscille. A peine vous
nommerai-je les villes les plus importantes : Vienne,
2 Valence, sur la rive gauche du Rhône ; puis Orange,
Avignon, etc. Avignon est sans contredit la plus intéressante de toutes ; mais l'ayant visitée à loisir, il y 4
Aquciques années, courons sus à Marseille,
L'antique cité de Marseille m'était également connue. Mais passez donc sans vous arrêter dans une ville qui
est la troisième de la France par sa population (400,000
âmes) et la première par son port de commerce ; une ville, en un mot, dont la rue principale est si belle, si
incomparable, — au dire des habitants, — que, “ si Paris avait une Cannebière, ee serait, mon bon !un petit * \arscille !
L'aspect général en est assez pittoresque.
Bâtie sur plusieurs collines dont les pentes sont loin
l'être uniformes, Marseille se divise en vieille et en nou-
Dell: ville; celle-ci naturellement est préférable À la
avec
te population gaie, vive, prime-sautière, gesticulante,
méridionale enfin.
RE ETAPE SI amener |»
Entre tous ces braves Marseillais, il y en avait deux que je tenais à voir: M. l'abbé de Barbarin, vicaire À Saint-Vincent dé Paul, et M. l'abbé Maurin, aumônier
du Lycée. Anciens élèves, eux et moi, du Séminaire
Et d’un
La suiv
français de Rome, une étroite amitié nous unissait depuis longtemps, Nila distance, ni les années ne l'ont
es anima
avons bie
amoïindrie, témoin leur accueil empressé, cordial,
amis a un
fraternel. .. Quelles heures délicieuses nous avons
que, quant Et de d
Pour fin
ieurs, à f
passées ensemble !
Et puis, au retour de nosexceursions à travers la ville
c’est un délassement favori de rappeler, à tour de rôle. PAS sez souv
toutes ces charmantes plaisanteries, toutes ces gascon Paré
nades qu'on prête aux Marseillais. Toujours le bea
un de & rôle est À ces messieurs, c’est entendu. S'agit-il deh
ane place :
sang-froid, de présence d'esprit, d’'hyperboles, ils ont k
dernier mot: voilà !
À !— «Hi
’événemen
En voulez-vous la preuve ?
Dans une rue écartée de la ville, un sinistre voleur. ‘ Comment
profitant des ténèbres de la nuit, saute À la gorge d'un Miiipn vient de En. LL le 112 mè
emps, alle:
Marseillais inoffensif, et lui mettant son revolver sou L
le nez : “La bourse ou la vie ! ” rugit-il.—t Té! mon
bon, pas si vite, La Bourse est un peu plus loin, dons M Et tous
la Canncbière No 13 ; et l'avis que je vous donne, c’ ourir voir
de ne pas vous y frotter!” Effet magique : le bandi
e met tran
recule. Sauvé le brave homme ! ouillabaiss
y en avait deux À Et d’une.
barin, vicaire À
UE AUOT Glni.ci, racontait à un Marseillais que, dans son pays,
La suivante est plus forte encore, Un vrai Gascon,
| es , du Séminaire in de ses amis imitait, À s’y méprendre, le eri de tous DOS USE animaux de la création. “Oh! à Marseille, nous
’ ] a 1e ‘ont . . . . Q années ne l'on iwons bien mieux que cela. Ainsi, un ami de mes ressé, cordial, mis à Un ani qui réussit tellement bien en ce genre, LS { s € (0) Ne . . . . = . LE] FOTOS NOR quand il imite le chant du coq, le soleil se lève ! !”,
Et de deux.
Pour finir. Ce qui est singulier, c’est que ces mestravers la ville SR curs, à force de répéter la même boutade, finissent , à tour de rôle, ssez souvent par la croire vraie. tes ces gascoit- Par exemple, —il y a déjà quelques années de cela, ujours le bean
un de ces gaillards entre dans un restaurant. Pas un S'agit-il de
Minc place vacante à table, et le malheureux avait une Main l… Son parti est bientôt pris: déloger ces gensà!— “T6! mes bon, vous ne connaissez donc pas Pévénement du jour ? ” — 4 Qu'est-ce donc? dites.” — sinistre voleur, M “ Comment, vous ne savez pas ça ?... Mais, trou de l'air !
à la gorge d'u MSpn vient de capturer un monstre énorme, une baleine
À re .
le 112 mètres de longueur... Vite, il en est encore
Atermnps, allez voir ça, À la Joliette !”
1 revolver souà
1" Té! moi
plus loin, dun Et tous de se lever comme un seul homme pour us donne, c
ourir voir la baleine, — pendant que l’aimable plaisant ique : le bandi e met tranquillement À table, dégustant À son aise sn
ouillabaisse,
al MÈRE 245 rte vie (2 SARNERe
me
Dares
Un instant après, il vient à la fenêtre et voit tout Marseille se diriger précipitamment dans la direction indiquée du fameux monstre marin. — ‘ Tiens, se di notre homme à lui-même, ai c'était vrai tout de mêm c'est toi qui serais la bête!” Sur ce, il détale à son tour, courant derrière les autres ! !!
