LEVRE II , CHAPITRE III
mais l'inquisition ne resta pas oisive. Trop de têtes tombèrent. — En ce temps Baïus de Louvain commençait la dispute sur la grâce et le libre arbitre. Une bulle romaine le con- # damna.
[i5 7 2.] Grégoire XIII succéda à Pie V , Membre de la maison Buoncompagni de Bologne , il vint à Rome avec un fils naturel , qu'il voulut faire successivement roi d'Irlande et roi de Portugal. — Les Irlandais le repousrsèrent. — Philippe II prit pour lui le trône portugais*
Alors la France était gouvernée par des femmes. Quand les armées furent oisives , les grands s'occupèrent de religion. À la mort de Henri II, des partis ayant des princes pour chefs se formèrent, et la guerre civile embrasa le royaume. — François II régnait, pendant qu'une odieuse étrangère , ménageant et trahissant tour à tour les factions triomphantes , • irritait leurs plaies et leurs "haines. François succomba ; un enfant devint roi et Catherine régente. Tout paraissait calme : mais la femme fourbe qui tenait le sceptre , tout en décrétant hautement la liberté des consciences , appelait en secret les jésuites à son aide. Soudain des huguenots sont massacrés , et la lutte recom-
3o4 ROME ET SES PAPES.
. mence. On se poignarde , on se brûle ; les campagnes de France ruissellent du sang français ; des traités se font et sont rompus ; plus d'honneur, plus de. bonne foi; tous les liens sont confondus et brisés.
A la fin une paix fut jurée. L'Etat était aux abois : les protestants étaient trop forts pour être abattus par les armes ; on la crut sincère. Un réformé , Henri de Navarre , épousa la sœur du monarque. Paris était dans la joie. .
Mais une nuit le tocsin sonna , et les huguenots périrent. Le roi de France tira sur les Français. Le vent de mort souffla sur tout le royaume , et après d'extermination de soixantedix mille chrétiens les victimes manquèrent.
Cette heure de carnage fut canonisée. C'est la Saint - Barthélemi [1572].
Que fit le saint - siège? Il 'donna des éloges à la scélératesse d'un roi assassin , et à la docilité d'ûne mégère. La tête sanglante d'un guerrier vénérable (Coligny) fut traînée jusqu'à Rome , et Grégoire ordonna des fêtes et des messes , fit tirer le canon et frapper des médailles. Des scènes du forfait royal , recueillies par des peintres à gages , vinrent orner le palais du saintpère , et la perfidie d'une femme fut célébrée