‹ Rome et ses papesChapitre 154 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE IV. 3a · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE IV. 3a

fêtes et des largesses , les églises de nouvelles offrandes , et les seigneurs la chance dlavoir un parent pour maître. — Malheureusement * et cette assertion n'est que trop fondée , les cardinaux nommaient de vieux pontifes afin de les gouverner à leur gré. L'histoire attesté que l'âge décrépit et la probabilité d'une courte vie furent fréquemment les seuls titres des prélats élus.

[i6o5.] A Clément VIII succéda Léoo XI % Médicis de nom , âgé de soixante-dix ans , qui , lui-même , après vingt-six jours de pontificat , céda la tiare à Paul V.

1 Paul eut un long règne ; mais son élection fut le résultat de la surprise et d'une intrigue coupable. Aux yeux de tout homme juste elle est nulle. Déjà l'immense majorité du conclave àvait élu le cardinal de Reggio. On le portait en triomphe à la chapelle Sixtine. Tout à-coup une troupe nombreuse se présente , accuse l'assemblée d'avoir cédé à l'influence de la faction espagnole , et fait impunément proclamer Paul V par quelques cardinaux romains.

Ce pontife soutint avec vigueur les prérogatives du saint-siége. La presse italienne de son temps le traita de vicè-Dieu et d'inébranlable gardien de l'omnipotence papale. Dans la dis-

pute violente qu'il eut avec la république de Saint-Marc , il reprit pour un instant le langage superbe de GrégoircVII.

[1606.] Le conseil des Dix avait fait pendre un moine et incarcérer deux membres du clergé , lorsque la cour de Rome , offensée , osa lui contester la capacité de juger les ecclésiastiques délinquants et demanda rextradition des détenus. Le sénat vénitien avait décrété qu'on ne pourrait , £ans autorisation préalable , ni vendre ni transmettre à titre héréditaire des biens immeubles aux corporations religieuses , et que cette formalité serait indispensable pour l'érection des églises , la création des confréries , des instituts pieux ou leur importation du dehors. La cour romaine encore exigea l'annulation de ces • lois.

Mais un refus dédaigneux avait accueilli la prétention du pape. Abandonnant alors les voies sourdes de la diplomatie , Paul casse , par un bref, les décrets du sénat de saint-Marc , et ordonne la remise des captifs à l'autorité ecclésiastique compétente. En vain le doge envoie des ambassadeurs à Rome , en vain il objecte que Venise est maîtresse chez elle , qu'elle a des lois communes a tous ses citoyens : le saint-père , inflexible , lance sur la république un monitoire

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