‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 51 sur 101 · ALLER · texte numérisé non relu

ALLER

Sur l’éternelle métropole

Scintille la grande coupole,

Phare de l'horizon latin.

La croix d’or, sur qui tout se fonde, Apparaît, étoile du monde,

Depuis les jours de Constantin !

Il ne faut pas croire cependant qu’il faille absolument sortir de Rome pour fuir le bruit de la ville, la ch du jour et le souffle débilitant du sirocco

aleur

Une foule de jolies villas nous donnent, même en

plein hiver, l'illusion d’un printemps éternel,

Ce sont ici et IA des pares grandioses, avec des lacs naturels ou artificiels, des viviers ombragés de saules. pleureurs, et remplis de poissons multicolores, de casinos élégants ou plutôt des palais riches en œuvres d'art, dés nappes de gazon fleuri, des grottes, des cascades,

et de riants bosquets où le magnélia, le chêne vert, le

le

ba

absolument , la chaleur

t, même en É

ec des lacs de sauleses, de casivres d'art, cascades, ie vert, le

pin, le palmier, le cactus, le sapin, le laurier marient

leurs feuillages toujours verts. Parmi ces ravissantes =] .

villas, les plus renommées sont celles d’'Albani, de

Madame, de Ludovisi, de Médécis, de Mattei, Palatina, de Pamfili et de Borghèse,

de

Ces deux dernières priment toutes les autres,

La villa Pamfili, sur le Janicule, est À un mille de

la Porte Pancrace. Nous ne décrirons que celle-ci.

Vraiment, écrit M. E. Lafond, “ elle pl masses énormes de pins qui ont une v

aît par ses

égétation prodigieuse, et dessinent sur le bleu du ciel leurs é

parasols.

légants

“Quel arbre poétique et pittoresque que le pin! Il est à l’Italie ce que le palmier est à l'Orient : jil de ombre en laissant de la jumière:

donne ; il vous abrite sans cacher le ciel ; il est élancé comme une colonne, et se termine par une tente de soie verte, transparente

et frissonnante au vent ! ”

Deux fois, cette villa servit de quartier-général en 1849: d’abord aux républicains romains de Garibaldi, et à l’armée française commandée par Oudinot,

Enfin, après uu siège opiniâtre, héroïque, les Garibaldiens sont mis en déroute aux cris de: Viv Z'rançais ! Vive Pie IX!

ent Les

ROME ET J ÉRUSALEM

Au fond d'une allée, voyez-vous ce monument, en

marbre blane, couronné d’une croix ?

De]

J'y lis avec émotion l'inscription française suivante “Ici reposent les dépouilles mortelles des Français. Qui 3 ill Ont suecombé sur ce sol pendant la guerre de MDCCCXLIX. 50]

Philippe André, Prince Doria Pamfli. Par un sentiment de

Fiété chrétienne, Leur a éevé ce monument, L'an de grâce MDCCCLI. Le sixième du Pontiticat de Pie IX. SO] N'oublions pas de signaler l’incomparable prome- et nade en terrasse du Pincio. côt Le ravissant monticule est le Bois de Boulogne de plu Rome. Il est sillonné allées sablonneuses qui se ma croisent en tous sens ct s’enfoncent dans des bosquets lan ombreux pour s'ouvrir tout À Coup sur des parterres ter

émaillés de fleurs.

C’est le reudez-vous favori de 1

‘aristocratie romaine On y voit circuler les plus brill

ants équipages,

Vers. le soir, au moment où la fanfare militaire, qui n’a d’égale que la meilleure de Paris, commence ses Concerts, le Pincio présente un coup d'œil des plus animés. C’est un pêle-mêle charmant de prêtres et de

soldats, de moines et de financiers, de séminaristes et

d'artistes, de prélats et de ministres, qui se précipi-

tent de pa-tout vers le kiosque des musiciens et ne

s'arrêtent que pour écouter et applaudir, Du haut du balcon de marbre

qui entoure la plateforme du Pincio, le pano

‘ana est splendide,

onument, en

se suivante :

rançais. Qui [DCCCXLIX.

sentiment de an de grâce

ble prome-

oulogne de ses qui se 8 bosquets

parterres

e romaine, s, militaire, ommence | des plus tres et de aristes et * précipi-

ns et ne

la plate-

Rome tout entière est À nos pieds, avec ses dômes, ses palais, ses obélisques ct ses collines.

C'est d'ici que la majestueuse coupole de Saint-Pierre, illuminée où plutôt embrasée des derniers feux du soleil, produit l'effet le plus saisissant.

Silvio Pellico affirme que, contemplant un soir des sommets du Pincio le soleil couchant, qui revôtait d’or et de rubis le dôme de Saint-Pierre, il entendit À ses côtés une pieuse personne s’écrier : “Voilà les deux plus belles œuvres que l'univers ait vues sortir de la matière idéalisée: Dieu a attaché pour l’homme cette lampe dans le ciel ; l’homme a élevé À son Dieu ce temple sur la terre ! ”

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