‹ Rome et ses papesChapitre 30 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE IV

Léon VI , Etienne VII , apparaissent ; Marozzia s'en défait encore. Enfin , les évêques effrayés se plient aux ordres d'une femme , et le bâtard d'un prétendu saint-père , Jean XI , fils de Serge III et de Marozzia , devient le prince de V Eglise. — Ici les choses changent de face. Marozzia , veuve de son premier mari , promet à Hugues , roi d'Italie , la couronne de Rome , et l'épouse. L'échafaudage de la puissance papale s'écroulait si ce prince eût su régner ; mais il abreuve les grands de dégoûts, et ne craint pas d'affronter Albéric. Albéric est fils de Marozzia et de son premier époux. Mécontent , il soulève les Romains , assiège Hugues et la reine dans le château Saint- Ange , et met Jean XI au secret.

Là nation tomba dans une sorte d'anarchie^ Albéric se fit prince de Rome , et en nomma , pour ainsi dire , les papes.

[936-4^. ] Jean XI expira dans les fers , et Léon VII vint , qui voulut réconcilier le fils • avec le beau-père , mais sans altérer la souveraineté d'Albéric. Il échoua , il vécut en saint homme , parce qu'un glaive temporel et vigilant le contint ; il vécut peut-être parce qu'il fut saint homme. Etienne VIII lui succéda.

Observons qu'au sein de ces divisions , fomen-

tées par l'immoralité du saint-siége lui-même , Rome , courbée sous la main de fer d'un tyran , ne perdait pas de vue le soin de son autorité aù dehors. — Louis IV, mis par Hugues-le-Grand sur le trône de France, se lasse dune tutèle importune et la guerre civile éclate. Othon , roi de Germanie , intervient et obtient la couronne des Francs ; mais Etienne VIII gémit à cette nouvelle. L'infortune de Louis-d'Outremer le transporte ; il négocie , intrigue , et arrache d'Othon Une renonciation régulière. Hugues-le-Grand résiste, Etienne l'excommunie, proclame Louis IV au nom du Seigneur , et le vassal rebelle rentre dans l'ordre. A part l'orgueil du ton , la démarche est belle et généreuse. Un pontife appuyant le bon droit est un exemple rare de cet esprit conciliant qui devrait seul distinguer le siège apostolique.

Cependant , la race des Carlovingiens va bientôt s'éteindre par un meurtre. Ils portent le titre de fainéants , que tous n'ont pas mérité : ils ne furent jamais les maîtres de leurs actions. Le* torrent de l'ignorance commune les entraîna. Si des représailles énergiques , ou plutôt si la cruauté , pnt être jamais permise , cette époque des usurpations théocratiques est bien l'une de celles où elle n'eût point été criminelle. Aux

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