Ibidem, I, cxciv
conclusion de la paix avec Moscou et pour la formation de la ligue. Au xyi** siècle, un habile diplomate était avec cela suffisamment muni, si ce n'est pour obtenir un succès quelconque, au moins pour avoir des réponses catégoriques. Dans le cas présent, la bonne fortune ne seconda guère les efforts de Caligari.
Après avoir terminé la campagne de 1579, Etienne ne tarda pas à rentrer à Vilna; le nonce prit ses mesures pour s*y trouver aussi et, le 5 octobre, il eut son audience. La veille, il s'était entretenu longuement avec Zamoyski. Le chancelier de Pologne se montrait très favorable au projet d'une guerre européenne contre les Turcs, mais il croyait qu'on ne pourrait pas la commencer dès Pété prochain ; un temps plus considérable était nécessaire pour des préparatifs de ce genre.
Quant à la mission moscovite, il se retranchait dans une discrétion parfaite, ne voulant rien hasarder sur l'utilité que pourrait avoir Tenvoi d'un bref pontifical à Ivan IV. Il' ajoutait cependant que le
grand-duc de Moscou n'était pas un ennemi redoutable pour les Turcs, n'ayant pas de provinces limitrophes avec eux; qu'au reste, dans l'hypothèse d'une guerre générale, le premier soin de la Pologne devrait être de se mettre en garde contre Ivan, trop habitué à violer ses serments K Ces allusions faisaient prévoir Tissue qu'aurait Paudience auprès du roi; elle eut lieu le lendemain et fut assez prolixe.
Le nonce avait préparé bon nombre d'arguments en faveur de sa thèse et des réponses aux objections, qui ne pouvaient manquer. Bathory lui-même avait ses moments d'expansion, oti la parole ne lui faisait pas défaut; il se montra, d'ailleurs, à cette occasion, aussi fin politique qu'il était grand capitaine sur les champs de bataille. Aux avances du nonce, faites au nom du pape, il répondit par des protestations de noble et filial dévouement : il serait heureux de mettre ses Etats et sa
I. Archives du Vatican, Polonia, XVI,. p. 33 1, dépêche chiffrée de Caligari, 4 octobre 1379.
vie au service du Saint-Siège; il mourrait content s^il voyait sa patrie délivrée du joug humiliant des Turcs; mais, avant de s'engager dans une entreprise de si haute importance, il tenait à savoir si la ligue des princes offrait des garanties de solide succès. En développant cette pensée dans sa dépêche du 5 octobre, Caligari n'hésite pas à mettre le cardinal de Côme en demeure de lui fournir un mémoire, rédigé en latin, oti serait exposé le plan de la guerre offensive contre les Turcs, avec le nom des princes qui y prendraient part et l'effectif de leurs armées, le nombre des galères et des vaisseaux de transport pour soldats, munitions et provisions; en outre, on y mentionnerait les conditions de la ligue, les mesures à prendre contre l'instabilité et l8i/iiria des Français, capables de tout compromettre, les moyens d'apaiser la guerre des Pays-Bas , qui pourrait arrêter le roi d'Espagne; enfin, on déclarerait au roi le nombre de cavaliers et de fantassins qu'on exigerait de lui, et le montant des subsides qu^on lui
offrirait. Etienne Bathory aurait ensuite fait ses observations^ donné ses conseils, dictés par Pexpérience militaire, et soumis le tout à la diète de Pologne.
Quant à la mission de Moscou^ le roi n'eut garde également de refuser son concours; il demandait toutefois qu'on différât renvoi du nonce pontifical jusqu'après la diète, d'autant plus qu'on était déjà en pourparlers et qu'on ne tarderait pas à voir arriver, soit un ambassadeur d'Ivan, soit le courrier polonais Lopatinski, envoyé à Moscou. Dans le cours de l'audience, le roi ne négligea pas de laisser tomber quelques paroles menaçantes à l'adresse de son rival; avant de se tourner contre les Turcs, ce qui ne pourrait se faire que dans un an, il espérait, disait-il, imposer la paix les armes à la main, d'autant plus qu'Ivan avait perdu ses meilleurs capitaines et qu'il était constamment menacé d'une révolte à l'intérieur. Après avoir expédié ainsi les deux points principaux, Bathory s'étendit longuement sur la manière de faire la guerre aux Turcs,
sur la facilité de s*emparer des Dardanelles et de Constantinople si on attaquait les Turcs simultanément sur terre et sur mer, tout en regrettant que la ligue n'eût pas duré encore deux ans après la bataille de Lépante, ce qui aurait suffi pour détruire à tout jamais la puissance des Os> manlis. Telles étaient les opinions de Bathory en iSyg, le nonce ne manqua pas de les consigner dans sa dépêche \
Comme on le voit, Caligari avait complètement échoué dans sa démarche. Il n'avait obtenu de nouveau qu'une réponse dilatoire : dilatoire quant à la guerre ottomane, car le mémoire exigé par le roi ne pouvait être livré de si tôt, et les conditions de la ligue ne se laissaient pas établir à la hâte; dilatoire surtout quant à la mission moscovite, que le roi remettait jusqu'après la diète, non sans un grave motif. En effet, la diète fut convoquée à Varsovie le 22 octobre.
I. Ibidem, p. 335, dépêche chiffrée de Caligari, sans date, envoyée de Vilna avec une lettre du 5 octobre 1 579.
Orageuse, comme Tétaient toujours ces bruyantes assemblées de la libre Pologne, elle fut cependant, plus que d^ordinaire, fertile en résultats pratiques et surtout plus bienveillante envers le roi. Les fiers magnats s^inclinaient bon gré mal gré devant ses gloires militaires; Zamoyski, le prince de la parole, en imposait à la petite noblesse; unissant leurs efforts dans le même but, le roi et le chancelier surent obtenir de la diète ce quMls désiraient.
