DE L'ÉLECTION DES PAPES ET DES CONCLAVES
J'ai peu parle du peuple de Rome. Immobile, paisible sous l'égide des princes qu'on lui impose , son histoire depuis des siècles est celle de ces nations nombreuses qui s'étonnent moins de rencontrer un mauvais prince qu'un bon roi , et semblent croire que sur le trône la vertu n'est jamais un devoir , ni l'égoïsme un crime. Le peuple de Rome ressemble à une postérité sévère ; il ne juge ses chefs que quand ils ne sont plus. En parcourant ses annales, on dirait que la progression croissante de la royauté en Europe a influé simultanément sur l'autorité temporelle des monarques romains. On dirait que le principe de la souveraineté monarchique , en grandissant dans l'esprit des masses , faisait rejaillir sur le sceptre qui gouvernait
.[o4 NOTICE 5UP1LÉMEK TAIRE.
Rome une portion du prestige dont il s'entourait. De la sorte , la puissance séculière des papes aurait crû dans Rome , tout en voyant son action s'émousser au dehors , et , poussée par la prépondérance de l'élément monarchique , aurait suivi dans l'opinion de ses sujets immédiats les phases de la royauté européenne en général. On croit voir en effet que , tant que l'autorité royale fut souffrante et indéterminée , la populace romaine prouva par de fréquentes émeutes qu'elle ne considérait comme ses maîtres ni ces empereurs inévitables , ni ces -pontifes que naguère elle avait élus. Dès qu'au contraire la royauté s'isola , se fit craindre , et se vit définie et assise , le principe monarchique vint aussi régner dans le palais des saints - pères , et peu à peu le peuple s'habitua à trembler devant eux comme des nations tremblaient devant leurs rois. Sans doute on peut dire que cette révolution insensible fut opérée par la force seule des choses ; car il était peu naturel que ces pontifes , devenus rois des rois , se vissent d'un œil paisible entravés sur leur trône par un sénat et des hommes populaires. Mais reconnaissons au moins que la prépondérance de l'élément monarchique en Europe, en donnant upe apparence de légitimité aux efforts que faisait la papauté
pour asservir les Romains , dut graduellement attiédir la persévérance que les peuples apportaient à la défense de ses droits. De nos jours , la métropole chrétienne a bien encore un sénateur , prince del Soglio , portant S. P. Q. R. pour devise, et résidant au Capitole ; mais ce n'est là qu -un lambeau de souvenir , et le vieux monogramme de la cité de Romulus n'augmente pas son pouvoir *.
Aussi le type moral du peuple romain s'est-il résolu en une concentration héréditaire d'orgueil et de vanité. La vieille énergie des Rienzi s'est évaporée , et les méchants papes ont pu mourir sans qu'on maudît leur mémoire ou qu'on lacérât leurs cadavres.
Dès qu'un pontife est élu , les Romains oublient qu'il est sorti de leurs rangs ; ils voient en lui leur roi et le révèrent. Souvent des pasquinades , des satires , viennent attaquer le monarque ; mais ce n'est jamais du peuple qu'elles partent ; elles viennent de plus haut. Pourvu qu'on respecte ses habitudes il est heureux ;
1 Ce sénateur a sous ses ordres des conservateurs du peuple et des espèces de commissaires de police dits caporioni , nommés par le pape. IL préside en outre un tribunal où les causes des bourgeois sont portées. Son autorité est très limitée.
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l'excès de sa souffrance peut seule l'irritera il faut que la famine le pousse, a-t-on dit, j>our qu'il gronde. Gorani rapporte que Pie VI , traversant un (our une des rues de Rome, suivi de ses carrosses , une femme du peuple l'aborda brusquement et lui dit : t< Saint père , l'huile est chère; songes -y ; on se plaint. » Le pape lança sur elle un regard foudroyant ; mais la femme reprit : u Va, va , tu ne me fais pas peur : l'huile est chère , et il nous en faut. » La chambre apostolique avait alors le monopole de cette denrée. Le lendemain l'huile avait baissé de prix.
