‹ Rome et ses papesChapitre 120 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE I

travail pour ainsi dire. Point de stabilité ; tout se fait , se défait , se heurte ; ce sont les angoisses , les douleurs , le3 déchirements qui précèdent l'enfantement. L'ordre naîtra de la crise. Le principe théocratique , s'étendant sur chaque élément , comme la théologie s'étendait sur les sciences , paraissant encore seul constitué au sein de la confusion , considéré politiquement , avait sans doute exercé une influence funeste ; mais examiné sous le point de vue moral, il avai': activé le mouvement intellectuel. Bientôt il va descendre par la force des choses dans le domaine public. La société humaine va s'asseoir et prendre enfin une directi< positive. Le seizième siècle , comme on l'a dit ,

sera pour l'humanité la fin du tâtonnement.

[i5o3.] Le premier pape du siècle , Pie III , était un Piccolomini , selon les uns neveu de Pie II , selon d'autres son propre fils: son règne d'un mois finit par le poison. Il était charitable et restaura des églises.

Son successeur fut Jules II , Délia Rovère , sorte d'évêque de Beauvais pour l'ardeur guerrière. C'est lui qui jeta les clefs de saint Pierre dans le Tibre pour ceindre l'épée de saint Paul; le premier il laissa croître sa barbe , usage que les rois ses contemporains adoptèrent. Avant

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son élévation , il avait pris l'engagement d'anéantir les abus existants ; pape , il oublia ses serments. Son seul acte digne de louange fut la promulgation d'une bulle contre la simonie en fait d'élection. Il devait pourtant la tiare à ce moyen , car il l'avait achetée par l'or et les promesses. En politique habile , il dépouilla ensuite César Borgia de toute sa puissance , la réunit à celle de Rome , et sut ainsi faire tourner au- profit du saint-siége l'avidité sanguinaire d'Alexandre VI et des siens. César , exilé , mourut glorieusement les armes à la main.

Alors régnait à un haut degré cette science souterraine qu'on a nommée diplomatie, et qui n'est autre chose que la fourberie et la mauvaise foi érigées en lois et implantées dans le droit des gens. Louis XII était roi de France ; Ferdinand , dit le catholique , Isabelle et Ximenès gouvernaient l'Espagne. — Louis a des droits sur Naples et le Milanais , et se prépare à les faire valoir : Frédéric , roi de Naples , tremble à cette nouvelle ; il invoque Ferdinand son parent , son allié , et Ferdinand promet le secours de ses armes , pendant que , par convention secrète , il partage avec Louis XII la monarchie napolitaine. Alexandre VI souillait encore \a chaire de saint Pierre , et Louis venait

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