I. Archives du Vatican, Polit., 116, p
Siège pourrait peut-être en faire tout autant. Maximilien s'aperçut qu'il s'était trop avancé et se replia sur les subsides à demander auparavant à la diète, sur la mauvaise foi des Turcs et leurs récentes incursions en Croatie. Toutefois il approuva bientôt après les projets pontificaux, et Morone se mit alors en rapports avec les envoyés russes. Le docteur Rodolphe Clenke, dont il sera question plus tard, fut choisi pour intermédiaire et resta très satisfait de la première entrevue.
A la seconde, le 28 août, il leur remit une lettre du cardinal pour le tsar. Quel ne fut pas son étonnement lorsqu'on lui répondit par des fins de non-recevoir ! Que le pape envoie lui-même son ambassadeur à Moscou, disaient les diplomates du Kremlin, qu'il donne sa lettre aux envoyés impériaux ; quant à nous, nous ne sommes accrédités qu'auprès de Tempereur. Rien ne put leur faire changer d'avis : ils savaient trop bien qu'ils répondaient sur leurs têtes
de la fidélité servile aux ordres du maître '.
Morone était tout entier à son désappointement et peut-être à son dépit, lorsqu'il reçut une dépêche du cardinal de Côme qui marque une nouvelle phase dans ces négociations. Cette pièce, datée du 25 août 1 576, est remarquable comme expression des idées que Rome avait alors sur Moscou ; il est seulement à regretter qu'elles ne soient rien moins qu'exactes.
Le Saint-Siège se dit parfaitement informé des bonnes dispositions d'Ivan, voire de sa déférence, de son profond respect pour le pape. Morone reçoit Tordre positif d'envoyer un messager à Moscou , avec l'agrément de l'empereur qui, espère-t-on, donnera un passeport et des lettres de recommandation à l'émissaire pontifical.
Le but de la mission sera, comme à Tor-
I. Le récit de ces négociations a été fait par Morone luimême dans les instructions à Clenkc, publiées par Grigorovitch, Correspondance des papes, n" 6. Voyez aussi Theiner, Annales, If, pp. 525, 529; Monuments des rel. dipl,^ en russe, 1, col. 664.
lOO ROUE ET MOSCOU
dinaire, ralliance contre les Turcs et Tunion avec TÉglise romaine. Quant à l'heureux résultat de cette entreprise, il paraît qu'à Rome on n'en doutait presque pas ; on s'attendait même à voir arriver une ambassade solennelle du fond de la Moscovie, pour rendre hommage au pape et reconnaître sa suprématie spirituelle K Le cardinal Morone n^était guère mieux informé à Ratisbonne que ne Tétait à Rome le secrétaire d'Etat; il est même très probable, comme nous l'avons dit plus haut, qu'ils puisaient tous les deux leurs renseignements aux mêmes sources autrichiennes. Sans faire aucune observation à sa cour, Morone ne songea qu'à exécuter les ordres reçus. L'empereur avait déjà donné verbalement son approbation ; le titulaire de la mission était trouvé d'avance dans la personne de Rodolphe Clenke, qui servait au cardinal d'intermédiaire avec les Moscovites. C'était un prêtre distingué, qui avait déjà visité Moscou