‹ Rome et MoscouChapitre 15 sur 51 · I. Ibidem, I, pp · texte numérisé non relu

I. Ibidem, I, pp

Ces considérations de territoires et de frontières n'^avaient, aux yeux de Rome, qu'une importance secondaire; Tobjectif des papes appartenait à un ordre plus élevé ; leurs efforts tendaient surtout vers la réunion des églises, qui aurait eu pour suite Palliance de Moscou contre les Turcs. Pour atteindre ce but, volontiers on eût accordé le titre royal à Ivan,. sauf à régler ensuite les conditions d'une paix durable avec la Pologne, qu^on voulait aussi ménager. Ce royaume traversait, à Tépoque qui nous occupe, une crise des plus dangereuses ; il était devenu le refuge des plus ardents novateurs, le foyer des doctrines les plus avancées; Tunité de croyance se voyait par là gravement conpromise et ce notait pas sur Auguste II, chancelant dans sa foi, débauché dans ses mœurs, qu^il fallait compter pour la maintenir dans sa splendeur première. La prudence devenant plus nécessaire que jamais, les réclamations officielles du roi de Pologne devaient l'emporter sur les propositions équivo-

ques de Steinberg. Ainsi en fut-il en réalité.

Les documents contemporains n^ont pas conservé le souvenir des démarches que Kryski a dû faire à la suite des instructions menaçantes du roi ; ce qui est certain, c'est qu'on n'eut guère besoin de recourir aux moyens extrêmes. Sans que la protestation d'Auguste eût été produite, puisque la couronne royale n'a jamais été octroyée à Ivan, Jules III, en réponse à la dépêche sénatoriale du i5 février i553, adressa le i5 avril une lettre aux évêques polonais, où il déclare que toutes les propositions de l'envoyé moscovite ont été rejetées et qu'à l'avenir les affaires de ce genre ne seront pas traitées à l'insu du roi et des évêques de Pologne \ Cette promesse pontificale nous semble autrement grave que les fins de non -recevoir opposées à Steinberg; vu les circonstances, on ne pourrait toutefois lui donner d'autre valeur que celle d'un engagement

Page 1