Beaucoup de pontifes ont ménagé le peuple de leur métropole ; la politique démontrait les avantages d'un tel plan : quand le prince et le peuple spnt unis , le pouvoir n'a rien à craindre des intermédiaires. Aussi ce même peuple prétère-t-il la forme de son gouvernement à toute autre. L'immense juridiction de son maître le flatte , et il aime en outre ces fréquentes mutations de chefs et ce retour continu de cérémonies , de fêtes et de largesses. Les hautes familles , fruit du népotisme papal , ne protègent pas moins cet ordre de choses , animées qu'elles sont par l'espoir d'avoir un jour un parent ou ami pour prince. Voilà ce qui explique la durée de
VOTICE aUPPLKMENTHItË.
la bizarre organisation de l'état romain. A cette époque où les pontifes ne pesaient guère sur l'Europe que comme chefs souverains d'une communion de croyances , il fallait bien qu'on fît concourir à leur élection les sommités éparses de cette même communion. De là cette assemblée incohérente, et anomale d'hommes étrangers entre eux de patrie , de langue , d'usa ges et d'intérêts ; de là , en un mot *, ce Conclave chargé de choisir le chef de l'Église catholique. Ajourd'hui ce qui tranche , çe qui fait poids dans la balance européenne , c'est bien plus le pape comme roi d'une portion d'hommes , que comme régulateur du sentiment religieux ; et pourtant cette organisation décrépite se maintient. Il est Vrai que la nation., qui consent à soumettre le choix de son prince aux influences extérieures , les redoute peu. La grande majorité des électeurs sort de son sein, et ce sont les cardinaux italiens qui disposent de la souveraineté romaine. Outre la précaution qu'ils prennent de n'élire aucun étranger , ils couronnent de préférence un vieillard, parce que le grand âge de l'élu laisse la perspective d'une élection prochaine , et rend sa trahison moins longue , # s'il abjure les intérêts communs. Depuis Adrien VI, qui fut pape en 1 5ii , tous les souverains de
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Home ont vu le jour sous le ciel de l'Italie. L'appréhension d'une nouvelle translation du saint- siège à Avignon semble être encore pour tout prélat français un titre formel d'exclusion.
Les cardinaux, dont l'origine se perd dans les empiétements d'une autorité précaire , sont nommés par le saint-père. Les princes catholiques ont le droit de proposer leurs candidats. Les cardinaux occupent les premières dignités deJ'Etat ; et il est même des charges que le pape ne peut conférer à d'autres. L'une des plus importantes est celle decamerlingo. Le camerlingo a l'inspection générale sur des ministres et officiers de la chambre. A la mort du pape , c'est lui qui brise les sceaux du défunt et préside , pour ainsi dire 8 le gouvernement pendant la durée du conclave. Il a le droit de faire battre monnaie , ne marche point sans escorte , et occupe le palais papal. Le sacré collège charge de l'expédition des affaires trois cardinaux pris dans les ordres des évêques , des prêtres et des diacres , lesquels ne quittent point le conclave , et sont renouvelés après trois jours d'exercice. On a d'ailleurs observé que Rome ne fut jamais mieux gouvernée que pendant la vacance du saint-siége. Le népotisme a disparu ; ceux qui tiennent les rênes de l'État n'ont pas le
temps de faire le mal , et tous s'efforcent de prouver qu'au besoin ils seraient bons papes.
L'histoire Veut qu'après les apôtres saint Pierre et saint Paul les pontifes aient été désignés par leurs prédécesseurs immédiats jusqu'à Évariste. Alors le clergé et les chrétiens de Rome s'emparèrent de l'élection. Nous avons vu comment , dans le principe , des souverains barbares et orthodoxes procédèrent alternativement à la nomination des saints-pères. Peu à * peu l'intervention des empereurs vint se résoudre dans un simple droit de confirmation ; le peuple et le sénat perdirent toute participation à l'élection du prince , et la qualité d'électeur fut affectée aux seuls cardinaux. Dès-lors les césars ne furent plus consultés , et il ne leur resta que l'unique faculté de désavouer un des membres du conclave. L'Empire , la France , l'Espagne, le Portugal , possèdent ce privilège. Le membre désavoué ne peut être élu. Ce ne fut toutefois que sous le pontificatde Nicolas II, c'est-à-dire sous le ministère de Hildebrand , que les cardinaux furent exclusivement investis du droit d'élection. Par le concile de 1059, qui se tint durant la vie de ce pape , on voit que le reste du clergé et le peuple donnaient seulement leur consentement. Grégoire VII sollicita
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encore l'adhésion du malheureux Henri IV ; mais ce n'était là qu'une condescendance illusoire. L'adhésion impériale était moins peutêtre aux yeux de ce grand pontife-, que l'adhésion du peuple et du sénat romains. En 1 1 79 , Alexandre III tint un concile à Latran , et il y fut arrêté que celui qui aurait les deux tiers des voix des cardinaux serait proclamé pape , et que quiconque usurperait ce titre serait excom- • munié. Or , dans ce décret , il n'est question que des seuls cardinaux , d'où l'on peut conclure que leur intervention suffisait à la validité des élections.