Et de trois. — J'en passe et des plus belles
Cependant, en toute justice pour mes illustres e spirituels confrères, je dois déclarer qu'ils ne garan. tissent en rien l'authenticité de ces gasconnades mar. scillaises. — Soit, mais en tout cas reconnaissons qu'il y a beaucoup de sel gaulois sur les bords de la Médi. terranée, fout comme sur les rivages de la Seine et de la Garonne,
NU Si on sait rire à Marscille, on sait aussi prier. Au
reste, les églises j sont nombreuses, bien que, à que
ques exceptions près, elles soient peu monumentale}
et artistiques, — Deux sanctuaires surtout sont célèbres
et comme l’orgueil de l'antique cité Phocéenne : hl Crypte de Saint-Victor et Notre-Dame de la Garde
sien, en 410, Ce sont de véritables catacomhes ju doivent en grande partie leur célébrité à saint Lazar
premier évêque de Marseille,
Ici même le ressuscitik
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Gravisso fée qui po:
a Garde, 1 CUIVrE !
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Phocéenne : la de la Garde lu même nom,
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le Béthanie, devenu l’apôtre de la Gaule, trouvait une etraite assurée ; ici on voit son second tombeau auprès
luquel vinrent reposer et dormir leur dernier SOM-
Bnuil S. Victor, S. Hermès, Ste Eustachie, ete. — Avec
quel bonheur j'ai visité cette tombe de “l'ami ” de
**% Gravissons maintenant la colline abrupte et dénu-
lée qui porte à son sommet l’église de Notre-Dame de
Ja Garde, Comme elle est belle et expressive la statue
Run cuivre doré de la Sainte Vierge ui surmonte le FRE)
locher ! Marie, la “ bonne Mère,” soutient dans un
oi de son manteau l'enfant divin. Tous les deux
Bregardent la ville et la mer, et Jésus, étendant les b ras, Semble bénir l’une et l’autre, — Marseille et la Médi- Herrance,
C'était le 17 décembre, fête de saint Lazare, Je
lcélébre la sainte messe À l'autel qui Jui est dédié, église, comme à l'ordinaire, est remplie de pèlerins.
MAussi bien, à l’égal de Notre-Dame de Fourvière
pour Lyon, Notre-Dame de la Garde est le rendez-vous favori de Marseille, Et ici comme là-bas, aux béné-
dictions innombrables de la “bonne Mère,” le peuple
feconnaissant répond par sa piété filiale et ses largesses
ovales,
efet, il est superbe ce monument de style bysan-
D IE ee à or mm
tin. Quelle richesse d’ornementation ! Tous les revt
tements intérieurs sont en marbre blane de Carare! avec des soubassements en marbre rouge d'Afrique, ct des colonnes en marbre vert des Alpes,
Au sortir de l’église, un magnifique panorama sk
déroule sous mes yeux. Vraiment la vue sur la ville le port etila mer aux flots d'azur est ravissante, —
pourtant, il ÿ a mieux que cela. Regardez, À gauchi du portail, ces drapeaux, ces pavillons qui ondulent
doucement sous Ja brise du matin. Savez-vous pourquoi ils sont là? Voici : dans l’après-dîner, del paquebots français partiront pour Naples, Alger, Alex-l andrie, etc. Hé bien! en mer, sur les ondes placid« li
ou les vagues courroucées, on espère que Notre-Dame :
de la Garde reconnaïîtra les Trois couleurs qui auront li
flotté, tout d’abord le matin, aux pieds de sa statuc à
l'étoile polaire que sur la protection de Celle qui est
par excellence, l'Etoile de la mer; Stella maris ! Oh! il y a encore de la foi en France !
Au reste, ne l’oublions pas, nous sommes en Provence, terre privilégiée, berceau, du christianisme dans lei Gaules. À part tous les dons de la nature, Dieu pro: digua à ce beau pays tous les dons de la grâce, et encore, 8 les prémices du Calvaire et de l'Evangile !
Comme grandes li, On sait Juifs, eftre
suscltéren
à chrétiens,
Béthanie :
barque, sai Lazare 601 soixante-d de la toi, el mort qui si nacelle, loi
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tutélaire... À bord, voyez-vous, on compte moins sur
# O Mar venir l'hôtc
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vue eur la ville avissante, — Et
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ondes placide li 1e Notre-Dachs urs qui auront s de sa statue 1 ipte moins sur
> Celle qui es maris !
s en Provence,
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âce, et encore, |
Comment résister au plaisir de retracer au moin: les grandes lignes de son histoire ? C’est tout un poème,
On sait qu'après l’'Ascension de Notre-Seigneur les Juifs, effrayés des progrès rapides de la foi naissante,
suscitérent une terrible persécution contre les premiers
Achrétiens. Or, Marie-Madeleine et toute sa famille de
Béthanie ne furent pas épargnées, Jetée dans une barque, sans voiles, sans rames et sans gouvernail, avec Lazare son frère, Marthe sa sœur, Maximin, l’un des soixante-douze disciples, ct plusieurs autres confesseurs de la foi, elle fut exposée longtemps aux horreurs d’une mort qui semblait devoir être inévitable, Mais la sainte nacelle, loin d’être submergée, vit au contraire s’apaiser
autour d'elle la fureur des flots ; et, après une longue et
| pénible navigation, elle vint aborder heureusement sur D les côtes de Provence.
