AU BORD DE LA MER
V v; * îi , y « v. ». *»' • \i '»• . •
» • tt i . u » / r ». -î - •* •**
Il était sur la plage assis à eôté d’elle.
•1 tl
Et la mer à leurs pieds s’étendait, sombre et belles
Chaque vague jetait son hymne passager,
'•I il
Et la terre envoyait ses senteurs d’oranger.
Oh! c’était un beau soir)... line brume embaumée
Du fond des flots montait, blonde et pâle fumée-,
L’air était tiède et pur, et doux à respirer...
Et lui, triste, muet, il semblait soupirer.
— Elle lui dit : « Quel est le douloureux mystère
Qui remplit votre coeur d’une pensée amère.
3#tt ESQUISSES.
Et met sur votre front cette étrange pâleur?... »
• — Vous voulez donc savoir pourquoi je suis rêveur?...
Mon enfant, voyez-vous, c'est qu’une souvenance M’arrive dans ce vent des rivages de France. .
Il est, écoutez-moi , bien loin de vos grands cieux,
Loin de vos belles mers, de vos horizons bleus,
Près des ormeaux poudreux qui courbent sur la route Pour l’humble voyageur leur verdissante voûte ,
Un pauvre cimetière, herbeux comme les prés.
Triste, silencieux avec ses longs cyprès.
Dans ses herbes , il est deux tombes isolées,
Qu’on devine au parfum comme deux fleurs voilées;
Deux pierres, froides sœurs, et que déjà le temps Verdit de son lichen... Mais quand vient le printemps Autour d’elles l’on voit la marguerite blanche,
La blonde giroflée , ou la douce pervenche...
Hélas! quand je partis pour ce pays lointain ,
Il m’en souvient toujours, c’était de grand matin, .1 .< - >• • I La voiture passa tout près du cimetière; le les vis... Et je crus, dans ma douleur amère,
Qu’elles me regardaient tristement toutes deux .
Et qu’elles m’envoyaient leurs pénibles adieux... »
« — Mais , dites-moi , qui dort dans ces tombes?...
— Deux femmes ! »
Deux femmes dont le ciel reprit les belles âmes!
Deux anges, mon enfant !.. . Ma mère et puis ma sœur !. .. <
— Voilà pourquoi ce soir je suis triste et rêveur.
Oui, malgré moi je pense à ces deux chères mortes Sur qui la vie injuste un jour ferma ses portes.
Et cependant c’étaient deux fronts pleins d’avenir!...
— Mais, pensera douloureux pourquoi donc revenir?