ROME ET
avec quelle tendre Supplication nous disons
au souveain Juge de se souvenir de nous dans sa iniséricorde : Recsrdire, Jesu pie, Ne me perdus illa die !
Et cette prière pleine despé
alice, nous la faisons curieuse coïncidence — près
de lendroit traditionnel où l’Iscariote, lui, se pendit de désespoir...
Voyez-vous, du côté opposé, 1
C'est 1à qu’Athalie fut égorgée, l Christ,
a colline d'Ophel? — ’an 870 avant Jésus-
Qu'importe qu'au hasard un sang vil soit versé! … Les rois dans le ciel ont un juge sévère, L'innocence un vengeur, et l’orphelin un père!…
Et comme pour donner une suite À ces lugubr
venirs, le mont du Scandale distance.
es soUnous apparaît À quelque Sur son sommet abrupt, S
alomon, à l'heure La La de ses égarements, dressa, hél
as ! des autels aux idoles..
Par bonheur, la vue de Ja Font
aine de Siloé, au pied du mont Ophel, nous arrac
he un instant À ces sombres pensées. Les Arabes l’appellent “ Fontaine de Notre- Dame Marie,” parce que la Sainte Vicrgc puiser souvent peudant son sé Siméon ;
a dàû y venir jour chez le vicillard c’est la seule de la ville.
Le pblerin aime À tremper ses lèvres dans ce
$ Sources mystérieuses Murmurent au fond des vallées
qui le nom de Celle qui est
pour nous le canal de la grâce.” —Il faut descendre trente-deux marches pour atteindre la nappe liquide qu'on dirait soumise à un mouvement de flux et de reflux.
La fontaine de Siloë alimente un riant vallon, l’ancien “ jardin du roi,” et “ l’étang de Salomon ” converti en potager. C'est 1à seulement qu'on trouve autour de Jérusalem un peu «le verdure et de fraîcheur.
Milton, Dante et Lamartine ont chanté tour à tour la célèbre fontaine que le Seigneur fit soudre à la prière d'un prophète :
Les flots de Siloé te disent scs miracles.
L'un des plus éclatants est la guérison de l'aveuglené, ‘Va, lui dit Jésus, Jave-toi dans la seine.” IT y alla et recouvra la vue (S. Jean IX, 1-34.) — La fontaine de Siloé était l'emblème de la grâce divine, et surtout du sacrement de Pénitence qui lave et purifie les âmes.
Pourquoi faut-il que tout à côté nos fronts s’assombrissent de nouveau au souvenir d’un crime révoltant 1 C'est là, dans ce champ, que l'impitoyable Manassès fit périr le plus g and des prophètes, Isaïe, surnommé le 4 cinquième évangéliste.” À l'extrémité de la vallée de Josaphat, nous visitons le puits de Job ou de Néhémie, à jamais célèbre depuis le miracle du feu sacré. At moment de partir pour la captivité de Babylone, les
JIébreux, Sur l'ordre de Jérémie, cachèrent dans ce
1 faut descendre a mappe liquide nt de flux et de
ut vallon, l’ancien mon ” converti en trouve autour de raîcheur.
hanté tour à tour
t soudre à la prière
8 miracles.
rison de l’aveugle-
as la 5 seine.” Il y
-34.) — La fontaine
» divine, et surtout
et purifie les âmes.
nos fronts s’assom an crime révoltant * oyable Manassès tit Isaïe, surnommé le mit ê de la vallée de Job ou de Néhémie, du feu sacré. At té de Babylone, les
H s CC eachèrent dan
puits le feu sacré du temple, ( 70 ans plus tard, les petits-fils de enfoui ne trouvèr
Jr, quand ils revinrent s prêtres qui l'y avaient ent qu'une eau bourbeuse.
commanda de faire avec cette ‘au des aspersions sur les sacrifices. Soudain le soleil jusque-là caché darda
ses rayons ct alluma un grand feu (II Macchabées, 1).