L'esprit belliqueux, assoupi sous le règne de Pefféminé Sigismond, commençait à se réveiller parmi les Polonais; la conquête de la Livonie, celle peut-être de Moscou ou au moins de quelques provinces moscovites séduisait les plus timides et cette idée faisait son chemin ; on vota donc des subsides pour une nouvelle campagne * ; Bathory y ajouta quelques sommes puisées dans son propre, quoique très modeste, trésor ; son frère, le voïvode
I. Voluminà legum, II, p. 198, éd. 1859, Uniwersal poborowy, i58o.
de Transylvanie, lui envoya des fantassins hongrois, rompus aux fatigues de la guerre. Le roi de Pologne avait la conscience de sa position avantageuse, et Ton pouvait prévoir qu'il en profiterait pour décliner les propositions pacifiques de Rome. Le nonce lui-même ne pouvait ignorer cet état de choses, ni se faire illusion sur la disposition des esprits. Il envoyait à Rome le projet de guerre contre Moscou présenté à la diète ^ ; cependant, ni l'audience du 5 octobre, ni les préparatifs militaires, ni l'opinion publique, de jour en jour plus belliqueuse, ne Pavaient encore complètement découragé et il n'attendait que l'occasion pour revenir à la charge. Elle se présenta à l'audience, dont Caligari reiid compte au cardinal de Corne dans sa dépêche du i®^ janvier i58o -. Le
1 . Archives du Vatican, Polonta, XVI, p. 386, Propositio in comitiis Regni Poloniac, 24 nov. 1579 : c Bellum contra magnum Moschoviae Ducem quomodo et quibus nervis continuandum... »
2. Archives du Vatican, Polonta, XVII,* dépêche chiffrée de Caligari, i" janvier i58o.
langage du roi n'est plus le même ; du 5 octobre au jour présent, la différence est frappante : c*est que Bathory est sûr désormais d'être soutenu par la diète, ce dont il doutait auparavant. Aux allusions de Caligari à la ligue contre les Turcs, il répond froidement qu'il y voit de grandes difficultés : on ne peut compter ni sur les Perses, qui semblent déjà fatigués et épuisés, ni sur le roi d'Espagne, trop absorbé par la guerre des Pays-Bas ; la Pologne risquerait donc de se trouver isolée visà-vis d'un ennemi redoutable. Quant à l'affaire de Moscou, non-seulement il la renvoie de nouveau jusqu'à la fin de la diète, mais il propose encore à Caligari d'entrer à cette époque en négociation avec Chérémétev, un des principaux prisonniers moscovites, au lieu de s'en tenir à la procédure officielle. Or Bathory ne pouvait ignorer qu'à Moscou on ne transigeait pas sur les formalités et que des pourparlers non autorisés par le souverain n'avaient aucune chance de succès. Il avouait en même temps à Caligari, sans
détour, qu'il ne ferait jamais de bonne paix avec Ivan, si ce n'est les armes à la main. Le nonce crut devoir user d'une extrême condescendance, il consentit à tout sans difficulté.
Sur ces entrefaites, de nouvelles et encore moins favorables circonstances vinrent paralyser l'action du nonce et compliquer les affaires. Quelques mois aupavant, il avait été nommé à Tévéché de Bertinoro et, prévoyant la fin prochaine de sa nonciature en Pologne, il ne demandait pas mieux que de la terminer avec éclat. Les événements ne répondirent pas à ses souhaits. Comme tous les soldats de fortune, qui parviennent jusqu'au trône, Bathory était fortement préoccupé par la pensée dynastique : placé par les suffrages d'un peuple libre à la tête d'un royaume électif, il n'en espérait pas moins que le prestige de sa gloire militaire donnerait à sa postérité quelque droit à la couronne ; or Anne Jagellon l'avait par son alliance apparenté avec une race illustre, mais son âge avancé ôtait tout espoir de succession.
Le mot funeste de divorce avait été prononcé dans l'entourage du roi, et le nonce fut des premiers à surprendre le mystère qui se tramait dans l'ombre. Un devoir impérieux s'imposait ainsi au représentant officiel du Saint-Siège : il devait déjouer habilement tous les projets attentatoires à la sainteté d'une alliance contractée au pied de Pautel, et, au besoin, déclarer hardiment que Rome n'approuverait jamais la dissolution d'un mariage légitime. Cette conduite devait lui attirer des désagréments, et ces déclarations ne pouvaient se faire sans blesser les courtisans trop zélés. Aussi le nonce se voyaitil entouré de difficultés : il s'en prend à quelques évêques, qui lui paraissent trop faibles; il s'en prend au roi lui-même, mais surtout à Zamoyski, qu'il ne ménage guère dans ses dépêches : le chancelier n'est plus qu'un politique ambitieux, timide, intéressé *; enfin il avoue — terri-
I. Ibidem^ p. 43, dépêche chiflfrée de Caligari, 20 janvier i58o.
l30 ROME ET MOSCOU
ble aveu dans la bouche d'un diplomate — qu^il est en disgrâce à la cour de Pologne ^
Rien n autorise à croire que ces circonstances eurent une influence directe sur TafFaire de Moscou ; Bathory ne voulait pas de mission pontificale^ parce que, loin de songer à la paix, il était décidé à faire la guerre à Ivan tant qu'il aurait des soldats et des subsides. Cependant les relations personnelles du nonce désormais tendues ne pouvaient apporter que des retards et des obstacles. Ainsi l'entrevue avec Chérémétev, que le roi avait promis de ménager à Caligari, n'eut pas lieu et le boïar moscovite quitta Varsovie sans emporter de commission pontificale. On le disait très obstiné dans ses préjugés religieux et le nonce en tirait un motif de consolation : une intervention de ce genre n'aurait pas amené de bons résultats. En même temps on insinuait au représentant
i. Ibidem, p. 41, dépêche chiffrée de Caligari, 21 janvier i58o.
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du Saint-Siège que ses efforts pour réconcilier deux rivaux, désireux de vider leur querelle par les armes, ne seraient pas vus de bon œil à la cour et qu'il valait mieux y renoncer pour le moment ^ Quinze jours après, le 1 8 février 1 58o, Caligari déclare formellement au cardinal de Corne qu'il se voit obligé d'abandonner cette affjaire, parce que les relations avec Moscou sont suspectes aux yeux du roi et du chancelier et qu'il se contentera, à l'avenir, d'observer et d'attendre *.
