‹ Rome et ses papesChapitre 144 sur 197 · LIVBE II , CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVBE II , CHAPITRE III

d'apostasie , etc. ; — ratifia les règlements pontificaux sur les livres ; anathématisa les détenteurs des biens de l'Église ; — permit les vœux à Tâge de seize ans pour les garçons, de douze pour les filles , et excommunia ceux qui contraindraient les mineurs à entrer dans le cloître; — déclara l'état de virginité et de célibat préférable à l'état conjugal ; — vanta l'utilité des conciles , des jeûqps , et prohiba la vente des indulgences , qu'il appela cependant trésors célestes de l'Église; — approuva les instituts de l'ordre de Jésus, de Saint -Jean -de- Jérusalem , etc. ; — défendit aux capucins , frères mineurs, franciscains, dé posséder des biens immeubles ; aux religieux de tous ordres réguliers d'en posséder individuellement ; — détermina les attributions du pape , le vicaire de Dieu in terris , et les devoirs des cardinaux ; — condamna les hérétiques sans les désigner , la doctrine des anabaptistes , etc. ; — discuta longuement sur l'eucharistie , la prédestination , la puissance de Dieu , l'empire du démon, etc. , ainsi que le faisaient les conciles , et entremêla son mysticisme obscur d'excellents décrets de police ecclésiastique et civile. — Par malheur, les légats de Rome gouvernèrent trop despotiquement l'assemblée; la guerre civile d'Aile-

magne, les querelles de l'Empire et du saint siège embairassèrent sa marche, et l'or du Vatican neutralisa les bonnes intentions de la majorité. Le monde vit qu'il y avait encore dans ( la chrétienté des hommes vertueux , d'une foi loyale et pure, et de tous les résultats' positifs de ce concile fameux , celui-là peut-être fut le plus utile. — Des écrivains affirment que Pie IV fut aimé des R#nains , et quelquefois charitable. — On sait de lui qu'il fit travailler à l'embellissement de sa capitale , et restaurer des temples. — Il fonda l'église de Sainte-Marie dans la grande salle des Thermes de Dioclétien.

[i565.] Son successeur , Pie V, a été canonisé, en partie parce qu'il consolida dans Rome le saint- office chancelant. Il avait été dominicain et disait que u moine il était sûr de son salut; que cardinal il l'espérait encore; mais que pape il en désespérait. » Sa vie suivit ces gradations. D'abord , humble et modeste , le cardinalat le gâta, et la papauté le perdit.

Le serment papal rendait l'élu esclave des précédents , et lui imposait non-seutement l'obligation de s'astreindre aux maximes anciennes , mais encore celle de les entretenir par l'usage , comme on préserve un glaive de la rouille. Voila

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pourquoi , dans l'histoire de Rome , l'honnête homme n*a fait que passer.

Pie V avait de bonnes mœurs i était simple , compatissant , économe ; il pouvait faire un bon prince. La politique tortueuse de ses devanciers l'enchaîna.

Éternel , par tradition , dans son intolérance, le saint-siége , de concert avec Catherine de Médias et Philippe II , 'avait juré la ruine des schismatiques. On les brûlait dans les Pays- Bas; en Espagne le saint-office décimait à la fois les orthodoxes, les Juifs et les Mahométans, et le père des chrétiens se taisait. — Maximi- . lien II , empereur , osait sèul blâmer les massacres. Usant de la voie persuasive . il autorisait ceux dont la foi restait inébranlable à suivre la confession d'Augsbourg, et Pie V menaçait le monarque de le priver de sa couronne. — Pie encore excommuniait Elisabeth parce qu'elle bannissait de ses Etats les prêtres papistes comme fauteurs de troubles , et ceux qui les recueillaient comme félons. — Sa grande rigidité le rendit terrible : on rapporte que le sultan SeV lim II , célébra sa mort.

Lorsque le saint-siége se joignit à l'Espagne et à la république de Venise contre les Musulmans , Pie , ou plutôt Rome , eut ses galères et

sa flottille. Don Juan commanda les alliés et remporta sur les Turcs cette meurtrière et inutile victoire de Lépante , qui ne fit que populariser le nom d'un des bâtards de Charles-Quint. Les Vénitiens y trouvèrent de la gloire , et la gloire n'était pas leur but. Déjà l'amiral ottoman avoit repris Tunis : il en égorgeait les chrétiens , tandis qu'au Vatican on îêtait encore sa défaite [1-671]. .

C'est ce puissant Pie V qui octroya à Cosme le titre de grand-duc de Toscane que l'empereur , d'abord blessé , confirma plus tard.

Juste et sévère, comme l'homme dont les mœurs sont à l'abri du blâme , il supprima sagement un ordre monastique de Milan , coupable déjà par une longue vie de luxure , et récemment par une tentative d'assassinat sur l'archevêque Borroméo. 11 soumit ensuite les moines et les évêques à la plus stricte discipline, et par là sut abaisser ces derniers et mettre un frein à leurs excès. Dans Rome même il réprima le faste du clergé et permit de poursuivre les cardinaux pour dettes. Sa vie privée fut digne d'exemple. Sous son administration , la métropole chrétienne sembla se rapprocher du noble rôle qu'elle n'eût point dû quitter. La débauche se cacha, le dérèglement fut restreint,

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