‹ Rome et le Canada [microforme]Chapitre 11 sur 16 · LA PAROLE DU PAPE · texte numérisé non relu

LA PAROLE DU PAPE

La révolution ne se content pas de frapper l'Eglise catholique dans ses biens, ses couvents, ses (palais, ses temples et ses monuments sacrés ; elle veut de plus arrêter l’exercice de la charité pontificale ; elle vent anéantir les dogmes de la religion ; elle veut encore briser l’indissolubilité du mariage. C’est donc à l'âme même du catholique qu'elle s'attaque maintenant. Cette infâme conduite des ennemis de l'Eglise nous est signalée par Léon XIII, dans sa réponse à l’a.

dresse que le Collège des Cardinaux lui présenta la veille de Noël dans la Salle du Trône. Voici comment s’exprimait le Père commun des fidèles sur sa triste situation.

‘ L'année qui va prendre fin à mis en lumière, comme vous l'avez fort bien

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signalé, il n’y aqu'uninstant, monsieur

le Candinal, que dans les circonstances

présentes l'exercice même de la charité

n’est pas libre pour le Souverain-Pontife

dans la ville de Rome. Tous se rappel-

lent rh quelle rage une grande partie

des jouinaux se sont ameutés contre le

dessein que Nous avons manifesté

d'ouvrir, dans le voisinage du Vatican,

et à Nosfrais, pour le cas où il devieridrait nécessaire, un hôpital pour les cholériques. Tous ont encore présent à la mémoire avec quelles insinuations, avec quelles inte’prétatious malignes, on : tenté de dénaturer cet acte ; avec quels artifices et quelles menaces on a cherché d’en empêcher la mise à exécution ; et il n’ect besoin d'aucune autre preuve pour rendre évidente toute l’amertume du nouvel ordre de choses qui a réduit le Souverain-Pontife à l’indigne condition d’un simple particulier.

Mais ce n’est pas tout: il y a pis encore.

Ce Nous est une immense amertume

et une profonde douleur de voir lim- {piété avec laquelle se répandent en toute liberté et en toute impunité les erreurs hérétiques des protestants, avec laquelle sont battus en brèche les dogmes les, plus augustes et les plus sacro-

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— 29 — / saints de notre très sainte religion, dans cette Rome qui est le centre de 13 foi et le siège du magistère universel et infaillible de l’Eglise, dans cette’ Rome où devrait être protégée de la manière la plus efficace l'intégrité de la/foi et à l'abri de toute atteinte l'honneur de la seule vraie religion. |

C'est une chose quai serre le cœur de voir, sous la protection des lois publiques, se multiplier les temples des hérétiques ; de penser qu’il est permis d’attenter ouvertement dans Rome à la plus belle et à la plus précieuse unité des Îtaliers, l’unité religieuse, grâce aux efforts insensés de ceux qui s’arrogent la mission impie de fonder dans l'Italie une nouvelle Eglise sur une autre base que celle établie par Jésus- Christ, comme fondementindestructible de son céleste édifice.

Et Nous avons toute raison de craindre encore pour la religion et pour l'Eglise d’autres offenses, et plus graves.

On a déjà présenté de nouveau au Parlement la loi sur le divorce, loi qui permettant en beaucoup de cas la rupture du ‘lien conjugal, marche directement contre le précepte de Dieu lui-même, précepte intimé à l’homme dès le commencement du monde:

Quod Deus conjunæit, homo non separet ;

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loi qui répugne ouvertement à l’enseignement de Jésus-Christ, législateur universel, et à toute l’économie de l'Eglise sur le mariage; loi quine reconnaît pas en ce grand sacrement l'excellence sublime à laquelle il fut élevé par Jésus-Christ et qui l’abaisse à la condition d’un pur contrat civil ; loi qui dégrade la ferme et l’humilie, qui compromet l’éducation et le bienêtre des enfants, qui rompt les liens de la société domestique et le détruit, qui sème la discorde dans les familles, qui est une source de corruption pour les mœurs publiques, et le principe pour les Etats d’une décadence semée de ruines.

Et, en effet, l'expérience de temps qui ne sont pas encore loin de nous, a été tellement amère, et tellement funeste, qu’elle a forcé les partisans eux-mêmes du divorce à rétablir dans les codes l’indissolubilité du mariage.

Et, cependant, si le vœu des sectes et les désirs de la franc-maçonnerie venaient à être satisfaits, on verrait une loi si opposée aux principes catholiques promulguée dans cette Rome, d’où ne devraient partir pour être répandues par toute la chrétienté, que la pure lumière de la vérité révélée et la splendeur de la vie catholique !

Que si Dieu daigne éloigner de Italie un tel désastre, Nous l’en remercierons avec les sentiments de la plus profonde reconnaissance ; mais Nous ne pourrons cesser d’éprouver les craintes les plus graves, tant que durera la présente condition des choses. Contraire en elle-même, et par elle-même, à la dignité et à l'indépendance du Souverain Pontificat, blessante pour la liberté des Pasteurs romains dans l’exercice de leur suprême pouvoir, eile est une oppression qui se manifeste à chaque occasion, Nous faisant sentir .plus pesant le poids d’une autre domination et démontrant toujours mieux au monde catholique limpossibilité de s’accommoder à une telle situation, et de rester indifférent en face d’elle.

Le Fils de Dieu fait homme qui, même enfant, « su échapper à la persécution des impies, et par Sa divine puissance a changé la face du monde, pe cesserà certainement pas de secourir Son Eglise affigée ‘et d'améliorer le sort de Son Vicaire indigne. Mais que tous les catholiques de l'univers eutier hâtent l’époque des divines miséricordes avec de continuelles prières, et surtout par une vie toute chrétienne, absolument conforme à la foi et à la loi qu'is professent.

VItalie ierons fonde poures les … prétraire à la ouveberté ce de une aque plus ition nons’acde

qui, pervie ide, arir r le que tier Oret ne, loi

Ed

J'avais donc raison de dire plus heut que les usurpateurs de 1870 avalent promis la liberté aux Romains, mais qu'ils ne leur ont donné que l’oppression, la tyrannie et l’esclavage.

Voilà dans quelle position se trouve aujourd'hui Celui qui doit commander à tout l’univers catholique. Le tableau nous paraït sans doute bien sombre, mais malheureusement il n’est que trop fidèle, et ma parole est même impuissante à en tracer toutes les ombres.

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