Néhémie
Nous entrons maintenant dans la lugubre vallée de abomination où coula longtemps
le sang d’innocentes victimes, Les indignes disciples de Moïse avaient élevéici une statue d’airain À Moloch, “cet horrible roi, souillé de Sang, qui boit les pleurs
des mères, tandis qu'on entend le fracas des tambours
étouffer les cris des
flammes À l’affreuse idole.”
la Géhenne — lieu d’
et des cymbales sonores, pour enfants offerts au milieu des (Milton).
Géhenne signifie tarnage ; depuis le Christ, ce mot est synonyme d'enfer.
Indiquons sommairement les endroits les plus inté-
ressants de cette morne solitude.
D'abord, la grotte sépulerale connue sous le nom de
“retraite des huit apôtres,” attendu qu'ils vinrent y
chercher un refuge pend
ant la Passion, = Un peu plus loin, le champ d’ITaceldama, ache deniers de Judas : il est inculte, d'ossements blanc
té avec les trente aride et couvert
his. — Au midi, se dresse le mont du
400 ROME ET JÉRUSALEM Dans lu maison de campagne qu'y
Mauvais Conseil.
ns décrétèrent la mort de
U ssédait Caïphe, les pharisie Jésus, Eutin, un peu
. .! e rassasiés d'émotions,
fatigués de cette longue course ct
nous rentrons à Jérusalem, méoles d’un observateur chrétien :
ditant ces profondes par ands sou-
âmes sont pour les corps, les gr
le sont pour les lieux ; ils les spiritualisent, ils
ysionomie morale qui tient plus de
« Ce que les venirs leur donnentune ph l'idéal que du réel. C'est pourquoi les paysages histoonde, tout stériles et arides qu'ils
riques du vieux n nt plus que Îles splendeurs
sont, intéressent infinime
tables de notre Occident and défunt parle encore.”
vér Un monde est enseveli dans cette poudre, et ce gr x*%
xercice publie du chemin de
Le dix murs, après le
a croix, nous avons assis , à une seène ori inale : ] jx, nous avons 48 té À une seène origli le cl
navrante tout à la fois ? je veux parler des pleurs des
di de chaque semaine, | de l'angle nord-
Juifs. — Le vendr es malhet-
e réunissent pr
reux fils d'Israël de l'ancien temple de
ouest de la grande enceinte et là, debout ou accroupis, de mur qui doit avoir ils donnent libre cours À
Jérusalem, la figure tournée vers un pal appartenu à la etion salomonienne,
consti Longtemps ils se contentent
leur immense douleur.
| y Q 10res , : r C lai de murmurel leurs prières sur un mode doux et pu:
, * campagne qu \
vent la mort de
nue course et
Jérusalem, mé-
vateur chrétien :
, les grands souspiritualisent, ils qui tient plus de s paysages histo- , et arides qu'ils e les splendeurs onde est enseveli
nt parle encore.
lie du chemin de eène originale tv!
ler des pleurs «des ine, les malhet-
de l'angle nordincien temple de s, la figure tournée ir appartenu à la sent libre eours À 3 ils se contentent
ode doux et plain
ROME ET JÉRUSALE M 401
tif: c’est une mélopée t
ainanté, mélancolique, Purtois quelque vieux rabbin chante los Jérémie, les psaumes de D
Lamentations de avid où qnelques prophéties
sur la ruine de la ville et du temple. Puis le rabbin
s'écrie : # À cause du palais qui est dévasté ; À cause
du temple qui est détruit ; À cause des mura qui sont
abattus, de notre majesté qui est passée, de nos grands
hommes qui ont péri, ete.” — Et à chaque exclamation
le peuple répond : “ Nous sommes
assis solitairement et nous pleurons ! ”
Quand le rabbin se tait, les hommes S'approchent
de la muraille, la couvrent de baisers et de ]
armes, et la dolente psalmodie est reprise
avec un accent suppliant, désespéré ; tous ensemble ils prient en balan-
sant latête et le buste Par Un mouvement cadencé.
