‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 81 sur 101 · chapitre deuxième, bergers veillaient, d · texte numérisé non relu

chapitre deuxième, bergers veillaient, d

ans cette campagne, À la garde de leurs troupeaux, la nuit de Noël; ce brillant et pur éther à retenti des échos angéliques du Gloriu à excelsis. © plaine ! 6 Montagne de Be Vous pas tressailli de joie

L es

t thléem, n'avez en répétant ce mélodienx concert? Montes erultaverunt, (Ge, CXITI, 4.)

Avec quel enthousiasme nous Cchantons

l'hymne triomphale et les vieux « Noëls ”

qui empruntent À ces lieux un charme indéfinissable !

Tout le village était sur pied. Les bergers vêtus de peaux de brebis, comme leurs ancêtres — levaient la our voir passer les Frangi (les Fr de ce muet hommage, nou

tête ] ancs). Flattés s reCoOMmmencons en fau

bourdons les cantiques de tout

à l'heure :

“°C, bergers, assemblons-nous..……..

“ Nouvelle agréable... À “ Les anges dans nos Campagnes...

Au delà du champ de Booz,

la Grotte des Pasteurs. — C’est ici, suivant latr

qu'un ange leur annonça la

(S. Luc, IT, 11).

nous descendons dans

adition, naissance du Messie Notre excursion était terminée, Allègres et Joyeux, nous r

eprenons le chemin de Bethléem à

Puis, ayant prié une dernibre fois à la sainte

ROME ET JÉRUSALEM Grotte, nous courons à d'autres émotions et à d’autres su venirs.

Aux portes de la ville, faisons halte à la citerne de David, “ si fameuse précisément parce que David na pas bu de son eau.”

Qui ne se appelle cet incident, à la fois simple et sublime, qui marqua le début de la guerre contre les Philistins ? Pendant que ces terribles ennemis du peuple de Dieu occupaient Béthléem, le jeune roi se trouvait, à la tête de ses troupes, près de la caverne d'Odollam. David eut soif et dit: & Oh! si quelqu'un pouvait me donner de l’eau de la citerne qui est aux portes de Bethléem !” Trois de ses plus vaillants soldats (Jesbaam, Eléazar et Semma) partent aussitôt, puisent de Veau et l’apportent au roi, Surpris d’un tel dévouement, David ne veut pas boire. L’offrant en libation au Seigneur, il “écrie: “A Dieu ne plaise que je fasse cette faute en sa présence et que je boive le sang de ces hommes qui, au péril de leur vie, m'ont apporté de l'eau!” (Paral. 17-19).

De la citerne de David, nous nous élançons à cheval par monts et par vaux dans la direction des Vasques de Salomon.

Quel pays accidenté ! Jamais la Palestine, toute héris-

sée de montagnes, H'auTa de routes carrossables. Par

bouheur les chevaux à abes accomplissent des prodiges,

, ‘n& s et à d'autre

à la citerne de que David na a fois simple et nerre contre les nemis du peuple , roi se trouvait, ne d'Odollam.

un pouvait me t aux portes de nts soldats (Jessitôt, puisent de h tel dévouement, it en libation an aise que je fasse ive le sang de ces

n'ont apporté de

A tr élancons à cheval

tion des Vasques

lestine, toute heris-

LAS carrossables. Par

issent des prodige,

La bride sur le cou ot les rênes au vent, gui

üs par leur instinct, infatigables, ils sc

aladent ou descendent rs rocailleux et taillés à pic.

A une demi-heure de marche

sans broncher des sentie

, Nous laissons À gauche le mont des Francs qui ressemble À

tronqué, Te mont des Francs Dame ! comme pour ]

Un immense cône » qu'est-ce À dire? = a citerne de David, on lui donne ce nom probablement parce que les # Frances n'y sont Jamais allés !...” Et Pourtant, on raconte dans le pays que les Frangi s'y défendirent encore longtemps après

la chute du royaume latin. Mystère, Sur le penchant des collines qui se déroulent et se croisent en tous sens devant vous, voyez-vous ces vergers Hanqués de leur antiques tours de garde ?

Le fait est qu’on ne peut pas prendre trop de préaudeurs et surtont les Bédouins,

L'usage des tours de sarde = en]

autions contre les mar

en Orient date de loin.