0 Marseille, s’écrie Lacordaire, à Marseille, tu vis venir l'hôte qui habita le premier cette montagne (la Sainte-Baume), Tu vis descendre d’une barque la frêle
créature qui t’apporta la seconde visite de l'Orient. La
première t’avait donné ton port, tes murailles, ton
nom, ton existence même ; la seconde te donna mieux
encore : elle te donna les reliques vivantes de la vie de
DJésus-Christ, les Îmes qu'il avait le plus tendrement
aimées sur la terre... C'était du haut de
sa éroix que Jésus-Christ avait légué sa mère à Jean P'Apôtre ;
RTS EPST
pour toi, ce fut du haut de sa résurrection, entre les ombres écartées de la mort et les lumières blanchis. santes de Péternelle vie, que Jésus te choisit pour l'asile
éprouvé de ses amis les plus chers. Faut-il te les
nommer ? Faut-il te dire quels ils étaient ? Non, ta | mémoire leur fut fidèle toujours, ton histoire te parle | d'eux, tes murs en ont mêlé la tradition aux souvenirs À
de ta première foi, et l’aube sacrée de ton christianisme 18
est le tombeau même où tu vénères dans tes apôtres
les amis de Jésus.”
En somme, Marseille avec sa Crypte de $. Victor, la MR
Sainte-Baume, avec sa Grotte de Marie-Madeleine. À
Saint-Maximin (à Aix), avec les reliques de ce saint ct
la tombe de Madeleine, voilà les Lieur Suints de la À
Provence, immortalisés encore depuis par la plumr |
incomparable de Lacordaire !
Que de fois, en lisant ces pages enthousiastes de l'illustre dominicain, j'avais rêvé de visiter, entre autres lieux de pèlerinage, la Sainte-Baume et Saïmt-
Maximin ! Que de fois, pour m’en donner l’avant-ooût ; SOU,
javais savouré privément et publiquement aussi, — À
mes anciens élèves du collège de Lévis s’en souviemment encore, —ces ravissantes descriptions où lon sentait passer tout entière l’âme ardente et expansive de
linimitable éerivain !…
Eh bien ! cette année, j'eus le bonheur de réaliser ce À
A £ doux reve
par celui «
Pourtan Hiois, les l rompus, 1
montagne,
ses flancs |
Mia pas pet
En avan
J'avais | de Beauval chemin de res, nous lt our contot maintes spi
Tout le ] escarpés ou iques plate oin, la foré : trouvons érables, till
yYcomores, (
'hémiomite,
tt le genièv:
ction, entre les ières blanchisisit pour l'asile Faut-il te les nt? Non,ta
stoire te parle
aux souvenirs ls christianisme 8
uns tes apôtres
e S. Victor, la Mi rie-Madeleine, À de ce saint et | Saints de la À var la plume
housiastes de
visiter, entre |
ime et Saunt- |
l'avant-goût,
ent aussi, — À
| souviemment
| lon sentait
xpansive (de |
de réaliser ce
Qi a pas peur de la neige !
doux rêve, et de préluder au pèlerinage de la Palestine
par celui des Lieux Saints de la Provence.
Pourtant nous étions à la mi-décembre. Depuis deux mois, les pèlerinages À la Sainte-Baume étaient interrompus. D'’ordinaire, à cette saison, la neige couvre la montagne, ce contrefort des Alpes, qui recèle dans ses flancs la célèbre grotte... N'importe ! Un Canadien Et puis, il fait si beau.
En avant !
Javais pour compagnon de ronte l'excellent abbé de Beauvalet, du diocèse de Rodez. Nous prenons le chemin de fer jusqu'à Aubagne : là, vers les dix houes, nous louons un coupé, traîné par deux chevaux, pour contourner la montagne et la gravir en décrivant maintes spirales,
Tout le parcours est d’un pittoresque achevé : pics escrpés où pentes donces, ravins profonds ou magnifiques plateaux, le coup d'œil varie À l'infini. Plus loin, la forèt nous réserve de nouvelles surprises ; nous / trouvons les arbres et les plantes de tous les climat: : frables, tilleuls, hêtres, chênes blancs, ormes. ifs et
ycomores, etc. Pareillement, nous y voyons croître
M'hémionite, le lis, la verge d’or, le nareisse, le sureau
t le genièvre. — Tontefois, aux environs de la Grotte,
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