Tout à coup ils “litent en sanglots ct poussent des cris de détresse en collant leurs lèvres et leurs fronts sur ces pie ils vénèrent mais que Dieu a maudites,
Quelle pitié !
Comment ne pas plaindre ce malheureux peuple * patrie et sans autels, ce peuple, rejeté de Die
8 u et des hommes, et dont le Seigneur à dit : “ Votre douleur est incurable ; c’est À Cause de la multitude de vos péchés que je vous ai traités de la s rte ?° AXX, 15.)
(Jérémie,
Le lendemain, nouvelle exploration des environs de Jérusalem. Il nous tardait de visiter la grotte de Jérémie, qui retentit jadis des Lamentations du Voyant, “O caverne déserte et sombre, tu peux rester muette aujourd’hui ! Tu as fait retentir au loin les plaintes les plus éloquentes que le ciel ait inspirées et que laterre ait entendues. La grande voix qui sortait de tes flancs pour chanter les désastres de la patrie n’est pas éteinte : l'Eglise l’a empruntée pour pleurer jusqu’à la fin les ruines morales etles malheurs spirituels ! 7?
Cette illustre caverne, gardée par un derviche quelconque, mesure 40 pieds de hauteur et 70 de profondeur.
A quarante minutes de distance, voici le tombeau des Juges dont l’entrée est vraiment monumentale. En dépit de son nom, ce majestueux hypogée n’a probablement servi À aucun des quinze Juges d'Israël. I1 faut en dire autant du tombeau des Rois qui est à une demi-lieue de la porte de Damas. Précédé d’un large vestibule au-dessus duquel règne une frise d’une délicatesse et d’un goût exquis, ce palais de la mort est sans contredit le plus beau qui existe autour de la Ville Sainte; mais, à vrai dire, il n’a de royal que le nom : seuls les membres les plus influents du Sanhédrin vinrent y dormir leur dernier sommeil.
A notre retour, nous passons au pied du mont
Scopus, théâtre de la mémorable rencontre du grand-
les environs de r la grotte de mentations du nbre, tu peux retentir au loin iel aît inspirées rande voix qui désastres de la mprantée pour etles malheurs
à derviche quel- 0 de profondeur.
i le tombeau des numentule. En ogée n’a proba- Juges d'Israël.
s Rois qui est à , Précédé d’un e une frise d’une ais de la mort est ste autour de Ja , de royal que le nts du Sanhédrin
à pied du mont
contre du grand-
prêtre Jaddus et d’Alexandre-le-Grane. Et puis Nabuchodonosor, Sennachérib, Vespasien, Titus \éé Sarrasins et les Croisés ont tour À tour dressé Eu tentes sur cette colline. Ah! les noms héroïques dés Tancrède, des Raymond, des Richard, des Eustache + des Golefroy nous font alors tressaillir. Et no rappelant l’entrée triomphale des soldats francais \
Jérusalem, le 15 jui £ , le 15 juillet 1099, nous nous surprenons À
LA LA n Ÿrépèter avec eux: ‘ Dieu le veut! Dieu le veut ! La Ville Sainte est à nous ! ”
k*% Le douze mars était le jour fixé pour notre excursion 4 So à la mer Morte et au Jourdain, — A midi et demi. nous Ne ele + montons à cheval et quittons Casa-Nova, protégés par (= 1e à n& to Var a 1 ?