Le prophète Isaïe ÿ fait allusion (Is V, 2). Notre-

Seigneur y trouve le sujet d’une de ses plus belles paraboles, Un homme, dit-il, planta une vigne, l’enferma

d'une ‘haie, et il y Lbâtit une tour... (S. Mare, VII, 1)

Ici encore les souvenirs bibliques se pressent et nous ravissent, Nul mieux que Boulfroy ne

, ses,

les a conden- “ D'abord, c'est l’hortus , Le fameux jardin réservé dont Salomon avait

Ouvrons ce riche écrin.

conclusus

fait un séjour enchantaur, où croissaieat en ao ilance

les fleurs les plus embaumées, les plantes et les arbres les plus rares. Au rapport de Jostphe, ce prince avait coutume tous Îles matins, prüna Luce, de venir à son jardin, monté sur un char, vêtu de blanc et entouré de ces beaux jeunes hommes qui composaient si garde,

& Cet aquedue qui bravé les siècles est encore l'œuvre du grand roi. Ce Louis XEV des Juifs ne reculait devant aucun sacrifice pour embellir la capitale du peuple de Dicu, et comme l'eau ÿ manquait, 1l la ft venir du fond du désert au moyen dun canal ouvert, alimenté par d'immenses réservoirs appelés encore Vasques de Salomon, Ce sont trois vastes piscines crensées dans le roc et se déchargeant l'une dans l’autre. C’est ‘À que Îles Croisés venaient puiser de l'eau pendant le siège de Jérusalem, À une distance de trois lieues...

« À quelques pas plus loin, on montre l'orifice d'une source souterraine appelée Fons signatus, fontaine ceellée. Dans les régions brûlantes de l'Orient, l'ean est une des choses Îles plus précieuses. Aussi l’histoire nous parle-t-elle de sources excellentes, réservées À l'usage exclusif du souverain, et dont l'entrée portait le sceau royal, notamment en Perse. Et ilest bien probable que l’eau de cette fontaine ne sel rait qu'à cour de Salomon. On ne la voit pas sourdre ; mais, el

prètant l'oreille, on l'entend murmurer ul fond de là

grotte d'où s'exhale une fraicheur délicieuse : elle

tes et les arbres , ce prince avait de venir à SOI ne et entouré de dent sa garde.

deles est encore IV des Juifs ne nbellir la capitale ÿ manquait, il la oven d'un canal éservoirs appelés sont trois vastes déchargeant Fune 44 venaient puiser

sn, À une distance d 9

ntre orifice d'une signatus, fontaine 4 de l'Orient, Peau s, Aussi l’histoire lentes, réservées À nt l'entrée portait se, Et ilest bien ,ne servait qu'à R 4 sourdre ; mais, € urer au fond de la

ur délicieuse : elle

conserve aussi quelque chose de mystérieux,

parfaitement en harmonie avec la source du Cantique des

cantiques.…..

“ Quels souvenirs !... Et comme il fait bon les

recueillir un à un, la Bible à la main, en parcourant cette terre unique au monde, terre sainte par excel-

lence !”

Cependant, un autre pèlerinage — celui de Saint- Jean-dans-la-montagne — nous réservait de nouvelles émotions,

En effet, À deux heures de distance, il existe un village, Aïn-Karim, pauvre comme Bethléem, mais également illustre. Une grotte fait la gloire de Bethléem, une grotte fait aussi la gloire de ce

pays.

Bethléem a retenti du Gloria in excel

sis ; ce village a tressailli aux chants du Benedictus et du Maynificat. Bethléem a vu naître le Christ, Aïn-Karim, le Précurseur du Christ... Et si tous les pelerins ont À cœur d'aller visiter le berceau de saint Jean-Baptiste, combien plus les Canadiens qui saluent dans “le plus grand des enfants des hommes” le glorieux patron de leur lointaine patrie !

Le parcours de Bethléem à Aïn-Karim est des plus

Pittoresques. Ce sont partout des collines légèrement

ondulées, avec des pics escarpés, des gorges ]

rofondes,

FOME ET JÉRUSALEM

ou bien des plateaux eultivis et bordés de ravins où

lominc

croisent les vignes, Enfin, sur un mamelon qui de sombres vallées, on découvre le village tant désiré : Aïn-Karim,

Après une courte visite au monastère des excellents Pères Franciscains, nous allons à l'église qui s'élève au-dessus de la maison de Zacharie. Elle est à trois nefs séparées par de lourds piliers, et des carreaux de faïence blanche à dessins bleus couvrent les murs.

Cependant, nous nous hâtons de descendre dans la grotte de la Nativité de Saint-Jean, Sur une plaque, enchâssée dans le pavé, nous lisons : Hie præcursor Domini natus est. “Ici, le Précurseur du Seigneur est né” Oui, ici même naquit l'enfant miraculeux qui fut le prophète du Très-Haut: “Et toi, petit enfant, tt seras appelé le prophète du Très-Haut, car tu marcheris devant la facedu Seigneur pour lui préparer les voies.” — Avec quel entrain nous chantons ce verset et tons les autres du Benedictus ! Notre émotion grandit encore quand nous aperçumes le remarquable tableau de saint Jean-Baptiste, qu'exéeuta notre compatriote, M. Ro.

