‹ Rome et ses papesChapitre 6 sur 197 · LIVRE I, CHAPITRE I. . ig · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I. . ig

dans ces jours de quiétisme et d'extase qu'il faut chercher le monachisme sans tache , sans mélangé de mal , libre d'égoïsme et de passions sordides. Une grotte dans un vallon , des simples , l'onde d'un ruisseau limpide , suffisaient aux désirs du bon anachorète. Il ne voulait que des jouissances chrétiennes : la prière , l'hospitalité , la bienfaisance et l'amour du prochain. Tous ses vœux étaient des vœux de -charité.

C'était le solitaire qui glanait dans les plaines de mort après les batailles ; il y venait chercher l'usage de ses vertus , jamais de For et des dépouilles. Il recueillait les mourants , jetait du baume sur leurs blessures , et donnait la vie sans imposer la gratitude. Déjà cette innocence est loin ; les cérémonies du culte vont s'altérer , les momeries , les vœux religieux , l'adoration des saints , vont tout corrompre ; le besoin de dominer va naître. Celui de s'enrichir est né. — Je résume l'époque.

1 Les papes des trois premiers siècles furent des modèles de courage et de piété. L'infortune , la crainte ou l'ambition gâtèrent les hommes qui les suivirent. Presque tous furent qualifiés de saints , titre dont l'acception , dans le principe à peu près nulle , suivit la progression ascendante des papes.

Marcellin [3o2] fut apostat sous Dioclétien , et sacrifia aux idoles pour se soustraire à la persécution. — Nous voyons que les chrétiens de Rome se soulevèrent contre Marcellus, son successeur , par suite de sa sévérité. L'empereur Maxime le punit ; un juste châtiment lui acquit la gloire d'être béatifié. — Un autre saint , Libérius , fut schismatique"; des évêques l'excommunièrent. *

En 366 , deux prélats se disputèrent le siège métropolitain. Rome fut saccagée par le fer et inondée de sang. Saint Damase , pape , foulait aux pieds les victimes de sa fureur. Le peuple était divisé et se poignardait dans les églises. — L'anti-pape fut exclu.

Il est remarquable que , tant que les persécutions durèrent, l'église romaine fut tolérante. Dès que les empereurs se firent chrétiens , les hétérodoxes furent brûlés. L'intolérance naquit du calme f et la force peut-être de l'intolérance.

Il y eut encore un schisme sous Boniface [4i8]. Le préfet de l'empire chassa l'anti-pape, qui fut fait évêque pour avoir troublé la paix et occasionné des massacres. #

Sixte III [438] viola une jeune fille : le peuple l'accusa. Mais le peuple était le plus faible ; un concile acquitta le pape. Sixte est saint.

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