uneescorte. Certes, cette précaution n’est pas superflue Le désert, que S ] :
: nous dev avons rt: 08 de 0 ous devons traverser, est parcouru par des tribus nomades de Bédouins habiles à détrousser les voyageurs sans défense. Que voulez-vous ? le Bidouin ? Q 19 ni à e LU É n'est pas riche; comme le Klephte où l'Armatole des Orientales, il titre a pour tout bien, l'air du ciel, l’eau des puits Un beau fusil bronzé par la fumée, et puis La liberté sur la montagne, F Notre drogman est encore le brave Marcos, et un soldat ture, Mouss1} (Moïse), ouvre la marche, la lance au poing,
Traversant le Cédron, nous laissons, à gauche, le mont des Oliviers, l’humble village de Béthanie, et là-bas, au fond d’une gorge, nous faisons halte à la fontaine des Apôtres, la seule qui existe de Jérusalem à Jéricho, On l’a appelée ainsi parce que Notre-Seigneur et ses disciples ont dû nécessairement s’y désaltérer bien souvent, en passant dans ce vallon.
Nous continuons à descendre : la mer Morte, voyezvous, est à 3,000 pieds au-dessous du plateau de Sion. La chaleur devient suffocante. Vers trois heures, nous chevauchons à travers la plaine où Ibrahim-pacha battit un jour les Bédouins. A la moitié de notre étape, nous arrêtons au khan ou caravansérail — hôtellerie bizarre construite avec les débris d’une forteresse du moyen âge. — On place ici la parabole du bon samariain, que plusieurs interprètes considèrent comme une histoire véritable.
Enfin, au détour de la montagne, nous apercevons à
notre droite la mer Morte, dont les eaux dormantes
réfléchissent les rayons du soleil comme un miroir
métallique. Devant nous, au milieu dè l’immense
plaine, ce petit village est Jéricho.
A notre grande surprise, nous trouvons ici de la verdure : fougères en fleurs, champs cultivés, moissons
jaunissantes ; la vie reparaît. Et pendant que des
s, à gauche, le le Béthanie, et sons halte à la e de Jérusalem Notre-Seigneur t s’y désaltérer Le r Morte, voyezlateau de Sion.
is heures, nous Ibrahim-pacha de notre étape, rail — hôtellerie 1e forteresse du du bon samarient comme une
us apercevons à aux dormantes nme un miroir
dè l'immense
vons ici de la
Itivés, moissons
ndant que des
LÉGENDE
pe === ,e . . | Jéricho, cet ancien séjour royal, n’est aujourd’hui qu'un misérable groupe de cabanes À peine assez élevées pour s’y tenir debout, et habitées par environ
800 individus, cemme à Naïm, de l’aspect le plus sauvage. Jéricho a porté longtemps le nom de Ville des Palmiers, Les palmiers ont disparu ct on ne | voit plus à la place que des buissons et des arbres |: |épineux.
| Le climat y est très doux et les eaux abondantes. Si on utilisait ces eaux, elles feraient produire à cette |
terre, déjà si naturellement fertile mais presque en-! |tièrement inculte, les fruits les plus variés Pour. se faire une idée de la fertilité du sol, il suflira de dire qu’un pied de vigne, Âgé de 42 ans, mesure près du sol sept pieds et sept pouces de circonférence : | il se Civise ensuite en 4 fortes branches. Cutte vigne gigantesque donne jusqu’à trois mille livres de raisin par an ! | On peut visiter, à Jéricho, l'emplacement de la | maison de Zachée où Notre-Seigneur reçut l’hospi. | talité et qui devint plus tard une église, mais dont | il ne reste plus aucun vestige (Guide Tndie.). | |
| . . . + | Dans les environs de Jéricho, la Fontaine d’Elisée |
est une des plus belles sources de la Palestine. |
Les environs de cette ville étaient aussi célèbres |
|autrefois, à cause de la Rose de Jéricho, dont PEsprit-|
Saint lui-même a fait l'éloge.
œ re er) ul a w D >
"OHDINAT 44 ANA
EAN SG Teresa tatin ae sv de «
pe PT er au cales de dé nbsp ire
hirondelles planent majestueusement
au-dessus de nos têtes, du sein des buissons épineux qui bordent la route, tout un peuple de petits oiseaux nous charme par le plus doux ramage. C’est presque aussi poétique
que le Printemps d'André Chénier :
L’Alcyon sur les mers, près des toits l’hirondelle, Le cygne au bord des lacs, sous les bois Philomèle.
