DU CALENDRIER DE JOSÈPUE
Josèplie donne aux mois de Tonnée les noms que lui i'ournil le calendrier syro-mnrédonicn, introduit en Syrie par les rois séleucidcs, el généralement suivi dans la partie orientale de reinpirc romain. Mais il ne me semble pas douteux qu'il se seri de ces désignations uniquement pour remplacer, par des expressions plus familières à ses lecteurs grecs, les noms des mots hèbraï({ues, et <pie, sauf celte différence de ternies, il suit le calendrier de sa nation.
En effet , nous voyons d'abord qu'il identifie formellement : 1* le mois de xanthicas au mois b^raique nisan {Ant.i iii, 10) (10, 5); II (4, 8); 2*^ le mois de dyster à celui d'adar (Ibid., m, 4
(4, 7); XI', M (iO, 5); 7f le mois de loiis an mois ab {Ibid., iv, \ (7); i" hyperbérétéus au septième mois {Ibid., nr, tO (10, 1), c'est-à-dire tiscbri; 5^ apellceus à kisleu {Ibid., xn, 7 (5, 3). 0c plus, le rapprochement de certaines dates témoigne encore de cette conicidence. Ainsi, — la mort de Marie, sceur de Moïse, est indiquée par Joséphc au premier jour de xanthicus; la mort d'Aaron au 1" loùs {Ant.t iv, 4 (6, 7). Or c'est en effet le 1"' nisan et
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le 1" ab que les Juifs célèbrent ces deux événemenls. — Le 14 xantliicus dorumiéo 70 eslinunpié coiiiine coïncidant avec le jour anniversaire de la délivrance des Juifs {deD., v, 11 (5, 1), qui eueUet est, comme on sait, le 14 nisan. — Le sacrifice perpétuel cessa, dît Josèpbe {de B. vi, 8 (3, i), le 17 panémus, et c*est en effet le 17 lhammouz que les Juifs célèbrent aujourdUiui rannWersaire de ce nialluMir. — L'incendie dn loinple par Tilus ont lien, dit-il encore, le dixième jour de loïis, jour aimivcrsaire de l'incendie du premier temple par Nabuchodonosor, qui eut lieu le dixième jour du cinquième mois (ab). (Voyez de B., vi, 36, 27 (4, 5, 8.) Que les Juifo célèbrent aujourd'hui cet anniversaire le 9, c'est un dissentiment de fait entre enx el Josèplie. Il n'en est pas moins certain que le mois de loiis et le cinquième mois judaïque étaient identiques dans Tesprit de celui-ci.
Il est vrai que dans un autre passage {de B,, vi, 51 (5, 3), Josèphe, racontant les prodiges qui, en Tan 65, ont annoncé la rnine de Jéi nsal«'m, paiie d'nn premier fait cpii a en lien « loi sqnc le pcnple était rassend)lê le 8 de xanllnens, pour la fête dea Azymes. » Or on sait que cette fêle avait toujours lieu, non le huit, mais le 15 de nisan et les jours suivants. Mais il faut remarquer que Joséphe ne dit pas le jour même des At/ifmee, mais au temps des Axytnes, on on préparation de la fête des Azymes (too; rrj r&iv 'ACuu'uv éo&Tïjv). Le 8 de nisan était juste une semaine avant la fête des Azymes. Remarquez que Josèphe passe ensuite à un second fait qui a eu lieu, celui-là « le jour même de la féte, » (xat xaxà rtv «Ortv io/9Tijy), et enfin A un troisième qui a eu lieu « peu de jours après la fête, le \inyl et unième jour du mois suivant, arténiisius.»
(.Mità o« Tijv éo/srijv çaécaiç ûcTîpov ;roA/aï;.) Si la fêle avait en
lieu le 8 zanthicus, l'intervalle de temps serait de quarante-trois ou de quarante-quatre jours.
En résimié, les coïncidences entre les deux calendriers sont trop nombreuses et trop rapprochées de dates pour pouvoir être putxv ment accidentelles. Elles supposent nécessairement l'identité de ces
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deux calendriers, au* moins ponr Josèplic, et nous forcent d'ad*
mettre que pour lui les noms des mois macédoniens ne sont qu'une traduction giccque des noms des mois hébraïques.
Le calendrier de Josèphe se trouve donc ainsi identifié au calendrier juif .de son temps; mais ce dernier calendrier, quel était-il?
Le calendrier juif moderne, régulier comme on le sait, et dont la concordance avec le nôtre est bien connue, date senlenu'ut du ((uatrième siècle après notre ère. Quant au calendrier ancien des Juifs, ce qu'on en sait, c'est qu'il était lunaire, chaque mois cornmençant avec la nouvelle lune; seulement il follait que le jour de rimmolalion de l'agneau pascal (14 nisan) tombât toujours après Téquinoxe du printemps. On arrivait à ce résultat par des inlercaliilioMS faites après le mois d'adar (dernier mois de l'aMuèe), et qui donnaient quelquefois lieu à un treizième mois appelé véadar (nouvel adar).
Il est probable que dans le principe ces inlercalations se firent d'une manière fort peu régulière. Les Juifs étaient de médiocres ob-
servateurs ; ils n'étaient même pas bien sûrs du jour de la nouvelle luue, et, pow ne pas s'y tromper, ils célébraient la néomènie (féte de la nouvelle lune), et certaines autres fêtes, pendant deux jours. Mais il est à croire que, sous Tempire romain, qui posséda pendant le premier siècle après César, un calendrier solaire parfaitement régulier, les Juifs durent se rapprocher davantage de ce calendrier et faire plus régulièrement leurs inlercalations.
Ce qui me parait donc le moyen le plus probablement exact pour traduire les dates du calendrier de Josèphe, c'est de mettre le premier jour de chaque mois au jour de la nouvelle lune, tel que l'astronomie le fait connaître pour la latitude de Jérusalem, et cela, tout en faisant coïncider le t" nisan avec la nouvelle lune la plus voisine de réquinoxc du printemps.
On aura ainsi le tableau suivant, pour les années qu'embras^se notre travail. Je place les mois dans l'ordre de Tannée ecclésiastique juive, qui est celui que suit Josèphe.