‹ Rome et ses papesChapitre 143 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE VU

toire a dévoilé la trame de ces honteuses menées.

Pressé par les cours chrétiennes, Pie convoqua l'interminable concile de Trente. L'Europe en suspens attendait tout de la docte assemblée. Le saint-père paralysa sa voix et ses vertus. Bientôt le parti italien y devint prépondérant , et aucune détermination n'y fut prise sans l'avis préalable du siège apostolique. Les princes et les protestants réclamèrent $ on ne vit plus dans le concile qu'une réunion docile et purement passive, qu'un conciliabule passionné , en proie à l'influence du principal intéressé ; puis cette intrigue irréfléchie envenima les cris des réfractaires et acheva de convertir en haine ce qui n'était -encore , chez beaucoup de gens , qu'un sentiment vague engendré par l'évidence du mal. La réforme y gagna. Des milliers de transluges se rangèrent sous ses étendards. •

Avouons-le néanmoins, le concile de Trente signala son passage par quelques lois pleines de sagesse et de pénétration. Les parlements et les états français reconnurent son infaillibilité en matière de dogme ; mais sa législation despotique , que le clergé gallican défendait avec servilité, fut repoussée par la nation. — Parmi

tant de décisions on voit qu'il lança l'anathéme contre ceux qui nieraient l'immaculée vierge Marie , les sept sacrements , le purgatoire , les reliques, etc. ; — régla le dogme, le culte des images , l'invocation des saints, les missels , les fêtes i etc. ; — défendit le luxe , le jeu , l'amour du gain et la débauche aux clercs ; — décerna des peines contre les évêques absents sans cause de leurs diocèses , et établit, concernant leur conduite ultérieure et leurs attributions , des bases pleines de sens ; — considéra comme crime la violation des sauf-conduits , se rappelant sans doute l'injuste supplice de Huss et de Jérôme de Prague; prohiba la pluralité des bénéfices , les restrictions mentales; défendit aux ecclésiastiques de se marier , de mendier ; les proclama justiciables de la seule autorité spirituelle , et déclara leurs bâtards inhabiles à leur succéder dans tous bénéfices ; — déçida que les évêques ne pourraient être jugés que par le grand- pontife ; — condamna

la mdnomachie ouJe duel qu'il nomma invention du démon ; les empereurs , rois , seigneurs qui l'autoriseraient ; les témoins , les spectateurs eux - mêmes : — • fixa la pénalité en matière de bigamie , de mariages secrets , de concubinage, d'adultère , d'homicide, de rapt ,

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