‹ Rome et ses papesChapitre 178 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE VI

durer qu'avec elle. Il s'était créé pendant l'âge stupidede l'esprit humain ; et cette opération secrète de l'intelligence , qui passe en revue les maux du passé et le bien possible , devait' lui porter atteinte. L'humanité avait derrière elle tous les éléments qui forment la raison des êtres : un long malaise et une longue patience. L'homme voulait être quelque chose hors de sa famille , et il n'était rien ; il sentait ses droits à moins de gêne ; la royauté était encore oppressive , la féodalité encore humiliante. Peu à peu, sans préméditation , la pensée individuelle conspira ; l'opinion éclaira ceux que la raison ne pouvait atteindre ; la civilisation s'étendit insensiblement comme l'aurore après les ténèbres, et dès-lors toutes les fois qu'elle avança d'un pas , les abus , basés sur l'ignorance , reculèrent d'un pas. Voilà le travail du dix-huitième siècle , travail spontané , intellectuel , immense fermentation rationelle opérée par la force seule des choses. Or, c'est la philosophie , je veux dire la réflexion , qui détermine ce qu'on nomme la civilisation ; et cette puissance théocratique , agissant sur les peuples et non sur les consciences , est un des abus qu'elle frappa. — Que la philosophie prédomine dans la nature humaine ; il n'y. aura plus d'abus de principes.

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