11 tint parole. Dans le courant du mois de mai, une occasion se présenta de rappeler au roi que le bref pontifical n'avait pas encore été expédié à Ivan, et, comme Baihory avait souvent à lutter avec des difficultés financières, on put un moment se flatter de réussir. Trois mois plus tard, il est encore question d'envoyer un messager à Moscou par la Suède, mais on ne
i. Ibidem, p. 52, dépêche de Caligari, 3i janvier i58o. 2. Ibidem, p. 70, dépêche chiffrée de Caligari, 18 février i58o.
l32 ROME ET MOSCOU
donna pas de suite à ces différents projets ^ , Bathory était resté fidèle à la politique de Sigismond-Auguste ; il avait refusé Tintervention pontificale entre lui et Ivan IV et empêché Penvoi d'un messager romain à Moscou. Le plan grandiose de Grégoire Xlll se trouvait ainsi complètement dérangé : celui qu'il voulait mettre à la tête de la croisade européenne contre les Turcs s'engageait dans une guerre contre un prince chrétien ; Tunion de toutes les forces de la chrétienté sous un seul drapeau devenait désormais impossible. Mais, s'il faut d'une part apprécier à leur juste valeur les intentions généreuses du pape, on ne saurait d'autre part faire un reproche à Bathory de n'y avoir pas mieux correspondu. Il connaissait mieux que personne l'adversaire ^u'il avait à combattre ; il savait qu'on ne pouvait guère compter sur l'alliance d'Ivan contre les Turcs et que la Pologne serait menacée
I. Ibidem, pp. 239, 240, dépêches de Caligari, i3mai et 28 août i58o.
par les Moscovites, sitôt qu'elle serait engagée dans une autre guerre.
D'ailleurs les événements eux-mêmes se chargèrent de justifier Bathory, tout en ouvrant au pape un vaste et glorieux champ d'activité. En i58i, ce n'était plus Grégoire XIII qui proposait à un roi catholique de le réconcilier avec son rival, c'était un tsar orthodoxe qui envoyait son messager frapper à la porte du Vatican et demander l'intervention du pape pour conclure la paix avec Bathory et tourner ensuite ses armes contre les Turcs, quitte, au demeurant, à violer ses promesses lorsque le danger serait passé. Guidé par des motifs d'un ordre supérieur, Grégoire XIII n'eut garde de refuser ses bons offices à Ivan le Terrible; il envoya Antoine Possevino en Pologne et en Moscovie et la paix de Kivérova Gora, conclue sous ses auspices, restera à jamais dans les annales de l'histoire comme un monument, unique dans son genre, de l'arbitrage pacifique des papes, que le comte de Maistre a rêvé pour le bonheur des nations.
APPENDICE
APPENDICE
Jean-François Mazza de Canobio, originaire de Bologne, docteur de l'université de Padoue, avait rempli avec succès des missions importantes à Parme, en Portugal, dans les Flandres et en Espagne. Hosius avait appris à le connaître et à l'apprécier à Vienne en février i56i. Voir, pour les détails biographiques : Ughelli, Italia sacra^ W, col. 587; Galeotti, Trattato degli huomini illustri di Bologna, p. 38 j Notifie litterarie ed istori^ che intorno agli uomini illustri delV Accademia florentina, I, p. 281 ; Julii Pogiani epistolœ et orationeSy II, p. 259, note c, d'où il ressort que
l38 ROME ET MOSCOU
Hosius a choisi Canobio pour Moscou. Aux archives du prince Borghèse à Rome, se trouve une partie de la correspondance de Canobio, elle ne présente pas d'intérêt pour l'histoire.
Le bref de Pie IV à Ivan, au nom de Canobio, n'a jamais été publié. Sauf les allusions personnelles, il est identique à celui de Delfino, imprimé dans Raynaldi, Ann, eccl,, XV, ad a. i56i, no XVII ; dans Tourgueniev, Theiner et ailleurs. Aux archives du Vatican, le registre de Pie IV (PU IV Brevia ann. II, III, IV) contient les pièces suivantes relatives à la mission moscovite • « N<* 4?, Duci Moscoviae, i3 apr. i56i, pro Episcopo Pharensi, eodem exemplo pro J. F. Canobio; n*46, Sigismundo-Augusto PoloniaeRegi, i3 apr. i56i, de missione Episcopi Pharensis in Moscoviam; n* 56, Moscoviae Duci pro Joanne Francisco Canobio; n* 57, eidem Moscoviae Duci, i3 apr. i56i. » Le n^ 5y est parfaitement identique au n* 43, il en est de même du n* 56, moins les allusions tantôt à Delfino, tantôt à Canobio.
ROME ET MOSCOU I Sq
On sait que Rome attachait le plus haut prix au titre royal. La concession de cette distinction passait pour un des plus puissants moyens de rapprochement entre le Saint-Siège et Moscou. Aussi est-on surpris de voir dans les instructions de Giraldo ce titre prodigué sans motif et sans but. On ne saurait cependant révoquer en doute leur authenticité. Elles se trouvent en copie avec la signature du secrétaire pontifical dans la grande collection des Politicorumy où elles sont intitulées : Istru!(ione di Pio IV a Giovanni GiraldOy Veneto, mandata al Duca di Moscovia a dargli parte di aver determinato il Concilio di Trento e lo traita col tiiolo di Re, (Archives du Vatican^ Polit,, 129, p. 232.) Les mêmes instructions figurent dans un dossier officiel de la Propagande sous le titre suivant : Instruttione per M» Gio, Gi' raldo, Venetiano, mandato secretamenie al sudetto Duca, al quale Sua Santità diede tîtolo di Re di Moscovia, asserendosi nel capo g d'essa d'esser stata impedita Vandata del personaggio di mag» gior auttorità con simili lettere, (Archives de la Propagande, Scritt, orig, rif, nelle Congr. gen, de' ^o apr,, 4 et g mag, ijoS,)
Portico revint -à Rome en lôyS, en ibyb il est nommé archevêque de Raguse, en i586 gouverneur d^Ânagni après avoir renoncé à son diocèse. Sixte V rappelle à Rome en 1387 pour le consulter sur les aftaires de Pologne. On ignore la date de sa mort. Voir Farlati, Illyricum sacrum, VI, p. 245. Sa relation finale encore inédite, croyons-nous, sur la nonciature de Pologne, i568- 1673, se trouve aux archives du Vatican, Arm. 64, t. 29, de Polonia, 1. 1.
