aimé sacrée, ernier Saintge de ogie
Fable,
dit :
18, Sa ncore
Pateur dormait mal au Quirinal !
me voir, Après cinq heures du soir, venez me voir, quand vous le voudrez, quand vous le voudrez,”
Quel honneur pour le coudjuteur de 8, E, Je cardinal Taschereau ! Car le privilège de voir le Pape, quand où le veut, cst précisément celui des cardinaux,
Non, nous n'oublierons jamais les suuves “motions de cette mémorable Journée, Vous le vo: 4, à la majesté du Souverain, Téon XIII unit admiablement la bonté, la con‘lescendance du Pire commun des fidèles, Et, d’un antre côté, sachons le prono: bien haut, À la vénération toujours grandissante de l'Eglise et du monde envers CC auguste vieillard du Vatican, viennent se Joindre l'admiration, l’étonnement qu'excitent À bon droit ct son intelligence toujours si lucide, et sa mémoire vraiment prodigieuse, et l’éternelle jeunesse de cet esprit supérieur. Je n'arrête, me souvenant de cette profonde parole de Bossuet : “ 7,4 louange pâlit «auprès des grands noms.”
Lo Vatican est aujourd'hui la demeure permanente du Vicaire de Jésus-Christ, Avant l'in ’asion piémontaise, le Quirinal était la résidence habituelle des Papes. Mais, en 1870, Victor-Emmanuel s’en cst brutalemont
emparé, reléguant le Souverain Pontife au Vatican, d’où il ne sort plus. Onaftirme cependant que l’usur-
Quoi qu'il en soit, le Vatican, construit à diverses
époques, est moins un palais qu’une réunion de palais, auxquels ont mis la main des architectes comme San Gallo, Bramante, Michel-Ange, le Bernin. Il mesure 1080 pieds de longueur, et 720 de largour. Outre d'immenses salles, des chapelles, des galeries, on y compte 11,000 chambres,
La Chapelle Sixtine appelle tout d’abord l’attention. Le Jugement dernier, 4e Michel-Ange, en est le principal ornement. Quel réalisme dans cette fresque !
“ Aucune œuvre peut-être n’a soulevé tant de critique, ni suscité tant d’éloges. C’est le produit d’une imagination fantastique en proie À un délire sublime ; c’est la création d’un puissant esprit hanté par les visions de l'éternité, La lecture assidue dela Divine comédie, les sanglantes tragédies dont l'Italie était alors le théâtre, avaient rempli le cœur de Michel-Ange de sombres harmonies, En lisant l'épopée da Dante, il dessinait en marge les scènes que chantait le poète gibelin, pour les reproduire ensuite sur les murs de la Chapelle Sixtine, C’est là qu'il a pris les couleurs de sa palette, ct, en le contemplant, on croirait entendre l'écho de la malédiction divine : Zusciate ogni speranza,laissez toute espérance ! ”
Cette page grandiose et terrible À la fois est la
traduction originale du Dies &æ” moins les stro-
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phes qui chantent la miséricorde et le pardon : Pie Jesu, domine, dona eis requiem !
Malgré tout, le Jugement dernier est une œuvre magistrale, imposante, sublime, inimitable, Michel- Ange le savait plus que tout autre : aussi, gare aux téméraires contradicteurs, — qu'ils fussent des Zoïles où même des Aristarques !
L'un d'eux, Blaise de Césène, subit un châtiment exemplaire, éternel. Maître des cérémonies du Sacré- Palais, il accoMpagnait un jour, À la Chapelle Sixtine, Paul ITT, qui était venu voir le tableau encore inachevé. Scandalisé, le signor Blaise se permit de dire que cet ouvrage figurerait mieux dans une auberge que dans une chapelle, Le Propos, on ne sait comment, parvint aux oreilles de l'artiste, Sa vengeance fut éclatante, terrible, Ainsi, au beau milieu d'un horrible groupe de damnés, Michel-Ange dessina malicieusement le Portrait du critique, avec des oreilles d’Ânes, et le Corps enlacé d’un serpent monstrueux,
Furieux à son tour, le prélat s’en plaignit amèrement au Pontife, — Où êtas-vous placé ? ” demande le Pape.” — « Dans l'enfer, Très Saint Père.” « Si
Michel-Ange vous avait mis en purgatoire, réplique
Paul III en souriant, j'aurais pu par mes prières vous en délivrer, mais en enfer, je ne puis rien, £n inferna nulla est remissio ! *
Et voilà comment Blaise y est encore, sans plus de cérémonies !.…
Allons aux Loges de Raphaël qui occupent l'aile droite du Vatican.