À Jéricho nous logeons au Jordan IHitel,
Jéricho (Le parfum) n’est plus la cité des palmiers et des roses, € dont les senteurs embaumées lui v le nom qu’elle porte, et que les Ars
abes lui ont conservé dans leur idiome, Æ! Riha : ce n’est plus une ville
forte dont un miracle renversa les hautes mur
alurent
alles et les bastions formidables ” ; aujourd’hui, hélas ! c’est un misérable village, avec des huttes À toits larges et plats, et une population sordide, dégoûtante. Môme les ruines de l’opulente cité out disparu ; À peine peuton indiquer, À l’ouest, l'emplacement probable de la maison de Zachée. Il va sans dire Qu'il n’y a plus de trace du fameux sycomore dans lequel le chef des publicains était monté pour voir passer Jésus.
Ce soir, j’allai réciter Matines sur le balcon supérieur du Jordan Hotel. Quel panorama grandiose !
Au-dessus de dunes blanchâtres s'élèvent à une hau-
teur de 3,000 pieds les montagnes de Moab, aux falai-
ses taillées à pic. Le point culminant de cette chaîne
bizarre est le Nébo, sur lequel mourut Moïse. Un peu plus loin, la mer Morte s'eupourprait des derniers rayons du soleil, comme pour rappeler citte mer de feu et de souffre qui engloutit là les villes coupables. Enfin, à notre droite, la vue peut se reposer doucement sur le mont de la Quarantaine, illustré ct sanctifié par le jeûne de Notre-Seigneur. — Muis les ombres ct la fraicheur de la nuit nous forcent bientôt à battre en retraite.
Le lendemain, au saut du lit, nous partons en caravane pour la mer Morte, que les Grecs et les Romains surnomment : “lac Asphaltique.”
La route serpente péniblement au travers des broussailles, des buissons, des touffes de soude et de quelques plantes grasses qui croissent ça et là sur cette plage foudroyée. A mesure que nous avançolis, le sol se couvre d’une couche de plus en plus brillante de sel cristallin.
La chaleur est accablante et l'air fétide. Il est éloigné le temps heureux où cette plaine — la vallée des
bois — ressemblait au “Jardin du Seigneur ” :
Et le vent soupirant sous le frais sycomore Allait tout parfumé de Sodome à Gomorrhe.
La seule distraction qui rompt de temps à autre la monotonie de cette course fatigante, est le chant des
aloucttes, invariablement accompagné d’un vol des
Moïse, Un peut t des derniers r citte mer de illes coupables.
oser doucement et sanctifié par es ombres et la tôt À battre en
partons en caraet les Romains
avers des brousle et de quelques sur cette plage nçons, le sol se
brillante de sel
ride. Il est éloi- » — la vallée des neur ? :
œ Lo]
y comore xomorrhe,
temps à autre la est le chant des
né d'un vol des
plus amusants, Ainsi ces gentils passereaux veulentils faire entendre leur voix si douce,
si belle, ils quittent brusquement le buisson
» Montent verticalement et des-
dendent de même—ne chantant Jamais au repos ni sous la feuillée
Enfin, après une chevauchée de deux heures, nous
atteignons le lac maudit — “ Je grand lac de la colère
de Dieu.”
Tout le monde connaît, par la Ge
nèse, le terrible châtiment que le Seigneur infligea aux villes corrom.
pues de la Pentapole, parmi lesquelles se distinguaient Sodome et Gomorrhe.
Parmi les profanes, nul n’en à tracé un tableau plus saisissant que Victor Hugo daus les Orientales :
La nuée éclate!
La flamme écarlate Déchire ses flancs, L'ouvre comme un goutfre, Tombe en flots de soufre Aux Palais croulants,
Et jette, trembiante,
Sa lueur sanglante
Sur leurs frontons blancs.