Quant à l'institution du conclave , elle date du treizième siècle , et son vrai but fut de pafalyser l'influence et les intrigues du dehors , qui déjà se faisaient sentir. Avant Grégoire X [1274] les cardinaux ne se renfermaient point pour l'élection du pape , seulement ils s'assemblaient chaque jour dans un palais privé , et selon leur bon plaisir. Souvent même le lieu de l'élection était la ville où mourait le pontife ; mais Pie IV, en 1 56a , déclara que le conclave s'assemblerait à Rome. Beaucoup de papes , des conciles même ont établi des règlements à ce sujet. Grégoire X avait décrété que les cardinaux seraient enfer-
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més avec un serviteur , clerc ou laïque , libres dans leur nourriture pendant les trois premiers jours , réduits à un seul mets pendant les cinq jours suivants , et condamnés au pain et au vin, si , après ce délai , le choix n'était pas arrêté. Clément V ratifia cette bulle , et voulut de plus qu'aucune affaire ne peut être prise en considération pendant la durée des opérations du conclave. Aussi , lorsque des cardinaux vertueux tentèrent de restreindre l'immense autorité du saint -siège, les papes élus annulèrent -ils leurs sages conventions , en invoquant la loi de Clément V. Innocent VI se conduisit de la sorte. En i353 , il cassa , comme contraire à Tunique fin du conclave, un serment de cette nature que des électeurs avaient prononcé, et réprima la noble résolution qu'ils avaient osé prendre de reconstituer le saint- siège. Déjà , à cette époque , de nouvelles mesures avaient tempéré la rigidité des premières règles du conclave , et Clément VII , en i35i , avait accordé aux cardinaux deux serviteurs , un mets gras ou maigre , un potage , une salade , et des fruits. Ce régime a été de plus en plus adouci ; et de nos jours , il n'en reste plus de traces.
Cependant sous Eugène IV, en i436, le concile de Baie voyant les ordonnances de Gré-
4ia NOTICE SUPPLÉMENTAIRE.
goire X trop défigurées , en proclama de nouvelles. Dans sa vingt-troisième session, il imposa un serment aux électeurs et une profession de foi à l'élu. Le serment des électeurs était ainsi conçu : Tester dominum Christum qui mè judicaturus est, eligere quem secundum Deum judico eligere debere , et quod in accessu judicabo. La profession de foi de l'élu devait se lire publiquement chaque année à l'anniversaire de son installation. Quoi qu'il en soit , les conciles dérogèrent souvent aux lois primitives concernant le conclave. Ainsi cette même assemblée de Baie attribua le droit de vote à des docteurs en théologie , et fit élire Félix V par trois de ces derniers , auxquels elle adjoignit vingt-neuf prélats. Le concile de Constance fit plus : après avoir déposé les trois pontifes qui tourmentaient l'Église, il associa des députés des cours catholiques aux électeurs-nés , qui nommèrent* Martin V. On pourrait citer un grand nombre de papes qui firent des lois sur cette matière. Paul II décida que , lorsque les cardinaux n'auraient pas mille scudi de rentes , la chambre apostolique compléterait cette somme. Jules II, qui avait acheté les voix qui l'élevèrent au trône , lança une bulle contre la simonie en fait d'élection; Grégoire XV, enfin, en 162 1 ,
exigea le secret des votes par scrutin ; mais l'intrigue a toujours triomphe de tant de précautions.
Ainsi qu'on l'a vu , l'opulence , le rang , la famille , furent bien moins les titrés que les moyens de l'aspirant à la dignité souveraine. La conscience du sacré collège est libre. Une ancienne constitution , émise par un concile de Rome de l'an 769 , stipule qu'aucun clerc ne sera promu à l'épiscopat , s'il n'est monté par degré au rang de diacre ou prêtre-cardinal.
La juridiction , la hiérarchie de ces temps ont été changées , et ce canon n'a pu leur survivre. On a vu de simples moines élevés à la chaire de saint Pierre , et des laïques , des monarques ont même tenté de s'y asseoir. Sans doute , depuis des siècles , les cardinaux cherchent et trouvent les papes dans leurs rangs; mais demander qu'une assemblée de vieillards , dont le dernier des vœux est d'apporter à la tombe un front couronné ; demander , dis-je , qu'une assemblée semblable disposât hors de son enceinte du sceptre qu'elle peut adjuger à ses membres , ce serait là trop exiger des hommes. En général les cardinaux usent de la plus grande circonspection dans l'élection des saintspères. Ils élisent rarement celui de leurs col-
lègues dont les neveux sont hautains ou trop nombreux ; ils écartent de même les cardinaux alliés des maisons souveraines, et ceux promus à la réquisition des rois. A leurs yeux , l'homme sans liens , sans devoirs , et sans reconnaissance obligée , est le plus digne.
L'élection peut avoir lieu de cinq manières.
La première est rare; elle a lieu en cas de schisme , lorsqu'un concile réuni , pour rendre la paix à l'église , dépose des pontifes indignes , et délègue le droit d'élection à une commission de son choix. Ainsi l'ont pratiqué les conciles de Bâle et de Constance.