Selon Madame de Staël, Raphaïl est le peintre de l'Evangile comme Michel-Ange est le peintre de la Bible. Elle a raison. Buonarroti, “ un Titan par l’audace et la force,” devait exceller À rendre la Loi de Justice, Sanzio, “ le divin jeune homme,” à exprimer la Loi de Grâce. Et pourtant lui aussi, dans une série de cinquante tableaux qui ornent les Loges, a admirablement illustré l’Ancien Testament, depuis la Genèse jusqu’à l'Evangile : c’est “ La Bible de Raphaël.”
Mais les figures font place à la réalité; voici, dans la dernière travée, la Crèche, l’'Adoration des M ages, le Baptème de Notre-Scigneur, et la Cène, d’une si belle et si touchante exécution.
Encore un pas, ct nous arrivons aux Sfanze ou Chambres de Raphaël,
“ C'était en 1508, Raphaël n'avait que vingt-cinq ans. En entreprenant ce vaste travail, la pensée du jeune artiste, pas plus que son pinccau, n'allait au hasard... Le peintre voulait manifester sous ses divers aspects le développement de la raison humaine, connaissant Dieu par la Théologie, cherchant les secrets de la nature et de l'âme par la Philosophie, s'élevant
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Par la Poésie au-dessus des réalités terrestres, enfin
réglant les intérôts «lu monde et les rèlations des hommes par la Jurisprudence. Telles étaient les don. nées abstraites Qu'il s'agissait de rendre sensibles aux JCUX, et que Raphaël a su + aduire sous les formes les plus séduisantes ct les plus expressives à la fois.”
Quel poème sublime ct que ne pouvons-nous l'examiner en détail !
Signalons, dans Ja Pinacothèque, une salle
qui Compte 47 tableaux de Premier ordre, ]
à Transfiquration, qui est “ Ja plus haute expression du génie de Raphaël et la dernière limite de l’art humain,
’ au dire de certains auteurs.
Arrêtons-nous aussi devant la Communion de saint
Jérôme du Dominiquin. Qui le croirait ? Elle ne fut payée À l'artiste besogneux que deux cent cinquante francs, C’est vrai. Mais les experts du Louvre l’esti. mèrent cinq cent mille francs,
“Ce tableau a un grand mérite de coloris, mais il estsurtout remarquable Par les attitudes et l'expression des divers Personnages, On a critiqué avec r nudité du saint, mais d’ailleurs quelle tendre quelle sainte impatience dans ce regard mourant ! Comme cette poitrine se dilate et se gonfle à la vue du Bien-Aimé ! Siiyit anima mea ad Dem Î
aison la sse divine,
ortem vivum.
Ce n’est plus aujourd'hui cet homme plein de force et
d'éloquence qui, naguère, à Rome, foudroyait l’hérésie ;
il s’est enseveli dans les déserts, y a consumé sa vicillesse dans les austérités de la pénitence, et, sa dernière heure approchant, il a voulu se faire porter à l’église pour y recevoir au milieu de ses frères le Viatique du grand voyage d’où l'en ñe revient plus. Le contraste si frappant des suprêmes ‘Aéfaillanc:s du corps et des saintes ardeurs de l’Âme fait tout le charme sublime et touchant de cette auguste scène que contemplent des anges au gracieux sourire, en attendant le départ de l'âme du moribond !!...”
Quel incomparable chef-d'œuvre !!
Et que dire de la bibliothèque vaticane et des musées? Le cadre restreint de cette lettre nous permet à peine de jeter un coup d’œil sur les immenses richesses qu'ils renferment.
La Bibliothèque est une vaste salle, divisée en deux nefs par sept pilastres richement décorés de magni-
fiques peintures. Elle est garnie d’armoires renfermant .
plus de 50,000 volumes et près de 125,000 manuscrits grecs, latins, italiens, orientaux.
Et, dans les musées du Vatica. :: ‘re les chefs- «œuvre connus de tous, le Torse du Belvédère,
1— Depuis le mois de décembre 1893, la basilique de:Québec possède une superbe copie de l’immortel tableau du maître, — don du curé actuel de la basilique, M. l'abbé F.-X, Faguy.
PApe collec argen MOsai en bre Mai sont d de tou meaux sang, d qui ra religior de SUPI rent di précieu:
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Juébec tre, —
l’Apollon du Belvédère, le Laocoon. quelles collections d'objets antiques ! Ici, des argent, en ivoire, des bierres gr Mosaïques ; 1}, des idoles de
précieuses ‘amécs en or, en avées, des outils, des toutes sortes, des dieux en bronze, en marbre, en argent et en or.
