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LE CANADA ET SON HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE

“ Nous reproduisons ci-après une lettre que vient d'adresser au Souverain Pontife un jeune prêtre canadien, Mgr C.-0. Gagnon, qui a accompagné à Rome Sa Grandeur Mgr L.-N. Bégiu, achevêque de Cyrène et coadjuteur de $. Em. le cardinal Taschereau. On y verra une nouvelle preuve de l'impulsion qu’a donnée aux études le grand Pape Léon XTIT.

“ Pour répondre aux intentions du Saint-Père, le cardinal Taschereau ne s’est pas contenté d'adopter la Somme de saint Thomas pour l’enseignement théologique dans son séminaire diocésain, À Québec : il à fait préparer de longue main une histoire ecclésiastique très élaborée de la Nouvelle-France, aujourd’hui le Canada.

& On comprend l'importance d’une pareille histoire, quand on sait que le Canada a été le berceau du catholicisme dans presque toute l'Amérique du Nord. Parmi les matériuux de cette histoire, il n’en est pas de plus précieux que la collection des Mundements et Lattres pastorales des ÆEvêques de Québec, qui remontent à

l’origine même de la hiérarchie au Canada. Cette

Ces

collection qui vient d’être publiée par Mgr I. Têtu et

Mgr C.-0. Gagnon, tous deux de l’archidiocèse de

Québee, forment six volumes in-8 ? très considérables,

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“Mgr Gagnon, actuellement occupé À

à faire des recherches dans les archives du Vatican, vient d'offrir

au Saint-Pôre un exempl

aire de cette collection, en lui adressant la lettre suiv

ante :

“A SA SAINTETÉ LE l’Ape L£ox XIII.

Très Saint-Père,

# Durant l'audience que Votre Sainteté a daigné

Le) accorder, le 27 de ce mois, à Mer Bégin, coadjnteur

au, Elle à bien voulu ET A | . :

sa présence les prêtres du Canada qui accompagnaient

Sa Grandeur, L'un d'eux a eu linsigne honneur

Votre Sainteté un ouv age auquel il a travaillé, je veux dire Les Mundements des Evêques de Québre (six volumes : 1659-1888).

du cardinal Taschere admettre en

d'entendre sigvaler À

“ La seule mention qu titre de eatte publication a

aru intéresser si vivement Votre Sainteté, que j'ai » J

cru rencontrer ses désirs en Lui offrant un exemplaire de cet ouvrage, sûr d'être en même temps agréable à Mgr Bégin.

‘“ La lettre de S. Em. le

ardinal Taschereau, adr sée aux deux colluborateu

esrs, Mgr Tétu et moi, fait ressortir l’importance de notre travail,

“ C’est avec un extrôme pl Mon approbation à limpor

Vous proposez de faire.

aisir, dit-il, que je donne , > que,

tante publication que vous

“ Le Souverain Pontife désire que l’histoire de l'Eglise soit de p'us en plus étudiée et connue, et tout le monde sait avec quelle munificence Sa Sainteté Léon XIIT invite tous les érudits à puiser aux incomparables trésors historiques du Vatican.

‘“ L'Eglise du Canada a ses trésors, et le travail que vous entreprenez en fera connaître une des plus riches parties.

# En lisant ces vénérables documents écrits par les anciens évêques de Québec, on comprendra leur zèle, leur dévouement apostolique, leur amour pour la France, plus tard leur inviolable loyauté envers l’Angleterre, et par-dessus tout leur union avec le $aint- Siège.

‘ L'on verra que, depuis les premiers jours de son existence, l’Eglise de Québec n’a cessé d’avoir les rapports les plus intimes avec l'Eglise de Rome, celle-ci se montrant toujours une mère vigilante et dévouée, celle-là unc fille respectueuse ct obéissante.

“Ces Lettres Pastorales diront aussi combien les évêques de Québec savaient partager les joies et les malheurs de leur peuple, avec queile sagesse ils le dirigeaient dans les crises si difficiles qu'il traversa, et avec quelle autorité ils administraïent l'immense diocèse confié à leur sollicitude,

“ Pendant deux siècles, l'Eglise de Québec a cru aux

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mêmes vérités, elle a été soumise À la même autorité : voilà l’éloquent témoignage que Ini rendra la publication qu'il s'agit de faire. (Vol. I, p, 7.)

“ Dès l'année 1660, le Vénérable François de Mont- Morency-Laval disait dans un apport fait au Saint- Siège sur l'Evôêché du Canada : Romanum ritum hic omnes sequimuür ; neque errores HU null abusus érrepserunt. (Vol. I, p. 21.)

“Trois ans plus tard, le même saint Prélat pouvait dire aussi: 4 Los Saints Conciles, celui de Trente particulièrement, Pour remettre efficacement la discipline

ecclésiastique dans sa bremière rigueur, n’ont rien

trouvé de plus utile que d’ordonner le rétablissement de l'usage ancien des séminaires, où l’on instruit les 11 . \

élèves dans les vertus et les sciences convenables à leur

état. A ces Causes... nous avons crigé et érigeons dès

à présent et à perpétuité un Séminaire pour servir de clergé à cette nouvelle église,” (Vol. I, p. 44.)

“La dévotion à la Saintc-Famille de Jésus-Marie- Joseph, que Votre Saiuteté vient de présenter au monde Comme une source de prospérité pour la société domestique et civile, a été établie dans Ja Nouvelle-France dès son origine par Mgr de Laval, et ÿ est restée florissante jusqu’à nos jours. (Règlements faits dar Mgr de Laval pour la Confrérie, 1665, (Vol. I, p. 6.)

