CUAP. XVII. — SITUATION FINALE DU PEUPLE JUIF
Césars d'où la fierté jalouse du peuple romain devait un jour l'expulser. Agrippa à son tour avait suivi Bérénice, sa sœur ou sa nièce, et préférait & sa royauté de Traconite le séjour de Rome et h faveur du prince. Les autres rois auxiliaires étaient retournés à leurs trônes modestes, Sohôme à Emèse, Malch à ses déserts; Antiochus, le roi deComagène, et ses fils, qui s'étaient distingués dans la guerre par une téméraire ardeur, étaient revenus à leur palais de Samosate d'où la disgrâce de Vcspasien devait bientôt les faire sortir ^
Mais que devenait ce grand et immortel vaincu, le peuple juif?
Son sanctuaire, le temple, était détruit ; son centre, Jérusalem, était rasé; son territoire, la Terre-Sainte, ne lui appartenait plus. Titus avait d'abord laissé en paix les cultivateurs juifs; mais Vespasien, plus dur, deux ans après le siège, ordonna la confiscation de toutes les terres de Palestine appartenant à des Israélites. La nation se trouva ainsi, sinon expulsée, du moins dépossédée.
Le sol même demeura inculte. Vespasien était avare; sauf huit cents vétérans auxquels il donna des terres auprès d'Emmaûs, sur cette vaste confiscation il ne fit de largesses à pe!*sonne; et, comme il ne se trouvait guère d'acheteurs pour cette terre maudite, elle demeura aux mains de l'État et fut cultivée comme TÉtat sait cultiver *.
Dès lors commença cette dévastation du sol judaïque à laijuelle le mahométisme, ce grand destructeur, s'est chargé depuis de mettre la dernière inain. Dans un tel pays où la dialeur est extrême ,et où les eaux doivent être ménagées avec un soin excessif, quand la main de Thomnie 9'élQign.Q
« Jo<., VII, '28 (7, 1-5).
• Jus., VII, 27 (6, 6).
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ou (le\ieiil né^ligciiU', la s(>Iitude cl la slériiité sont complètes. Le Kisson et le Cédron tarirent ; les sources minérales disparurent. Les villages se dépeuplèrent; la tie et la fécondité quillèreiit pmmpteinenl celle terre sans eau. Dans bien des vallées jadis peuplées et fertiles, le chacal se glissa sur les pas de riionune, et la panthère tint prendre possession de son héritage. Les tigres habitent aujourd'hui le Thabor ; ies eè<li('s du Liban dispaiaissent d'année en aiuiéc. La riche Jéricho n'est plus qu'un petit village ; il y a quelques années, une seule barque naviguait sur le lac de Génézareth. « Et les voyaj;ours qui viendront de loin se diront en voyant les soullrauces de cette terre et les fléaux dont la aiUigée le Seigneur : Pourquoi le Seigneur a-t-il ainsi traité ce pays et quelle est la cause de cette immense colère * ? »
Quant à la race juive répandue dans 1 empire romain, il est juste de dire qu'elle garda ^une certaine liberté. A Antioche où le sénat et le peuple avaient réclamé l'expulsion des Jnifs: « Où ii onl ces nuillicurenx, avait répondu Titus? Ils n'ont plus de patrie, et nulle pari on ne veut les recevoir. » THus avait maintenu leur droit de cité, et la colonne de bronae sur lequel il était inscrit était restée debout*.
Beaucoup de Juil's vendus comme esclaves furent rachetés par leurs frères, surtout par les Juifs opulents d'ionie. Beaticoup de Juifs de Palestine trouvèrent un refùge dans le royaume judaïque (rAf^rip[>a au delà du Jourdain ou dans les villes païennes du littoral. En Palestine uiénie, la race, quoique dépossédée, ne disparut pas ; il y eut des exceptions au prmcipe de la confiscation, et les biens de Josèphe lui furent restitués. Une école rabbinique s'éleva et fleurit
' Dei.t., XXIX, 22-24.
« Jos., de B.f MU 14 (/it 2)'
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