La deuxième manière est la plus usitée : elle consiste en un simple scrutin par bulletins libres , secrets ; la troisième , dite par accessit , est en quelque sorte un supplément de la deuxième ; elle s'emploie lorsque le scrutin n'a produit aucun résultat. Les ^lecteurs accèdent alors à l'élection d'un membre porté par le scrutin. Ils doivent , dans ce cas , changer de candidat , et s'ils refusent d'en proposer un autre ils inscrivent sur le bulletin d'accessit : Accedo nemini. Celui qui a réuni les deux tiers des votes est proclamé.
•La quatrième est la voie de compromis. Les cardinaux divisés se déchargent , sur une com-
mission , du soin de conférer au plus digne la souveraineté de l'Église et des États romains. Ainsi fut élu , en 127 1 , le pape Grégoire X.
La cinquième enfin est la voie d'adoration ou d'inspiration. C'est une sorte de spontanéité d'hommages équivalent à un scrutin régulier.
Une fraction puissante du conclave se prosterne aux pieds d'un membre et le proclame. Par ce moyen, après la mort de Clément IX , la faction des Barberini fit élire Clément X , Altieri. Les dissidents épouvantés le reconnurent.
Pendant les travaux du sacré collège , la salle du conclave ressemble à une prison. Toutes les ouvertures sont murées ; il n'y pénètre qu'un jour sombre. La seule porte qui soit conservée est cadenassée des deux côtés , et gardée jour et nuit par la force armée. On pratique dans les murs des ouvertures semblables aux tours des maisons religieuses , et c'est par cette voie que les ambassadeurs ou autres communiquent avec les cardinaux , et qu'on fait passer à ces derniers les mets destinés à leur table. Ces tours sont encore militairement gardés. Les cardinaux peuvent sortir du conclave sous un prétexe plausible > mais ils perdent le droit de vote. Leurs conclavistes toujours au nombre de deux , l'un séculier et l'autre ecclésiastique ,
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sont aux gages de la chambre apostolique, jouissent de nombreux privilèges, et acquièrent entre autres la qualité de chevaliers nobles et de bourgeois de la cité de Rome. Leurs fonctions , d'ailleurs fort recherchées, sont celles de secrétaires intimes. Indépendamment du maréchal du conclave , de son secrétaire , d'un maître des cérémonies , il y a dans le sacré collège des religieux confesseurs , des médecins , un chirurgien , un notaire , un apothicaire , un barbier , un charpentier , un maçon et plusieurs facchini ou gens de service. Tous les officiers ou fonctionnaires sont assermentés , et jurent de garder le plus absolu silence.
Je ne ferai point ici le récit des longues cérémonies qui succèdent à la clôture du conclave. Pendant sa durée, le clergé de Rome vient chaque matin à la basilique de Saint-Pierre demander au ciel la prompte nomination de son chef. Souvent la populace gronde quand elle se fait attendre. Dès que le souverain est connu, l'anxiété commune se convertit en joie chez les uns , en dépit chez les autres. Jamais la haine ou Tallégrtsse ne sont unanimes , car c'est un citoyen qui a vieilli citoyen qui va régner. Alors des illuminations , des décharges de mousqueterie , des fanfares et le canon de Saint-Ange , an-
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noncent que le prince est né ; pour un instant des prisons se vident et des pauvres sont soulagés.
Le pape est couronné par le cardinal-doyen et le premier cardinal-diacre, et c'est en prononçant ces paroles qu'ils posent la tiare , ou le tre regni, sur sa tête : Accipe tiaram, tribus coronis ornatam, et scias te esse patrem principum et regum , rectorem orbis in terra, vicariuni salvatoris Jesus-Christi cui est honor et gloria per omnia secula seculorurn. Amen,
Les clefs romaines sont l'emblème de la transmission : Tibi dabo claves regni cœlorum , a dit le Sauveur à saint Pierre. Chrisostôme , Augustin , Bède , Hincmar , prétendaient qu'elles furent données à l'Eglise , c'est-à-dire à saint Pierre pour l'Eglise, et comme mandat, dit saint Fulgence. in terra ligandi sohendique ; mais les partisans de Rome soutiennent qu'elles furent remises à saint Pierre en signe de commandement. Quant aux trois couronnes qui surmontent la tiare apostolique, des auteurs les considèrent comme le symbole des trois règnes ; savoir, du ciel , de la terre et du purgatoire. Sain-Sylvestre fut , dit-on , le premier pape qui porta la mitre. Comment doue , devenue signe d'humiliation et d'opprobre , servit-elle à couvrir les victimes dans les horribles auto-da-fe' d'Espagne.
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