“Un des successeurs dun Premier évêque de Québec,

Mer Briand, qui eut à gouverner l'Eglise du Canada dans les temps difficiles qui suivirent la cession de notre pays à l'Angleterre, faisait preuve de cet esprit de conciliation dont Votre Sainteté donne aujourd'hui de si grands exemples, “Nous devons certainement, dit-il à son clergé, soutenir les vérités de la foi, même au péril de notre vie, les prêcher ct en instruire les peuples ; mais il ne convient ni à la religion de le faire avec rigueur, ni à la gloire de Dieu de le faire avec mépris. Vous éviterez donc soigneusement de vous servir de termes offensants ct injurieux pour ceux des sujets du Roi, qui sont d’une autre religion ; ceux de protestants et de frères séparés seront les seuls dont vous vous servirez, lorsqu'il sera absolument nécessaire de le faire pour expliquer notre croyance. Une autre conduite ne ferait qu’aliéner les cœurs, troubler la bonne harmonie qui doit régner entre les anciens et nouveaux sujets, ne ferait pas de prosélytes, et pourrait engager le gouvernement à retirer la protection et la liberté qu’il veut bien accorder à notre sainte religion.” (Vol. II, p. 214.) “ Les conversations de Mgr Plessis avec sir Jamo:

Craig, gouverneur du Canada (1511), seront d’éternel: monuments de sa sollicitude pastorale et de son in cible attachement aux doctrines de l’Eglise,

“ Le Roi, disait le gouverneur, nomme aux cures

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Protestantes en Angleterre ot ici,

trouvent pas mauvais, Est-ce que vous prétendez

et les évêques ne le avoir plus d'autorité que l’évêque protestant ? ” ondait : L'évêque les règles de son église, je suis celles de la mienne, Or, l'Eglise catholique a toujours dél plus d'autorité que l'église & siens, Ki

Mgr Plessis lui ré] protestant suit

égué À ses prélats

inglicane n’en donne aux le gouvernement de

Sa Majesté veut du bien, comme je n’en doute pas, à l'Eglise catholique de ce pays, il faut ln maintenir

vous la tirez de là, vous « gio

dans ses principes, Si n faites un monstre, une relin bâtarde qui Participerait de Ja Catholique et de l'Anglicane, et ne serait véritablement ni lune ni

l'autre.’ ‘ Ces sentiments d’inaltérable dévouement à l'Eglise

, Chez des évêques placés aux confins du monde et très souvent dans l'impossibilité de recourir à Rome, se retrouvent

de la collection des docume

ot À ses enseignements

à toutes les pages nts Épiscopaux que J'ai l'honneur d'offrir À Votre Sainteté, Elle sait déjà le bonheur qu'ont éprouvé tous les catholiques du Canada en voyant cette étroite at const

ante union des évêques de Québec avec le Saint-Siège

si solennellement reconnue et récompensée par ]

a création d’un cardinal À Québec !

“ Daignez, Très Saint-Père, bénir nous restent À faire pour

les travaux qui compléter l'histoire ecclésias-

168 RCME £T JÉRUSALEM

tique du Canada, si glorieuse pour l'Eglise et le Saint- Siège en particulier,

# Nous travaillerons désormais avec un zèle d'autant plus ardent que Votre Sainteté a pris un grand intérêt à nos recherches, jusqu'à s'informer si nous avions consulté les archives du Vatican, et nous féliciter en apprenant que nous avions déjà commencé à y puiser,

“Je baise les pieds de Votre Sainteté et me souscris

bien humblement son fils très dévoué.

‘4 C.-0. Gaaxox, prôtre, & C'amérier secret de S. SN. Léjn XIIT. 1

‘ Rome, ler février 1892,”

Voici maintenant la lettre que Mgr Gagnon vient de recevoir de $. Em. le cardinal Rampolla, secrétaire d'Etat de S. $. Léon XIIT :

“ Illine Seigneur,

‘J'ai le plaisir de vous annoncer que le Saint-Père a reçu avec des expressions d’une satisfaction toute particulière l’exemplaire que vous lui avez envoyé de l'ouvrage intitulé : “ Les Mandements des évêques de Québec,” ct la lettre dont vous l'avez accompagné. Sa Sainteté, profondément reconnaissante de cet hommage

1—Mer Gagnon a été promu depuis à la dignité de Prélat de lu Maison du Page.

reux

estir

e Saint-

l'autant | intérêt

avions citer en r puiser.

souscris

vient de

icrétaire

int-Père in toute voyé de ôques de gné. Sa

ommage

Prélat de

filial, donne de tout cœur la bénédiction que vou sollicitée et fait des VŒuX pour que les tr pour but de compléter l’histoir soient le plus tôt possible

s avez AVaUX qui ont e de l'Eglise canadienne conduits À bonne fin.

“ En vous faisant cette communication, reux de me déclarer, av estime,

Je suis heuec les sentiments d’une

sincère

“ Votre très affectueux serviteur,

“M. Caron, Ramporza.

‘“ Rome 3 février 1893, ,

“A Mgr C.-O, GAGNox,

‘ Camérier secret de Sa Saint

"au collège canadien.”

Capit Cons comb,

Cor antiqu

Voi

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