Mais voici une collection autrement admirable, 4 Ce sont des calices de Pur cristal, des ciboires, des croix de toutes les formes, des lampes antique meaux qui servaient pour |
s, des chalu- 4 Communion du précieux sang, des anneaux, des crosses, et, à côté de ces objets,
qui rappellent les plus augustes mystères de notre
religion, des peignes, des ongles de fer, des instruments de supplice Pour les martyrs. Que d'émotions s’eMpa-
rent de l’îme en considérant toutes ces reliques précieuses ! Que de saintes ct pieuses joies, en contemplant ces vases du sacrifice de la messe, et en songeant qu'ils ont servi aux apôtres et aux premiers prêtres, dans le sang desquels l'Eglise de Jésus-Christ à été fondée ! Quelle famille, quelle nation possède des traditions aussi sacrées, aussi vieilles et aussi invariables que la grande famille catnolique ?”... 1] n'y en à pas.
OR ! c’est À Rome qu’on se sent fier d’être catholique !
Néanmoins, notre Joie n’est Pas sans mélange, Pourquoi faut-il que le Vatican, cet incomparable sanctuaire des arts, la gloire de l'Eglise et au monde,
soit devenu une prison ?.,.Naguère encore, je visitais
la Mamertine, une autre prison qui fut le berceau de la
papauté. Veut-on que le Vatican en soit le tombeau ? Peut-être. C’est le rêve insensé des méchants. Quelle étrange illusion ! Non, le bras de Dieu ne s'est pas raccourci, Il y a eu, avant les tyrans raodernes, d'autres persécuteurs bien plus redoutables. Où sont-ils anjourd’hui ?..ÆEt, pendant que l'Eglise cst restée debout, quel a été le sort de ses ennemis ? Le Prophète l’a dit : Vidi impium superexallatum et elevatum sicut cedros Libani, et transivi ci cr: non erai !
Or, l’histoire se réj te, En attendant, suivez-moi à la prison Mamertine,
Avant de gravir le Capitole, nous passons, au bas des rampes de l’escalier qui y conduit, entre deux lions égyptiens à l’aspect terrifiant. N’ayez crainte, cependant. Leurs horribles mâchoiresne vous broieront pas. c’est sûr. Ces fauves, voyez-vous, sont...en granit noir. Ce n’est pas plus malin que cela.
Je ne réponds pas, par exemple, du loup et de la louve, qui, un peu plus loin, rugissent dans leur cage en fer... Passez votre chemin, mais, chapeau bas! s’il vous plaît. Car ces personnages sont d’illustre origine. S'il faut en croire les cicérones, ils descendent, en droîte ligne, de la fameuse louve qui nourrit jadis Romulus
et Rémus !
A de} ot l artis!
“Ma N° te Ci Ne Tarpé saut p Sur gauch tiers, Mamei qui est Rome Cette de deu:
horrible tifiée ps C’est “ Cre lugubres cris de re Catiliua, tha, cet
nu de la nbeau ?
Quelle ‘est pas autres aujourdebout, l’a dit :
cedros
"ez-MOi
au bas > deux rainte, oieront
granit
de la r cage as ! s’il rigine, \ droîte mulus
ROME
Au sommet du Capitole se dresse Ja statue équestre de Marc. Anrèle. Michel-Ange était épris de sa beauté ; et l’on se rappelle peut-être l’apostrophe du grand artiste au cheval impérial qu’il avait lui-même restauré : “ Marche donc !”
N'eutrons pas au Palais du Sénat : Ja grande voix de Cicéron est muette depuis longtemps.
Ne nous jetons Pas non plus au bas de Ja Roche Tarpéienne, — bien qu'aujourd'hui ce ne soit pas un saut périlleu x.
Sur le versant oriental du Capitole, VOYCZ, à main gauche, l’humble église de Saint-Joseph-des-Charpentiers, Elle cet précisément bâtie au-dessus dela Prison Mamertine, “Je plus ancien monument de Rorne antique, qui est en même temps le plus ancien monument de Rome chrétienne.”
Cette prison remonte au roi Ancus-Martins. Formée de deux cachots superposés, elle est sombre, humide, horrible à voir; horrible ? Non, puisqw’elle a été sanctifiée par la captivité des saints apôtres, Pierre et Paul.
C’est le lieu le plus tragique de Rome.
“ Creusé sous le mont Capitolin, cet antre a vu de lugubres tragédies ot entendu les imprécations et les cris de rage des héros ainçus : Syphax, Vercingétorix, Catiliua, Séjan. Là, mourut de faim le Numide Jugurtha, cet implacable ennemi des Romaine. Là furent
étranglés les complices de Catilina, et la nouvelle en
fut portée à Cicéron par ce simple mot : “Actum est, c’est fait.” Ordinairement on retirait de ce sinistre asile, avec des crocs de fer, les malheureux qu’on jugeait sur le point de succomber au désespoir ou à la faim, et on les exposait aux outrages ou à la pitié des passants sur des marches voisines appelées gémonies.
