‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 25 sur 101 · NEUVIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME LETTRE

e Coliste— Les Catacomtes — La Chandeleur à Rome,

ROME, le 4 février 1898.

SOUS nous sommes laissés

au Forum Rev enons-y

en passant de nouveau par le C Capitole,

Fè

Le Palatin est devant nous, entrailles déchirées résidences impériales. A pieds #4

Le panorama est toujours

ancien ettouj Jours nouveau,

cachant dans ses S les imposantes ruines des

gauche, le Forum é

tale À nos ses splendeurs et se

s misères.” L'Arc de Titus, un immense diad: ne jeté de la Voic Sacrée. Et plus loin, le Colisée «

Santesque silhouette.” Allons au Colisée,

là-bas, est comme au-dessus

dessine sur le ciel cru sa gi

Mais, comment ne P

as accorder un regard d’ tion à l’Are de Titus ?

admira-

Cet impérissable monumer* le sénat et le.peuple romains l’érigèrent en l'honneur du vainqueur de la Judée. L'inscription du frontispice en fait foi : S. P. Q. R.— bien que ces initiales, que les Romains d’aujourd’hui prodiguent partout, puissent tout aussi bien se traduire : Si Peu Que Rien, ou encore : Sine Papa Quid Roma ? (Sans Pape qu’est Rome !}. Deux basreliefs représentent, l’un, l’apothéose de empereur, couronné de lauriers par la Victoire ; l’autre, un cortège de prisonniers juifs portant les dépouilles du temple de Salomon.

Cependant, si cet arc triomphal redit à la postérité la destruction de Jérusalem et la dispersion du peuple déicide, l'Arc de Constantin, à quelque distance de là, rappelle non moins éloquemment aux âges futurs la chute de l'empire des Césars et la fin du monde païen

En dépit de tout, de quelle gloire, de quelle splendeur, de quels immortels chefs-d'œuvre le Peuple-Roï n’a-t-il pas enrichi la capitale de l'univers ?

Au premier rang de toutes ces merveilles, il faut placer le Colisée, le symbole par excellence de la grandeur romaine.

C'était le grand amphithéâtre de la Ville Eternelle. Cent mille spectateurs y étaient à l'aise... Construit en pierre de Tivoli, aussi dure que le marbre, il forme un ovale dont la hauteur est de 157 pieds sur 1641 de

circonférence,

speci Et

Qu En diatet le sal:

D'a yeux « une lé turi (iE rir te, C’ét:

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peuple rde la : SP s d’ausi bien e Papa x baspereur, re, un Iles du

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ple-Roi

il faut , de la

ernelle, nstruit | forme 641 de

Comme les pyramides d'Egypte, le C des malheureux Juifs fleuve d’or, en attend

olisée est l’œuvre

Titus, dit-on, y fit couler ant que lui et y répandissent des torrents de

un ses succcsseurs sang ct de larmes,

Le peuple avait demandé à grands cris : Panem et circenses. Je ne sais si le pain lui a manqué

; mais les Spectacles, jamais !

Et cela dura plus de trois siveles, Il fallait du sang !.

Quel “abattis d'hommes et d’anim

En passant devant 1 diateurs

use"?

a loge de l’empereur, les lui envoyaient ce salut t le salutant !

gla- Ave, Csar, morituri

D'autres

athlètes plus calmes, yeux élevés au ciel

le front serein, les » Saluaient quelquefois, mais une légère variante, lurd te judicabunt !

avec Ave, Cwsar, mori- (Salut, César, ceux

Ils disaient :

qui vont mourir te jugeront #

C'était le défi des chrétiens, nos frères, nos martyrs.

Nonobstant ces scène humaine, il était beau de sa splendeur.

s d'horreur, ces festins de chair

» imposant le Colisée aux jours

Il se composait de trois

Parties :

régnait tout autour de |

“# Le podium, qui arène : espèce de terrasse en

Marbre où brillait le pavillon de l'empereur ct des

Césars, A droite et À gauche se plaçaient les prôtres, les vestales et tous les dignitaires de l'empire.