Voici le texte des instructions inédites de Pie V à Vincent del Portico sur la mission de Moscou :
a Nostro Signor desideraria principalmente rimettendosi perô al guiditio di V. S. essendo sul fatto, che ella medesima havendo prima fedele interprète, andasse personalmente a trovar il Moscovita. Ma per non esser essa informata degli
humori del paêse, ne di quelle genti, crede che sarebbe bene, che V. S. gli scrivesse di haver questa commissione di Sua Santità etdi portar lettere apostoliche a Sua Âltezza et parlarle quando le sia grato, et aspettarne la risposta^ quale ve* nendo conforme a quanto si desidera V. S. potra andarvi esponendole dopo la presentatione del Breve^ che avrà con questa, che Nostro Signor ha nuovamente havuto notitia chè al tempo di Paolo III sanctae mémorise et di Guilio III vennero alcuni Âmbasciatori di Sua Âltezza mostrando Taftetto et divotione che portava a questa Santa Sede, chiedendo loro alcune gratie et facendo alcune offerte molto dévote et christiane^ ma che per varii accident! non fù poi seguitata questa (pratica, ne sa che causa la interrompesse. Hora conoscendo S. Stà il gran caricoche il Signor Dio le ha imposto sopra le spalle, et che ha da render conto a S. D. Mtà di tutte le anime che furono commesse al regimento et governo di S. Pietro, principe degli Apostoli, del quale è successore, desideroso délia salute délie anime et di Sua Altezza et di tutti suoi Dominii^ domanda per intendere se taie Ambasciarla fù di suo ordine, et se è tuttavia del roedesimo parère, perché S. Stà non mancarà di mandarvi Predicatori et Vescovi che vUnsegnino la sincérité délia fede et délia Religione che la Sede Aplica et la Chiesa Romana da S. Pietro fino al giorno di hoggi ha creduto et crede, ha insegnato et insegna, essen-
dole concesso dal Salvator nostro di non peter errar in essa per haver detto a S. Pietro et in lui a suoi successori : Ego rogavi pro te, ut non deficiat fides tua, et tu aliquando conversus confirma fratres tuos, et chè Portœ inferi non prsevalebunt adversus eam, scilicet Ecclesiam. Et cosi ritrovandolo disposto a ricever la verità délia fede, non entrarà più avanti in particolari articoli, «e non in caso che Sua Altezza demandasse quakhe dubio, corne circa Primatum Pétri, Purgatorium, de processione Spiritus Sancti a Filio, de ingressu animarum sanctorum vel sanctarum in vitam seternam et al tri simili errori de Greci, délia cui setta s'intende essere. Ma non guidica Nostro Signor bene di venir a particolarità di articoli, se non necessitato. Potrà ben farle conoscer chè S. Stà desidera, et a questo fine manda V. S. a Sua Âltezza in specie di veder i Principi christiani in buona concordia et pace, perché da loro seguirà anco la carità et unione di lor Popoli, con la quale unione^ buona et sincera intelligenza, confida Nostro Signor nella bontà di Dio, chè non solo si veria a deprimersi Torgoglio et ardir del Tiranno Turco sitibundo del sangue christiano, ma fermamente crede, che si potrebbono recuperare i Paêsi, grimperii, i Regni et Stati che già erano de Christiani, ne il Chrisiianesimo supportarebbe più si grande ingiuria chè quei luoghi ove Christo Gesù operô la salute et redentione humana fossero occuppati da quel cane et da si
crudel tiranno^ et che se fù mai tempo, hora deve essere, che esso Tiranno alieno non solo dalla fede vera, ma ancora dalla humana, contra ogni conventione et patto che haveva con la republica Venetiana senza haverne una minima causa, tenta voler prendere il Regno di Cipri, dove ha grossissimo essercito per taie efietto, et havendo S. Stà trattata lega tra il Re di Spagna et essa Republica si come ancora si tratta et si spera di concluderla, non solo tra essi« ma ancora tra tutti i Principi catholici, havendo fin qui S. Mtà Cattolica mandato di présente a intercessione di S. Stà 5o galère in aiuto de detti Signori Venitiani per congiungerle con le loro che sono in grosso numéro, le quali insieme con le altre se giungeranno in tempo di poter venir aile mani con Tarmata del Turco, S. Stà spera che si debbrà fargli abbassare Tardire. Perô essorta et prega Sua Altezza ancora, essendo essa uno de Principi del Christianesimo a volervi entrare per la parte sua, et per Fanno che viene di Aprile o Maggio haver in essere un grosso essercito contra il detto Tiranno, si come ancora dal canto di quà si havrà grossa armaia et essercito circa le Rivière del mare Mediterraneo, et quando come si spera S. Mià Cesarea et il Sermo Re di Polonia vogliono entrare nella medesima lega, se gli darà da travagliare assai par la via d'Ungheria, et per indurlo a questa unione V. S. dovrà adurre tutte quelle ragioni, che il Signor Dio le somministrarà.
