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rompu et l'état ecclésiastique était considéré comme une profession lucrative. Les ordres et les couvents se recrutaient dans les familles nobles , et puisaient leur aliment dans les monstrueux préjugés de l'époque : l'inégalité de partage d'une part, et l'autorité paternelle mal définie d'une autre. On imposait la tonsure aux cadets , on jetait les filles dans les cloîtres ; la vocation était supposée. Aussi bientôt dut-on ériger en règle qu'une famille ne recevrait nulle atteinte des écarts et même des crimes d'une religieuse ; car les vœux de couvent rompaient les liens du sang , et la subordination de l'enfant s'éteignait avec la responsabilité du père. — Les conciles aussi étaient passés de mode.
Toute la police des évêques se bornait à des synodes diocésains et à des statuts sur la discipline locale. Le dogme n'existait plus qu'en théorie.
Clément XI eut le courage de refuser le chapeau de cardinal au premier ministre du Régent de France. Mais les intrigues du jésuite Lafiteau et les deux millions que , par ordre du ministre , il distribua dans la famille du successeur de Clément , obtinrent un plein succès. Dubois devint prince de l'Église.
[172 1.] Ce successeur fut le cardinal de Vi-
36o ROME ET SES PAPES.
terbe , Innocent XIII. — L'Europe alors s'efforçait de réparer les maux d'une longue guerre. Toute la diplomatie était en émoi ; des traités se faisaient , de petits princes changeaient de sceptre , et le saint-siége , comme les peuples , restait spectateur. Toutefois Innocent contribua à l'expulsion du turbulent Àlbéroni et demanda qu'il fut jugé. Il eut encore l'honneur de conférer à l'héritier des Othons, à CharlesVI, l'investiture du royaume de Naples. Comme au temps de la grande puissance , le connétable de l'Empire vint offrir au saint-père la haquenée blanche et le tribut d'usage [1722]. Ce pontife, personnellement généreux et probe , était méticuleux à l'excès. Il voulait le bien et ne sut pas le faire. Il avait promis de mettre un terme à cette polémique de théologie qui embrasait la chrétienté et que son prédécesseur avait maladroitement attisée. Une fois pape , il recula devant ses serments. Quand les menées sourdes des jésuites lui dessillèrent les yeux , il médita la ruine de leur puissante compagnie ; mais il était trop tard. Il n'eut que le temps de s'opposer à la réception de nouveaux adeptes ; le poison l'arrêta....
[1724.] Un dominicain , Benoît XIII , prit sa place , et la faction jésuitique l'opprima encore,