Au-dessus du podium s'élevaient, en forme de fer à cheval, plusieurs rangs de gradins séparés par des couloirs, Ils formaient autant de compartiments qui allaient en s’élargissant À mesure qu’ils s’élevaient, C'est là que se plaçait la foule. Quatre-vingts portes conduisaient à ces différents gradins; et l’on voit encore au-dessus de chacune d’elles le numéro d'ordre qui indiquait à chaque classe de citoyens la porte par laquelle ils devaient plus facilement et sans confusion arriver à leur place,

Au-dessous était la terrasse, bordée de parapets, et qui pouvait contenir douze mille spectateurs. De nombreuses poutres placées sur cette terrasse sontenaient un immense voile de pourpre, parsemé d'étoiles d'or et appelé velarium, qui couvrait l’amphithéâtre tout entier, et garantissait les spectateurs des ardeurs du soleil,

Du podium jusqu’à la terrasse, À des distances très rapprochées, on voyait des tubes de métal d’où jaillissaient (les eaux de senteur qui retombaient en rosée sur les assistants,

De nos jours, un côté est À moitié détruit ; mais le Colisée est encore un géant, un colosse, un vigoureux vieillard qui porte gaillardement ses mille huit cent

quatorze ans d'existence.

Hi rieur

homr Au-dé les jet A no:

pards, le Coli On.

heuren esclave nisme, lèvent piquées dans l’a broyés, AUX apPf Il fau:

ne reste bien s’e décor, veau, et eux tom] A cet L’arène, |

rêtres,

de fer Jar des nts qui vaient, portes n voit l’ordre rte par fusion

ets, s. De souteétoiles héître

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> très

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rosée

nais le UreU X it cent

Hier, je montai une fois de plus

8 sur la terrasse supérieure et une vision passa de

vant mes yeux éblouis.

L’amphithéâtre $ ‘anime tout à 4COUp, Cent mille

hommes sont ]: » Qui attendent l'beur

e des combats, Au-dessus de nos têtes on

agite le voile de Pourpre, et les jets d’eau parfumée sont également mis e

n action.

A nos pieds, les ours

s, les lions, les taure pards, les tigres rugissent aus l’ le Colisée,

eaux, les léoarène et font trembler On amène les Premières victimes

‘ Ce sont de malheureux captifs, des prisonniers

de guerre où des s, douces vierges du paganisme, donnent Je signal du carn lèvent et les bêtes fauves, aiguillonnées par la faim, Piquées, brûlées par leurs gardiens, s'élane dans l’'amphithéâtre. Des tôtes broyés, des Corps déchiré

esclaves, Alors les vestales

age. Les herses se

ent furieuses s, des bras et ‘des jambes

és, palpitants, rougissent le so}, AUX applaudissements frénétiques de ]

a foule.

Il faut d’autres victimes.

Les bestiaires sont morts, ne restent-ils pas les gl:

adiateurs pour les remplacer où bien s’entr’ égorger ? En ce

cas, la se ène change de décor. Les. é épées

se croisent, le sang r

uisselle de nou- Veau, et l’on rapporte

que sous Trajan dix mille d’ ssivement frappés À mort.

entre Cux tombèrent succe

A cette boucherie succèdent des batailles

en Marbre, se transfor

navales, L’arène, pavée me en Jae, grâce

à des canaux souterrains qui communiquent avec l’aqueduc de Claude, Même un jour, “l’amphithéâtre est rempli de vin et l’on voit trente-six crocodiles, avec plusieurs hippopotames, lutter contre des gladiateurs montés dans des barques.”

Tel m’apparutle Colisée avec ses jeux, ses plaisirs et ses horribles festins de chair humaine. Il vous épouvante, il vous indigne peut-être ; ne le maudissez pas, cependant : ce monument est saint, il a bu le sang d’illustres martyrs! Je nommerai au hasard quelquesuns de ces héros. D’abord, Gaudentius, l’architecte même du Colisée. Saint Ignace, évêque d’Antioche, qui expire sous la dent des lions, en s’écriant : “ Je suis le froment du Seigneur ; il faut que je sois moulu sous la dent des bêtes pour devenir le pain de Jésus-Christ !” Saint Eustache, général des armées romaines, qui, après avoir triomphé au Capitole, vient recueillir ici la couronne du martyre. Voici maintenant de chastes vierges, des fils de sénateurs, des princes, des évèques, deux cent soixante soldats à la fois, et une foule de héros et d’héroïnes dont la mort glorieuse illustrera à jamais le Colisée, ce nouveau Calvaire de l'Eglise, ou plutôt ce vrai Capitole de Rome chrétienne, qui, en échange des lauriers de Mars, donnait la palme du

martyre !

l’'inté comp sans vers | Bie une sc indicil tion, jt fondat pent.

patrie « quefois Champ pelle av les lutte marqué pages de Or, e noble et choisi, 4 foi sont « Est-il « nous aim

passé ?