A Aggiunto alla Instruttione messo in cifra.
u Li Privilegii et gratie, che S. Stà ha inteso baver desiderato il Moscovita, erano che gli fosse dato Titolo Regio et mandargli alcuni sacerdoti per instruire i suoi popoli nelle cerimonie di Roma, et certi Artisti, et altre cose, che quando sia vero, ben se ne potrà ricordare Sua Altezza. — Archives du Vatican, Polit,, 8i, p. 417 : Ins~ truiîione di quanto pare a Nostro Signor che habbia da fare Mons. Nuniio di Polonia andando al Duca di Moscovia nel / 569. » Le même document est reproduit Polit, ^ 33, p. 40, avec la note marginale : a Data al Pagliarino di settembre iSjo. »
Cest sans doute par erreur que les instructions de Pie V sont datées de iDÔg à la page 417, Polit,, 81. Elles sont accompagnées d'une lettre pontificale à Ivan IV du 9 août ibyo (Theiner, Mon, hist, Pol,, II, Dccxcvi); en outre, il y est question des 5o galères accordées par Philippe II aux Vénitiens; or, ceci ne s'est passé qu'en juillet-août 1 570 (Rosele Cayetano, Historia del combate naval de Lepanto, pp. 19 et 22) ; il est donc probable que les instructions de Pie V se rapportent aussi à Tannée 1570. Pagliarino, dont le nom est cité en marge, était un employé subalterne de la nonciature de Pologne.
A ce sujets Wengierski, connu sous le pseudonyme de Regenvolscius, s'exprime ainsi : a His in legatione illa (il s'agit de l'ambassade polonaise à Moscou en iSyo), utpote Evangelicis, fuit a sacris Concionibus Joh. Rokita, minister et consenior Fratrum Boh. in Maj. Pol. natione Bohemus, sed jam linguae Polonicse optime gnarus, vir pins ac eruditus. Moschoviam urbem ingressi sunt 3 Martii. Inter caetera cum iis legatis.habuit etiam de religione coUoquium Basilides Dux, homo alioquin ferox. Ministrum autem Evangelicum, Moschorum Princeps, ad se in Senatum perductum, et honorifice acceptum, Evangelicse doctrinae summam confidenter edisserere jussit. Quod ille, humillimis gestibus imperantis animum praeoccupando, modeste et graviter praestitit. Hanc fidei Confessionem , a se, mandato Principis Moschi, conscriptam, Rokita toti Senatui ipsius, eo praesente exhibuit. Tum Moschus Dux Responsionem , ad hanc Rokitae Confessionem, libro eleganter in quarto Ruthenicis literis scripto, et pretiosa tela auro texta ornato, comprehensam, ei in manus porrexit.
Âuthor hujus historiée vidit librum hune in Bi-
bliotheca eximii cujusdam Patron!. Colloquium hoc et quaestiones ultro citroque inter Moschovitarum Principem et Rokitam Ministrum habitas, descripsit latino idiomate Joh. Lasicius in Theologia Moschovitica, Spirae Nemetum, an.
i382, édita : cum refutatione superstitionum Russicarum et Evangelicorum, atque ipsius Lutheri defensione. Exstat idem colloquium fusius, forma non nihil diversa^ sensu tamen eodem apud Paulum Oderbornium in vita Joh. Basilidis,Magni Moscoviae Ducis, lib. I ; et, qui ex eo hausit, Michaelem Casparum Lundorpium, Continua torem J. Sleidani, de statu Religionis ac Reipublicse, Tom. Il, lib. 10, p. 48 etseqq. Narrât etiam Jacobus Thuanus in sua Historia nonnulla de hac Rokitae cum Basilide Duce Collocutione. » Sys~ tenta historico-chronologicum Ecclesiarum Sla~ vonicarum,,,^ opéra Adriani Regenvolscii, p. 91. Telle est la version que divulgaient en Europe les hétérodoxes; voici maintenant celle des ambassadeurs polonais à Moscou en iSyo^ également hétérodoxes : « Il Principe commando, che venisse (Rokita) avanti a lui, poi gli dimandô, s'egli era christiano, o luterano. Rispose il Predicatore che erano christiani. Il Principe gli domandô, in che credi, gli rispose, io credo in Dio Padre, Figliolo et Spirito Santo, ma non credo che H Santi siano Iddio, ne meno credo, che le figure siano da adorare, come voi adorate. 11 Principe gli rispose, non adoro le figure, ne meno
tengo li Santi per Dio, ma ben credo che li Santi erano assai più homini da bcne, che non sei tu. Perô gli disse, va, et domani mi darai in scritto tutta la tua fede, et cosi si parti ; la matina seguente gli porto tutto quello che credeva in scritto.
« Il principe, preso et letto ch' hebbe, che fù con tanta admiratione, si levo et alta voce gridô, va et qui non predicare nel mio Regno, ne meno a li tuoi^ altramente ti farô tagliar la testa subito perche sei peggio che giudeo, et sei messo d'Antechristo, cosi il misero parti mezzo sbegottito, ne più predicava come era solito alli suoi. Poi il Principe li mandô un libretto, di tutto quello che credeva, et gli fece dire, che ben studiasse quel libro^ et che poi insegnasse et predicasse agli altri. » // succès so delV Ambasceria del Re di Polonia al Principe diMoscovia adi 12 di Gen, i5yo. Archives du Vatican, Polit. ^ 68, p. i.
Juxtaposer ces deux versions, c'est rendre les commentaires inutiles.
Le mémoire encore inédit de Schlichting est intitulé : De moribus et imperandi cru ielitate Basil a (sic) Moschoviœ Tyranni brevis enarra^
î^^& ROME ET MOSCOU
iio. On le trouve aux Archives du Vatican {Polit,, 68, p. lo) et dans presque toutes les bibliothèques de Rome. Il finit par ces mots : « Ea quse scribo Majestati Regiae Vestrae ipse meis oculis vidi in Moscha civitate acta. Quae autem alias per urbes, oppida, arces geruntur, ea vix volumina capere possunt. * D*où Ton peut conclure que le mémoire a été adressé au roi de Pologne Sigismond-Auguste. Un autre mémoire deSchlichting, beaucoup plus court et en allemand, a été publié dans les Script, rer, poL^ I, p. 145. La manière dont Portico s'est servi de la première pièce est mentionnée par Catena, Vita del glor, PapaPio V, p. i85.