Gomorrhe! Sodome!.
De quel brûlant dôme
Vos murs*sont couverts !...….
Sous chaque étincelle Grossit et ruisselle Le feu souverain.
ALEREELEECEEEENENENNN RENTE
Vermeil et limpide,
Il court plus rapide Qu'un cheval sans frein; Et l’idole infâme, Croulant dans la flamme, Tor ses bras d'airain !
Le peuple, hommes, femmes
Court... Partout les flammes
Aveuglent ses Yeux ;
Des deux villes mortes
Assiégeant les portes
A flots furieux,
La foule maudite
Croit voir, interdite,
L'enfer dans les cieux !
Le feu fut sans pitié! Pas un des condamnés Ne put fuir de ces murs brûlants et calcinés. Ainsi tout disparut sous Le noir tourbillon, L'homme avec la cité, l'herbe avec le sillon !......
L'eau de la mer Morte est limpide, mais épaisse,
ambre, âpre, corrosive et excessivement salée; elle offre
une grande résistance aux Corps qu’on veut y plonger.
Nous en avons fait l'expérience en prenant un bain. A notre surprise, nous paraissions aussi insubmersibles que des morceaux de liège. Cependant il ne faut pas prolonger le bain trop longtemps : la peau se couvre de taches livides, et d’efflorescences salines comme un mur salpôtré. De plus, on éprouve d’assez vives douleur: qui ne disparaissent qu'au bout de deux ou trois
heures.
nes
PTT EEE ELLELELEEE
ndamnés
alcinés.
illon,
sillon |...
e, mais épaisse, ; salée; elle offre \ veut y plonger.
menant un bain.
si insubmersibles ant il ne faut pas peau se couvre (le $ comme un mur z vives douleur:
e deux ou trois
Le lac a 25 lieues de longueur et 4 À 5 del
argeur, Allons au plus tôt sur les bords du Jourdain.
#*% Les rives de ce fleuve fameux forment une délicieuse oasis au milieu du désert, Elles présentent une double rangée de tamaris, d’acacias, de peupliers, se mêlant aux jones, aux saules et aux roseaux.
Le Jourdain prend sa source an pied du Grand- Iermon, dans l'Anti-Liban, traverse le lac de Thibériade, et, après de nombreux méandres, il za se jeter dans la mer Morte. Son parcours est de quar: nte lieues, Ce fleuve est extrêmement rapide, vu qu'il # une pente moyenne de 24 pieds par lieue, En effet, ses sources sont à 800 pieds au-dessus de ln Méditer ‘anée, et son embouchure a 1340 pieds au-dessous.
Or, “où trouver un fleuve plus illustre que celui-là, et, comme lui, consacré par une sorte de présence sensible de la Trinité? Car, sur ses bords, la voix du Père se fit entendre, le Saint-Esprit se fit apercevoir, et le Fils fut baptisé 1,”
Et que d’autres prodiges S'accomplirent ici! A ln prière de Josué, d’Elie et d'Elisée, le Jourdain suspend sa marche, comme jadis Ja mer Rouge, et livre passage
à ces grands serviteurs de Dieu et à son peuple, Æ4 tu
mt
1—$, Bernard,
ù Jordanis, quia conversus es retrorsum ?— Plus tard, |
saint Jean, le Préeurseur, baptise, dans les eaux de ce RO 6 fleuve, ses disciples d’abord, puis Notre-Scigneur Jésus- { ph Christ lui-même. (
C'est là où nous nous rendons, là où la tradition
| : 4 place le ravissant mystère du baptème de Jésus. Nous U d mettons pied À terre,.et, comme une violente averse Û nous empêchuit de prendre un bain — qui eût effacé les € derniers vestiges de celui de la mer Morte — nous vou- L +4 lons au moins boire de l’eau du torrent —de torrent: é | in via bibet = et emporter avec nous quelques souvenirs, E 4 ne fût-ce que des cailloux ou des feuilles d'arbres... e ; Enfin, nous retournons à Jéricho à bride abattue. e Saluons, à une demi-lieue du village, les ruines d'une c ancienne église, qui indiquent l'emplacement de Galgala d où les Hébreux, sous la conduite de Josué, campèrent pour la première fois dans la terre de Chanaan., C’est s aussi en ce lieu que la manne cessa de tomber, De é] même Samuel rendit ici la justice au peuple, et Saül y fut reconnu roi d'Israël. Q * XX :
du Cependant le soleil ayant reparu, nous nous rendons qi cet après-midi à la fontaine d’'Elisée. Quel contraste to entre le gracieux paysage que nous traversons et celui de de la vallée maudite qui nous attristait ce matin! ci
Outre que le sol est couvert d’une luxuriante végétation,
?— Plus tard, 3 les eaux de ce
-Scigneur Jésus-
où la tradition de Jésus. Nous violente averse qui eût effacé les orte — nous vouont — de torrente ques souvenirs, illes d'arbres...