Aussi |

avec héâtre , AVEC ateurs

sirs et épouz pas, sang lquesitecte ioche, e suis 1 SOUS ist !?” qui, ici la 1astes ques, le de era à 3e, OU 1i, en

Le du

L'étude de l'histoire l'intérêt des homme, Compter sur l'avenir,

a toujours excité l'attention et

Etres d'un Jour, ne pouvant voyant le présent nous &

chapper sans cesse, alors, nous

nous tournons instinctive Bref, nous ne viv

Bien plus, si l'objet de une société, une n

ment vers le passé, ons que de souvenirs, notre pensée est une

famille, ation tout entière,

nous trou VOns un

à remonter de génére

indicible plaisir ation en généra-

tion, jusqu’à la souche première de l Jusq

fondateurs de la société ou de la nation qui nous occu- Pent. S'agit-il, par exemple, de notre pays, de la Patrie canadienne, qui, a tressailli quelquefois et ne tressaille encore aux seuls noms des Champlain où des de Maisonneuve ? Qui ne pelle avec un légitime orgue

a famille, jusqu'aux

Parmi nous, n°

se rapil les combats homériques, , les brillants faits d’arme sillon de gloire pr pages de notre jeune histoire ?...

les luttes de géants 8, qui ont

marqué dun large esque toutes les

Or, comme catholiques, nous appartenons À une noble et grande famille ; nous appartenons choisi, gens electa.

à un peuple La plupart de nos ancêtres dans la foi sont des héros, des martyrs !

Est-il étonnant, alors, que nous, “ les fils des &

aints,” nous aimions À évoa uer le souvenir de notre glorieux 1 $ passé ?

Aussi bien, grâce à Dieu !

même À dix-neuf

siècles

de distance, nous pouvons suivre pas À pas nos illustres aïeux,

Les Catacombes romaines— vastes cimetières souterrains où se réfugièrent pendant trois siècles les premiers chrétiens—les Catacombes romaines ont été découvertes. Elles ne sont pas seulement le berceau de l'Eglise ; elles forment un livre immense, un écrin gigantesque où les tombeaux, les autels, les inscriptions tumulaires, les fresques elles-mêmes retracent admirablement les grandes lignes de notre histoire religieuse,

A la suite de S. Jérôme, de S. Philippe de Néri qui

s’y ensevelissaient souvent à la tombée de la nuit,

pénétrons nous aussi dans ces cryptes sacrées.

Pour vous donner tout d’abord une idée de leur disposition, je vous dirri que si, placés sur le dôme de Saint-Pierre, la voi: des catacombes disparaissait tout à coup, nous : i:01e devant nous tout un royaume souterrain, une vaste nécropole divisée en soixante états ou cimetières, qui ressemblerait assez À une carte géographique des Etats-Unis.

La première fois que j'ai eu le bonheur de visiter les catacombes — celles de Saint-Calixte — c'était au printemps de 1880. Nous étions une dizaine de séminaristes, et un guide italien nous accompagnait. Certes, le cœur bat bien fort chaque fois que nous parcourons

ce séjour de nos frères, les martyrs ; mais la première

Joïs, Siler lPesc:

et au pieus.

suit Eu main C’étai:

‘ com:

se mot dant u ment i Plus ment vi sur les :

encore simple fermés apparais double e Cepen rompue € niches sy d’une csp Corps hur

illus. Jos, l'émotion est naturellement plus viv, que jamais Silencieux et recueillis, nous Venions de descend

l'escalier humide qui conduit 4 cette sombre nécropole, s SOU- CT rer

et au milieu de ce dédale de tombeaux, nous suivions 5 pre-

Pieusement notre cicérone, it été

à peu près comme Dante suit Virgile du

18 SON mystérieux voyage, rceau Te - : .

tn ‘nu ce moment, les torches que nous tenions à la ecr tions Main Jetaient autour de nous une lueur vacillante. )t $

. C'était, pour parler le langage de Châteaubriand, ‘comme la lumibre lugubre q se Mouvant avec lenteur

à es lampes primitives ieuse,

le long des sépulcres et r r1 QUI TEE :

À dant une mobilité cffrayante sur ce nuit, : es ment immobiles.’

épan-

S objets éternello-

” Plusieurs de ces tombeaux sont ouverts et complète- RE ment vides ; on en a retiré les reliques Pour les placer . ve sur les autels, D’autres, également ouverts, renferment ant encore des Ossements, des crânes desséchés ou une RUE simple poussière, Enfin, quelques-uns sont toujours un fermés ct scellés, Même un certain nombre nous , une

apparaissent avec une palme où une ampoule de sang :

double emblème du martyre,

er les

Cependant, ce n’est Pas partout une série inintert au

=. rompue de sépulcres superpo sémi-

ss.“ De loin en loin les niches symétriques cessent.

On se trouve en présence ertes, . N ee — :

d'une espèce de tombeau arqué, assez large pour qu'un urons , :

: Corps humain puisse y être étendu À | mière

base, et donnant

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