Aux Archives du Vatican il y a deux relations sur l'ambassade polonaise à Moscou en 1570.
Elles se trouvent dans le même volume que le mémoire de Schlichting {Polit., 68), ce qui trahit des origines communes. La première (p. i) que je crois inédite est intitulée : // successo delV Ambasceria del re di Polonia al principe di Moscovia a di 12 di Gen, i5jo. La seconde a été imprimée par Theiner {Mon, hist, Pol., II, p. 755), en voici le titre, d'après le ms. du Vatican (Po-
///., 68, p. 140) : Contumeliœ ac injuria quitus Nuncii Sei\ Poloniœ Régis ac etiam Aulici et reliqui hommes subditi cum ipsis existentes a Duce Moschor. ejusque Aulicis in iiinere ipso et reliquis locis, dum irent in Moschoviam et rursus inde redirent , sunt affecti. La preuve que Possevino a eu entre les mains le dossier de Portico se trouve dans Tourgueniev, Hist, Russ, mon., Suppl.f p. 20, n* X.
Le mémoire de Cobentzl a été publié, dès Tannée 261 1, dans le Thésaurus politicus de Cologne. Réimprimé depuis avec des variantes, il a même été donné pour inédit par Wichmann en 1^10 {Sammlun g bisher noch ungedruckter kleiner Schriften, p. 1). Il y a eu longtemps des controverses sur le vrai nom de l'auteur, et voici pourquoi : dans les différents dépôts de Rome, de Venise, de Vienne, de Berlin, de Moscou, ce mémoire est attribué tantôt à Cobentzl, tantôt à Jean ou Philippe Pernstein. En faveur de Cobentzl, il y a deux arguments péremptoires : d'abord aucun ambassadeur impérial du nom de Pernstein n'a été à Moscou sous le règne d'Ivan IV; ensuite, en comparant le mémoire en question avec le ré-
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cit officiel fait à Moscou de Tambassade de Cobentzl (Mon. des rel. dipL, I, col. 481-574), on s'aperçoit que les itinéraires, les dates, les noms, ainsi que toutes les autres circonstances, sont absolument identiques. Désormais le doute n^est donc plus possible. Quant aux origines de la confusion entre les deux noms, ce n*est là qu'une question purement secondaire. Au point de vue de la critique, le procédé de Karamzine est cependant assez remarquable. Laissons la parole au savant historiographe de l'empire de Russie : « L'original, » dit-il, c( était probablement anonyme; quelqu'un^ se rappelant que Herberstein avait été envoyé en Russie du temps de Maximilien l*' (i5i7 !), aura ajouté le nom de Pernstein, » (His^ toire de Vempire de Russie, IX, note 440}.
Voici le texte encore inédit de la dépêche du cardinal de Côme à Morone :
a Se ben Nostro Signore pensa che a questa hora V. S. Illma possa baver eseguito quel che per tre altre mie lettere le è stato scritto per ordine di S. S. nel negotio di Moscovia et vigilato conforme ail* importanza di quello, nondimeno è
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parso a S, S. molto a proposito che se le facciano intendere ptu amplamente le cose infrascritte.
a La S. S. è molto bene informata délia gran riverenza et obsequio che porta hora piu che mai quel gran principe alla Sede Apostolica, perô poiche negr an ni passati non hanno li Papi solicitato r intrinsecarsi con lui per causa délia diffidenza che ha havuto seco la Serma casa d'Âustria, poiche hora si vede principio di confidenza tra loro, non le pare che si a da perdere 1* occasione per procurare che possa giuntamente con gl* honesti interessi del mondo caminare V interesse délia chiesa di Dio.
a Acciô dunque che questo segua la S. S. è consigliata di mandar al tutto qualche privata persona a salutare quel principe, invitarlo a congiungersî non solo con le forze, ma col spirito et fede con li principi obedienti figlioli délia Sede Âpostolica, perche non ha dubio, che agitando anco la M. Cesarea questa attione, egli non sia per mandar alla S. S. Âmbasciaria si solenne, che consolarà li catholici et renderà piu confusi gV heretici, farà sospirare, piu sospettare et manco pre« sumere il Turco.
a Quando il Re Johanni (sic) di Portogallo hebbe fatto bona amicitia col Re di Ethiopie, non desiderô cosa piu che indurlo, si come V indusse, a riconoscere la supériorité délia Sede Âpostolica, onde Tanno del 33 fù data in Bologna solennissima obedienza alla Santa Memoria di Papa Cle«
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mente da parte di quel Re, perô poiche non è novo quello che si desidera da S. M. Cesarea in aiuto et favore del sopradetto sanlo pensiero, cônfida la S. S. che sarà dalla detta Mta non solo ben inteso, ma prontamente messo in essecutione, proponendolo massimamente la S. V. lUma ch* è tanto atta a persuaderla in cose anco molto maggiori.
« Si desidera dunque che, per uscir délie generali et del poner la cosa in negotio, la S. V. lUma venga al ristretto con la M. S. et voglia al tutto riportare da lei chenon solo ben intenda, che la S. S. mandi a questo Principe, ma che lo informi del viaggio che havera da fare la persona che andara, facendosi dare non solo passaporti et ogni favore per detto viaggio, ma lettere ancora di S. M. nelle quali essorti quel Principe a voler, conforme a quanto fa lei medesima et il Re Catholico, riconoscere la supériorité délia Santa et Âpostolica Sede Romana^ et al tutto volere che' 1 suo patriarca faccia il medesimo^ non essendo conveniente che un tanto gran principe christiano, com' egli è, permetta che' 1 suo Metropolita sia suddito in spiritualibus al Metropolita Cônstantinopolitano, ch' è suddito del Turco, et ad ogni comandamento suo, fà fare publiche orationi per Je vittorie ch* egli tenta contra 1* afflitta Christianità. Et havuti questi aiuti di S. M., V. S. Illma mandera poi un huomo co' 1 brève di S. B.