C'était la patrie qui maintenant passait devant nous, la

patrie avec ses souvenirs, ses luttes, ses gioires ous

& O) notre histoire, écrin de perles iunorées, “ Je baise avec amour tCs pages vénérées Î!

1—La légende d'un pe uple, par M. L. Fréchette.

, de ravins où on qui lominc

Lt re tant désiré :

, des excellents ise qui s'élève Elle est à trois les carreaux de t les murs.

cendre dans la Sur une plaque,

Hie præeursor ir du Seigneur k miraculeux qui , petit enfant, tu ear tu marcheras parer les voies.” e verset et tous n grandit encore tableau de saint atriote, M. Rho.

t devant nous, la es gioires !..…

wnorées, nérées Ï!

‘chette.

Placé sous la protection de celui

qui « été en Pales tinc le Précurseur de Jésus-Christ, le ( Précurseur de Ja foi ol

anada à été le Amérique, La naissance de

notre patron national à été sainte : notre naissance,

comic pouple, l'a été aussi — dans 1

à personne des Champlain, des Laval, des

Marguerite Bourgeois et

des Marie de l'Incarnation, La vie de cet homme extraordinaire a été rude, tourmentée ot couronnée par

le martyre, de même, pendant un siècle, ln vie des

colons canadiens a été pénible, agitée, et les martyre

ne nous ont point manqué...

“0 registre immortel, poème éblouissunt !

sus ELLE LEE ETES PET CCOREETETET LEE LEE EEEENNRNERS

“Los gloires d'autrefois, comme elles sont sereinos

“ Et pures devant vous, vertus contemporaines 1 1... À nous, il appartient d'êtro toujours dignes de nos ancêtres : noblesse oblige !

Reprenant nos montures, nous nous

le désert. Toutefois, au bas du village, nous nous

dirigeons vers

arrèétons près d’une fontaine monumentale, dont les eaux abondantes servent aux habitants d'Aïn-Karim à arroser les jardins potagers qu'ils cultivent en terrasse sur les flancs de la montagne. Nous sommes agréablement surpris de trouver une souree limpide, des arbres fruitiers, des champs ensemencés, des v

ignobles On he

1—Ibidem,

RE mage ar

ME PE Ya mare gran ondnt mar

se croirait pas à deux lieues seulement de Paride Jérusalem. Les chrétiens ont donné à cette tontaine le nom de ln Sainte- Vierge, parce qu’on pense que l'épouse de l'humble Joseph dut souvent y puiser, pendant les trois mois qu’elle séjourna près de sa vieille parente. Les musulmans en ont fait un lieu de prière.

& A a distance d’un quart de lieue, sur le penchant de la colline, dans un site agréable, est le sanctuaire de la Visitation, ainsi nommé de la rencontre de Marie et d'Elisabeth, dans laquelle fut dévoilé Le mystère de

l'Incarnation qui allait changer la face du monde.”

Ici, par conséquent, la sainte Vierge, dans un

transport divin, gloritia le Seigneur par le plus sublime des cantiques : Magnificat anima mea Dominum ! — Et nous de chanter en chœur cette hymne céleste qui ne nous a jamais paru plus douce, plus suave et plus belle.

Le sentier qui conduit au désert est étroit, raide, & montant, malaisé.” Ilsuit les capricieux contours de la montagne et domine la profonde vallée de Térébinthe.

Et nous arrivons ainsi au rocher de Saint-Jean- Baptiste ; du haut de cette éminence, le Précurseur, selon la tradition, annonça la prochaine venue du Messie, disant : “ Faites pénitence, car le royautne des

cieux approche !?

ent de laride cette fontaine lon pense que vent y puiser, na près de sa

- fait un lieu de

sur le penchant at le sanctuaire contre de Marie &le mystère de du monde.”

ierge, dans un le plus sublime , Dominum ! — rmne céleste qui

us suave et plus

st étroit, raide, cieux contours

fonde vallée de

* de Sunt-Jeane, le Précurseur, haine venue du

r le royaume des

Continuant notre course vertigineu à la grotte de Saint-Jean — sombre caverne mesurant quinze pieds de profondeur et dix de large solitaire y mena une vie d'austérités et de effrayante pour notre faiblesse.

se, NOUS parvenons

eur, Le saint mortifications, Au fond de la grotte, un banc de rocher a bien pu lui servir de lit,

Enfin, à quelques pas nous allons visiter le tombeau

de sainte Elisabeth, La sainte épouse de Zacharie, pou r avait rejoint son fils :

bientôt après il lui fermait les yeux et l'ensevelissait dans une cavité voisine,

adoucir les ennuis du veuvage,

Oh ! que de souvenirs peuplent cet antique désert

de Judée ! Il nous eût été agréable de les savourer plus longtemps sur place, mais le soleil baisse ra

pidement.., Retournons en toute hâte À Jérusalem.

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