“ C’est là que, par ordre de Néron, les apôtres Pierre et Paul furent iucarcérés comme criminels d'Etat ct convaincus, suivant l’expression de Tacite, de haine du genre humain, odio generis humani. Ils y demeurèrent neuf mois enchaînés, y convertirent leurs geôûliers, et comme ils manquuient d’eau pour les baptiser, une source jaillit miraculeusement du sol, à la prière des saints captifs. Cette fontaine coule encore, et la prison est devenue un oratoire ; on y accède par un escalier taillé dans le roc, et on y vénère la colonne de granit où étaient scellées les chaînes des deux Apôtres…
‘ Comme la crèche de Bethléem, comme le saint Sépulcre, ce cachot taillé dans le roc est un berceau, et Dieu qui fait naître du grain de blé enseveli dans la terre la moisson dont se nourrit le genre humain, a fait sortir de la prison Mamertine ce grand arbre de la Papauté qui porte, abrite et nourrit tous les hommes de bonne volonté.”
Qu’on me permette d'ajouter que jy ai offert le saint
sacri boire
sieurs la Vo de tor vent lapog ments merve barbar
Que Part versées silence On d C’est C’est parle l’ Babylor Et su Stator, c du poèt.
16 ce sacrifice plusieurs fois, sans oublier, au départ, de 7 #5 boire de cette eau miraculeuse, limpide comme le cristal, nistre
igeait k*+#
im, Ct
Le Forum est devant nous, Rome en possédait plu-
sieurs, Celui-ci, — Je Forum romanum, la Voie Triomphale, est le plus
ssants — traversé par
ancien ct le plus illustre
“erre de tous, Le peuple-roi y tenait ses assemblées si souat et vent tumultucuses, L’éloquence païenne y atteignit ne du l'apogée de sa gloire. L'architecture y éleva des monurbrent | ments dont les superbes fragments nous donnent une rs, €t merveilleuse idée... Mais le temps, les révolutions, les une barbares ont tout renversé,
e des
Quelle désolation !
)r1SOn Partout des ruines éparses, des fûts de colonnes renversées, des débris de sculptur
silence de mort cffravant.
calier
es, Cf, par-dessus tout, un rranit
On dirait un cimetière !
saint C’est le cimetière de la grandeur romaine évanouie ! nu C’est le sépulcre de cette « grande Babylone” dont e 2 parle l’Aigle de Pathmos. “Elle est tombée Ja grande Babylone, elle est tombée ba
re «de
nos Et sur le socle des dernières colonnes du Temple de
Stator, on pourrait écrire, en guise d’
épitaphe, ces vers du poète :
saint
Urbs cecidit, de qua sè dignum dicere Quidquam Moliar, + Hoc potero dicere : Roma fuit.
Poursuivons notre arch ;
Voici la colonne de lhocas, les restes du Temple de la Concorde, la Tribune aux harangues — les Rostres —et plus loin l'Arc de Septime-Sévère, en marbre | pentélique.
Mais abrégcons.
Pendant cette intéressante excursion, je ressuscitais dans ma mémoire les grands événements qui s'étaient déroulés ici, Le souvenir de Cicéron se présentait naturellerient à mou esprit. Sa terrible et foudroyante apostrophe : ‘ Quousque tandem abutere, Cutilina, patienti@ nostr@ ?”” résonnait encore à mon oreille, Sa mort tragique ne m’émouvait pas moins, Hélas ! sa tête sanglante et ses deux mains furent ciouées sur les Rostres mêmes.
Puis, en repassaut auprès des trois colonnes du Temple de Stator, je me rappelai aussi les beaux vers que leur consacra notre éminent écrivain, M. le juge Routhier :
Quand la nuit déployait ses sp'endeurs éternelles, J'ai souvent admiré, sur le Forum romain
Trois colonnes, debout, conime trois sœurs jumelles Qui, regardant les cieux, se ticndraient par la main.
Distinctes, mais joignant leurs têtes solennelles,
Conime une trinité sur le bor l du chemin,
Au touriste rêveur, arrêté devant elles, à Elles semblent conter leur étrange destin.
Comment n'en pas saisir le sens allégorique ? Elles tenaient jadis au temple magnifique
Consa 16 par César à Jupiter Stator ; 2ostres Mais Jupiter n'est plus : Dix
iple de
u seul en trois personnes è ‘univ narbre Règne sur 1 univers, et les grandes colonnes
> : Ë 5 Pour symboliser Dieu semblent survivre encor
scitais étaient sentait oyante lilina, lle, Sa las ! sa ' sur les
1 Tem-
rs que > Rou-