de abattue.
, les ruines d'une ment de Galgala osué, campèrent Chanaan., C’est de tomber, De peuple, et Saül y
ous nous rendons
Quel contraste raversons et celui istait ce matin!
riante végétation,
Li | ma € 11 Jéricho. La eime la plus élancée s’appel!s :
en maints endroits se rencontrent de riants bosquet = $ 8,
avec de beaux arbres odor: , Lo dorants et une légion d'oiseaux
au riche plumage : colombes bleues, colibr
és 18 à la parure étincelante, ete,
Cette merveilleuse fontaine, la plus belle de Ja
Judée, doit son illustration » un éclatant miracle d latant acle du
disciple d'Elie. A l’origine, es ondes étaient salées
Lei! i comme celles de tout :3 los sources qui envirounent le lac Asphaltiqu ]
e. Un ju:r, le se plaignit qu’ ie l Jo'ir, Le peuple se plaignit qu'elles étaient affreusement aï.sres : Apportez-moi, dit
. Elisée, un vi ;
s6o, ase neuf et mettez-y he Ï Lt Que icttez-y du sel.” Lorsqu'ils
rent fait cela, Elisée alla À la source et y jeta le sel
en disant : Voici ce que dit Jéhovah : « J'ai purifié
cette eau, et la mort et la stérilité ne sortir d'elle,”
Aujourd’hui encore les eaux sont limpides
ont plus
ïe ; délicieuses au goût et toujours fraîches, grâce à l’ au de Jours fraîches, grâce à l'ombre d’un épais feuillage.
De là s dirigeons
à, nous nous dirigeons vers la montagne de la
Quarantaine qui domine de 1,500 pieds les ruines d È È 2S 6
‘ crûte du diable ” ou “ ation,”
L e” ou “ de la tentation,” parce que l’on croit que Satan y transporta le Sauveur pour lui montrer tous les royaumes du monde et lui proposer de les lui
U LES 4 ‘ ]? : ; donner sil voulait l’adorer, L’ascension en est difi-
cile : il faut quitter les montures et gravir À pied le
sentier abrupt qui décrit maintes spirales avant (’at. teindre la sainte “ grotte de Notre-Seigneur.” D'après la tradition, Jésus se retirait dans "cette
caverne pendant les quarante jours de son jeûne. Teci
même, il entendit le tentateur lui lancer cet insolent
défi : “Si tuesle Fils de Dieu, commande à ces pierres de se changer en pain.” (S. Lue IV. 3.)
Des moines grees non-unis sont les gardiens de la grotte.
Enfin, ayant passé la nuit à Jéricho, nous revenions le lendemain à Jérusalem par B'thanie où nous primes
le dîner en face des ruines de la maïson de Lazare.
rales avant dat.
gneur.”
rait dans "cette son jeûne. Ici cer ect insolent mmande à ces > IV. 8.)
s gardiens de la , Nous revenions > où nous primes
un de Lazare.
