‹ Rome et ses papesChapitre 174 sur 197 · LIVRE H., CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE H., CHAPITRE VI

lui lia les mains et l'empêcha d'accomplir le s vues saintes qui l'animaient. Ce Fut à son instigation qu'il canonisa Grégoire VII , que déjà Grégoire XIII et Paul V avaient béatifié. — Benoît tint un concile à Latran sur la discipline. Il était faible et bon comme Innocent XIII et comme le vieux Clément XII qui le suivit. — Ce dernier ne régna que de nom : les cardinaux tenaient les rênes du gouvernement et les jésuites veillaient [1730].

Cependant on se battait pour trouver un trône à Stanislas, roi chassé de Pologne. Don Carlos, infant d'Espagne , avait envahi le royaume de Naples ; Clément XII en investit le conquérant de la même manière qu'Innocent XIII avait investi Charles VI , et finit par acquiescer au traité de Vienne qui reléguait Stanislas en Lorraine et le duc de cette province en Toscane. — Mais l'adhésion de Rome aux congrès, traités ou marchés de peuples de ces temps , était sans importance. Déjà lors de l'extinction de la maison Farnèse , sous Innocent XIII , le saint-siége ayant osé réclamer comme fiefs de sa mouvance les duchés de Parme et de Plaisance , qu'on concédait à l'infant d'Espagne et ensuite à l'Empire , s'était vu durement repoussé par les plénipotentiaires de Cambrai. Lorsque Clément XII

St.

reproduisit les prétentions 4 d'Innocent XIII, l'empereur ordonna à ses généraux de déchirer en tous lieux les placards apostoliques , et force fut au Vatican de garder le silence.

[r^oON^arrivonsa^célèbrcLamberUni, Benoît XIV, cardinal de Bologne, pape à la fois homme du monde et plein de sens , de sagacité et de savoir. Sa principale gloire lui vient des arts et des lettres qu'il cultivait et encouragea noblement. Par ses soins les lambeaux de la capitale d'Auguste commencèrent à parer celle du monde chrétien. Tolérant et charitable , sans morgue , sans népotisme et sans favoris , Benoît se concilia l'estime et le respect de l'Europe entière. Catholiques ou dissidents, tous affluèrent dans Rome avec confiance et sécurité , car nulle part , au Vatican même . l'enthousiasme religieux n'avait pu survivre. Son règne fut glorieux quoique monotone. L'opinion lui décerna le titre de grand homme.

Benoît condamna les francs-maçons , mais tout porte à qroire qu'il céda dans cette occasion aux impressions du dehors. C'était plus le fait de la réunion que son but avéré , que les sectateurs de l'absolutisme redoutaient; il fut en cela le ministre des princes qui ne voulaient voir les hommes assemblés que pour combattre

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