‹ Rome et ses papesChapitre 141 sur 197 · J.IVRE II , CHAPITRE II · texte numérisé non relu

J.IVRE II , CHAPITRE II

neveux dégoûtants de crapnle et de vices ; il les enrichit des titres et fiefs des patriciens qui le gênaient. Quand ces neveux furent opulents ils troublèrent l'État. Paul alors les éloigna pour sauver leurs têtes , et ce qui n'ëtait qu'une, mesure de prudence fut offert aux Romains comme un acte de justice. Aux yeux du bon peuple , la précaution du prince passa pour l'exil des coupables.

Des auteurs affirment que sous ce pontificat s'organisa cette fameuse congrégation de l'index , espèce d'amortissement de la pensée , plus nécessaire à Rome qu'ailleurs , puisqu'il y eut . superfétatioh de vices où la vertu seule devait régner. C'est là que s'enfouiront pendant des siècles toutts les confessions de la haine , les aveux des ambitions déçues comme aussi les résultats critiques de la raison humaine. Ce tribunal manquait au saint-siége , car à Rome et dans l'Italie l'inquisition n'était pas suffisante. Elle avait bien ses nombreux familiers ; le saintpère même la soutenait ; mais le clergé voyait avec envie ces moines dominicains et cordeliers , hauts et puissants inquisiteurs par un privilège non moins injuste qu'exclusif. Partout il signalait leur pouvoir comme infraction à la hiérarchie de l'Église ; et le peuple lui-même , glacé

de distance en distance par le bruit de leurs fureurs lointaines, joignait son exécration à la jalouse inimitié des prêtres. Quoi qu'il en soit Paul IV , maladroitement , corrobora le saintoffice et multiplia ses prisons. Les Romains , qui redoutaient leur maîtré , se turènt ; mais quand il quitla la vie , ils osèrent se soulever contre son cercueil. Sa statue mutilée fut jetée dans le Tibre ; les prisonniers furent délivrés au bruit de la clameur publique , et ce qu'on nommait le saint-office , le palais et les papiers des inquisiteurs furent livrés aux flammes. — Une émeute populaire , à la fin d'un règne marque la chute d'un méchant prince : c'est la rupture d'un lien , la condamnation du passé ; c'est l'arrêt de l'histoire. •

Page 1