‹ Rome et ses papesChapitre 170 sur 197 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

rier , la force et le bon plaisir. La gloire et le grand homme absorbèrent les vainqueurs ; la crainte et le danger , les vaincus : le siècle eut une idée fixe. De là vient qu'on n'y rencontre que quelques génies philosophes contre cent forcenés qui brûlent , pillent et tuent. Quoi qu'il en soit , les événements de cette période acquirent plus de lumières à l'humanité que tous les siècles précédents. La fermentation intellectuelle , d'où devait sortir le grand dix-huitième siècle , commençait. La philosophie se dégageait du lien théologique , et des faits sans nombre achevaient de bouleverser les anciennes maximes du parti religieux. L'intolérance même dans ce siècle n'avait été que politique, et le pouvoir royal s'en était servi non par conviction , mais, comme le gouvernement de l'Église, pour s'accroître ou du moins conserver son état de force.

L'Italie , pendant cette période , demeura paisible. Des neutralités malhabiles rouillèrent ses vieilles républiques ; le luxe et l'opulence gâtèrent les mœurs , éteignirent l'énergie; et les muses elles-mêmes , moins sublimes durant le calme que durant la tempête , se corrompirent.

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