a Et perche da piu bande vien scritto cheM
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iiovo persiano dà che pensare assai al Gran Turco, poiche da cosa alcuna non potrebbe hoggi la christianità ricevere piu beneficio che da una gagliarda guerra la quale potesse nascere fra questi, SI corne Nostro Signore ha pensato di far fare, per via del Re di Portogallo, ogni officio accioche il Persiano infesti quel cane, cosi lodarebbe chè la M. S. Cesarea procurasse che' 1 Gran Principe di Moscovia facesse 1* istesso offitio ben informando esso Persiano corne il Turco è per havere conti-* nua et gagliarda guerra dalli christiani, il quai ofâcio potrà assai facilmente esser fatto dal detto Moscovita, poiche s* intende ch' egli ha comertio et bon amicitia con quel principe. Con che reste baciando a V. S. Illma humilissimamente le mani. Di Roma, a 25 d*Agosto ibjô ». — Archives du Vatican, Polit., ii6, p. 5o : Ampîior informatio super negotio obedientiae Magni Ducis Mosco vice.
Voir pour les détails biographiques sur Clenke : Theuwelius, Bedenken und Gegenbericht auf die Schmaeschrift des Barth, Wolffhardt Superiti" tendenten wieder dus Leben und Absterben H. D, Rodolphen Klenken, Coelleriy i58i; Medercr,
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Annales Ingolstadiensis Academice, 11^ p. 46 et suiv.; Suttner, Geschichte des bischœflichen Se^ minars in Eichstiœt, p. 27 et suiv. Citons encore la dépêche inédite deMoroneau cardinal de Côme, Ratisbonne, 9 août 1576 : a Qui è comparso il Dottore Rodolfo Clenchen destinato ad andar al Duca Henrico di Brausvich (sic), il quale ha tolta la moglie torella del Duca di Lorena, hoUo accarezzato et essortato quando andarà in Sassonia, voglia far il debito per la religione catholica, corne spero certo che farà, parendomi huomo molto zelante, et dotto, et instruttissimo di tutti gli andamenti et scritti di heretici, ma non andarà fin che* 1 Duca Henrico non lo dimanda, et frà questo mezzo attenderà a leggere nello studio d*Ingolstad. Di questo huomo darà maggior notitia a V. S.
lUma Mons. Nuntio Portia. » Archives du Vatican, Germ., 96, p. 193.
Jusqu'ici on a expliqué Téchec de Clenke de différentes manières faute de données authentiques. 11 est donc opportun de publier le document inédit qui met ce fait en pleine lumière. Voici la réponse, copiée sur Toriginal, de Tempereur Maximilien II à Morone sur ce sujet :
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« Sacra Cxsarea Majestas, Dominus noster dementissimus bénévole intellexit ea, quœ Mti suœ, nomine sanctissimi Domini summi Pontificis Rmus Dominus Cardinalis Moronus, Stis suse Legatus a Latere, de Rhudolpho Klenck in Moscoviam, una cum Magni istius Principis Oratoribus, iam istuc redituris, mittendo etc. proposuit. Q.uoniam vero cum iisdem Oratoribus nihil eonim, quorum Rmus Dominus Legatus mentionem £acît, tractatum est, adeoque responsum, quod a Mte sua acceperunt, ad Legationem, propediem non modo a Sacra Caesarea Maiestate ac Sacri Imperii Ordinibus, verum etiam Serenissimis Hispaniarum et Daniae Regibus mittendum se refert^ Caesarea Maiestas sua parum consultum, neque ex dignitate fore censet, iam nunc, non expectata solemni illa legatione, quœ ut quamprimum in effectum deduci possit, Maiestati suœ diligenter curae erit, dictum Klenck, vel alium quempiam prœmitti. Idque tanto magis, quod Mtas eius necessarium omnino existimat, ut inter Principes, Legationem illam missuros, de iis, quae tractanda erunt, prius conveniat. Id quod CaBs. Maiestas prœfato Rmo Domino Legato responderi bénigne iussit. Cui quod reliquum est, benevolentiae suae studia animo propensissimo defert. Decretum per Caes. Mtem suam, die décima quinta, mensis septembris^ anno Domini millesimo quingentesimo septuagesimo sexto. » Archives du Vatican, Aifn. 64, t. XXIX, de Po^ lonia, 1. 1, p. 274.