De Jéricho ! au Jourdain, il y a 1 heure et 40 inutes de marche. Tous les Pèlerins se rendent à l'endroit du Fleuve où la Tradition place le baptème de Notre-Seigneur. Autrefois, en ce lieu vénérable, et dans le Fleuve même, s’élevait une Croix de bois, ct les personnes qui y recevaient elles-mêmes le | baptème ou qui en renouvelaient les vœux, descenduient dans l’eav en s’approchant de la Croix, par | des degrés de raarbre. | | Or aime à se baigner, par dévotion, dansles eaux dn Jourdain : mais le fond du Fleuve est très désa-
| gréable aux baigneurs ; car les endroits qui ne sont | |
| pas couverts de cailloux, sont remplis de vase.
| RapiniTÉ DE son Cours.—La différence de niveau lentre le Lac de Tibériade (que le Jourdain traverse
| dans toute sa longueur) et la Mer Morte, où le
| Fleuve a son embouchure, est de 716 pieds. La
| distance est d’environ 30 lieues, ce qui donne vingt-
quatre pieds de pente par lieue ! De Ià la grande
rapidité du Fleuve, Sa plus grande profondeur ne
| dépasse pas 16 pieds ; et sa plus grande largeur
|n’atteint pas au delà de 150 à 200 pieds. Les eaux | du Jourdain sont poissonneuses, blanchâtres, boueu-
|ses, maïs néanmoins agréables à boire.
A: :."f DE ses Rives.—Les Rives du Jourdain
l'sont l'Eûen de la Palestine. On rencontre là, aux
l'abords de ce Fleuve (auquel s’attachent tant de
| souvenirs), toujours un frais ombrage et une agréable
verdure : on y entend, em toute saison, le doux | gazouillement des oiseaux dans le feuiliage....en
un mot, on y trouve un printemps perpétuel.
# LÉGENDE
1—Voir la Légende nul la Gravure : VUR DE JÉRICHO,
Mme one ri mm
“heure et 40 se rendent À e le baptème eu vénérable, Jroix de bois, les-mêmes le æœux, descenla Croix, par
dansles eaux est très désats qui ne sont
ce de niveau dain traverse Morte, où le
non-Unis,
: || Pèleri | donne vingt- erins
là la grande rofondeur ne ande largeur
PATTES âtres, boueu | trouve, à pic, à la lisière de la PI | petite lieue de la ville,
du Jourdain
ontre là, aux rent tant de LA ‘une agréable on, le doux riliage....en
| trompe l’œil pour la distance : | | pliquer au numéro suivant,
|| par les Franciscains, | ment, sur l’emplacement de la maison de Zébédée,
|| lement desservie par les Franciscains, se trouve à de Nazareth. C’est jusqu’à cet endroit | Tradition, la sainte ierge, lorsqu'elle
| précipiter son divin Fils.
LEGENDE
1—LE SaNcruatRe pe L'ANNONCIATION— restaurée depuis et surmontée d’un petit c flèche. | 2— L'ATELIER DE SAINT-JOSEPH. — Cest 1à que le divin |
| Jésus travaillait avec son Père nourricier, L'atelier se trou- |! | Vait à une petite distance du lien de l’Annonciation, Ila | | été converti en Chapelle, desservie par les Franciscains de || | Terre Sainte, | | 3—EGLIsE DES GRECS-Uwis.—Elle est bâtie sur l’emplace- || ment de l’ancienne Synagogue, | 4—MeExsA CHRISTI.—C’est un bloc de rocher, renfermé | | dans une chapelle, desservie par les Franciscains, Sur ce || | rocher, d’après la tradition, Notre-Seigneur aurait, un jour, | pris un repas avec ses disciples après sa Résurrection. | 5.—EGL1ISE DES MARONITES.