Rome et Moscou
E 1 5 janvier i582, une trêve de dix ans est conclue à Kivérova Gora entre les Moscovites et les Polonais. Les deux peuples rivaux, ou^ bliant leurs haines séculaires, se tendent la main ; cest V intervention du légat pon^ tifical, Antoine Possevino, qui obtient ce résultat.
Pour saisir l'importance de cet événe^ ment, soit au point de vue russe, soit au point de vue romain, il faut remonter un peu plus haut dans l'histoire et embrasser d*un coup d'œil les rapports du Saint-
Siège avec Ivan le Terrible pendant toute la durée de son règne. Tel est le but de ce travail préliminaire que je livre aujourd'hui à la publicité.
Dès i54j, il est fortement question de Moscou à Rome, par suite d'une mystification inouïe dans les annales de la diplomatie. Un prétendu chancelier d'Ivan IV propose en haut lieu d'organiser une ambassade pontificale, qui se rendrait à Moscou pourjr traiter les plus graves questions politiques et religieuses. Charles-Quint se déclare favorable au projet; le roi de Pologne en est alarmé :
il n'eût pas reculé devant une rupture avec Rome .^ si l'entreprise n'avortait d'elle-même. Et, tandis qu'en Occident souverains et ministres s'occupent activement de cette affaire, au Kremlin de Moscou on est à son égard dans la plus parfaite ignorance,
A partir de i56i , les rapports avec Ivan le Terrible, sans être encore immédiats, prennent cependant un caractère sérieux. Pendant presque vingt années