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Voici le texte des instructions inédites du car-» dinal de Côme au nonce de Pologne Caligari :
(( Le nuove che di giorno in giorno continovano de le spesse et grandi percosse date da Persiani al Turco et la grande occasione che perciô si présenta a Christiani di liberarsi affatto da la Tirannide Turchesca, fanno che Nostro Signor a li soliti pensieri et desiderii suoi verso il beneficio del Christianesimo aggionga hora qualche cosa di più. Perô tra V altre cose è venuto a considératione S. S. che havendo il Sermo Re di Polonia mostrato con voi in più ragionamenti gran prontezza d' impiegarsi quando venisse V occasione in servitio di Dio et de la Christianità tutta, hora sarebbe tempo di metter in opéra li suoi virtuosissimi et santissimi pensieri, non mancando a la M. S. modo di poterlo fare, si per esser potente di cavalleria, corne per haver facile et aperto l' ingresso ne le viscère Turchesche per li paêsi di Valachia et di Moldavia ; ma perché S. S. sa che ciô non potrebbe haver efietto senza prima pacificarsi col Mosco, il quale quando fosse in pace con S. M* volterebbe anch* esso volentieri V arme sue contra
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i Turco da la banda del Caffa et de Percopiti (siO'f ha perciô deliberato S. S. dï mandar una Ambasciata al detto Mosco per cercar di persuaderlo a suspender V arme con Polonia e voltarle, com' è detto, perché senza dubio aggionto questo travaglio a quello che noi di quà daremo al medesimo Turco, non sarà possibile che regga longamente et con V aiuto di Dio lo farcmo cader in terra. Hor confidando S. S. quanto deve de la prudenza et pio zelo di S. M. vuole che V. S. gli communichi tutto questo et sotto la credenza del brève che sarà qui aliigato gli dichi (sic) che hora è venuto il tempo di cominciare a pagar l* obligo a Dio che gli tiene per haverlo tanto honorato et essaltato et che non puô dar a ciô principio piu heroïco, ne piu christiano che con perdonar le offese ricevute dal Mosco per poter liberamente et senza impedimento servir a Dio in quest* altra impresa. Che S. S. come stima la M. S. per il piu prudente et valoroso Re che hoggi porti corona in testa, cosi vuole et délibéra che questa impresa sia retta, giudata et governata principalmente col conseglio et parer suo, et perciô prima che far altro ha voluto haver sopra di ciô la volontà sua, la quale havuta che haverete S. S. vuole, che di costi mandiate subito un* huomo in Moscovia con il brève credentiale che sarà qui annesso, et con la instruttione che voi meglio d*ogni altro gli saprete fare, tanto piu con Taiuto et conseglio del Sr. Cane, et di S. M. propria. Et
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potreste mandar un ni pote del* Ârcivescovo di Gnezna quale intendemo esser molto atto a questo per esser persona ecclesiastica et per haver la lingua Mosca, et esser stato altre volte in quel paôse, et esser gratissimo a quel Principe. Ne a S. M. doverà parer di metterci del* honor suo poiche r ambasciata puô molto ben andar e tornare senza che si sappia che la M. S. ne sia consapevole et potrà parère che Nostro Signor si sia mosso, com* è vero, da se stesso, senza haverglilo communicato, et colui proprio che anderà potrete far che creda il medesimo acciô lo dia tante più faci Imente a credere al Mosco, mandandolo sotto gran secretezza et corne di nascosto di S. M. Al brève per il Mosco non si è fatto il soprascritto acciô se fosse intercetto prima che pervenga in vostrê mani non si scuoprisse il negotio, ma glielo potrete far voi con le parole che saranno in un polizino qui a parte et nel far l' instruttione so che non vi scorderete tutti li passi, che possono persuader quel Principe a tutto quel che da lui si desidera, poichè oltre il gran servitio che si farà a Christo Signor nostro, è per risultarne altretanto beneûcio a li stati particolari del detto Principe quanto a quai si vogiia altro de li Principi Christiani et sopra tutto non gli tacerete, che adesso è venuto di Persia in Portogallo uno mandate dal Persiano per sollecitar li Principi Christiani a moversi tutti contra il Turco promettendo lui di star fermo ne la guerra, et presto presto sa-
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premo le particolarità di questa ambasciata poichè havemo saputo questo solo da un compagno di detto mandato che fù inviato da Ormus in quà per terra, essendo il suo principale andato per la via lunga del mare. Sarà anchor bene mandar al detto Mosco uno o due volumi del Concilio Fiorentino di quelli che portaste con voi se ben doveste pigliar quel proprio che si diede al Re^ al quale se ne mandera poi un' altro, et farete essortar il detto Principe ad abbraciàr quel concilio et la dottrina sua corne conviene, unendosi da dovero cal capo de la Chiesa, che è questo di Roma, et dando orecchio al trattato de la pace con Polonia, ne awisarete qua subito, perche S. S. bisognando mandera di quà persona a posta per finir di trattarla anchor che in tal caso potreste andar poi voi in persona da lui per taie effetto. Se a r huomo che anderà bisognerà dar danari non mancherete di provedergliene per la miglior via che potrcte, che non si mancherà di rimborsarsi qui. Ne altro dirô, se non che se questo negotio s* inca minera bene S. S. è si cura d' ha ver in questa santa unione quasi tutti i Principi Christian! et già siamo certi del Re cattolico il quale se bene è stato molto vicino a concluder la pace o tregua col Turco, nondimeno a persuasione di S. Stà ha lasciato questo pensiero et si scuoprirà a guerra aperta quando saprà d* haver compagni, il simile speramo de* Vinitiani, et gli altri Potentati faranno senza replica quel che voira S. S. Onde V. S. vede
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che la salute hoggi del mondo dipende si puô dire da la resolutione che farà cotesto Sermo Re, quai perciô haverete da essortare, pregare et scongiurare in nome di Nostro Signor che la faccia in quel modo che de la prudenza et pietà sua si deve aspettare, tanto piu perche d* altra maniera il mondo crederebbe che Tamicitia sua col Turca non fosse piu coatta, ma volontaria et fonda ta in vera benevolenza poiche non verra forse mai piu occasione simile a questa di levarsi la maschera et far quel che deve un buon Principe libero et christiano. Oitre che per questa via non solo ricuperarà quella parte de la Transilvania che dal Turco gli viene occupato, ma si rifarà largamente dei danni patiti con Pacquisto di Valachia et Moldavia et forse di Constantinopoli stesso. Dio puô far de gran cose et la persona di S. M. non è stata assunta a tanta dignità per poca occasione. Potrete anco dirli che in caso che S. M. si risolva, S. S. conosce ch' è necessario sovvenirla di qualche somma di denari et che non si mancherà di farlo et in tal somma et per tal tempo che S. M. ne restera satisfatta, il che si déclarera poi meglio quando sarà tempo di venir a questi particolari. Il Sr Cancelliero haverà occasione in questo negotio di declarare il valor et la bontà del' animo suo conosciuto et predicato da ciascuno et da me sommamente honorato et ammirato. Se nel rispondere et replicare bisognerà maggior céleri ta del* ordinario potrà V. S. espedir pedoni a Vienna et di
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làdar ordinecheleleiteresimandino fedelmeme in mano de) Nuntio in Venetia, advertendo perd che il maEBtro di potie di Vietina soleve esser heretico et cbe percîô bisognerà guardarsi da lui se egli Ë quel medesima.
u Net polizino a parte : Dilectissimo in Ctirlsto filio nobili viro N. Magno Duci Moicovi», » elc. — Archives du Vatican, PolU., ti6, p. i3o : A Mans. Caligari Nuntio iii Polonia, jo di giugno i579.i«cifra.
Préface.