‹ Rome et ses papesChapitre 5 sur 197 · LIVRE I f CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I f CHAPITRE I

l'ambition des papes , comme l'ignorance du monde devint leur prinçipaj moyen.

Quand les peuplades du Nord culbutèrent l'ombre impériale qui gouvernait l'Occident, on vit souvent des princes ariens , qualifiés de barbares , donner aux hommes des leçons de tolérance , et propager par la modération l'utile contagion de la croyance chrétienne K La vertu des évêques et la sainte austérité des missionnaires et des anachorètes ; l'humilité de plusieurs pontifes et le zèle de cet Anastase II [49,6], qui défendit aux ecclésiastiques de vendre leurs services ; la conversion de Clovis ; le malaise général , et , par conséquent , le besoin d'une imploration divine , voilà les causes qui concoururent à l'extension de la foi , et à rendre puissants ceux qui la prêchaient. SouS Théodoric [5o3] , un concile de Rome décréta que son patriarche métropolitain ne connaissait d'autre juge que Dieu , et que l'adhésion des rois était inutile à l'élection ; c'était un grand pas. L'empire écrasé par son propre poids laissa passer la déclaràtion comme inofFensive. L'Église orientale réclama ; mais les schismes et les guerres paralysaient sa vigueur , pendant

1 Les ariens niaient la divinité de J.-C.

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que les métropolitains d'Italie, se transmettant successivement le même siège et le même esprit, consolidaient leur pouvoir par. l'unité d'action.

Voilà le premier âge de l'Eglise , son âge de formation , son âge d'or , le seul , il faut le dire , où l'autorité papale soit pure , généreuse et touchante. Alors encore l'amour de la vie con templative peuplait les solitudes ; une profonde mélancolie engourdissait le genre humain ; le monde même semblait déplorer sa propre barbarie. Les conversions se faisaient sans effort , parce que les maux communs rendaient la prière douce , parce que cette prière apparaissait comme l'antidote du malheur. Les Gaules et l'Italie étaient couvertes d'abbayes , et partout les peuples , si bons quand ils souffrent , aimaient les religieux comme des consolateurs. Les campagnes avaient un aspect morne et lugubre. Les noires murailles des cloîtres , les pèlerins errants au milieu des landes , les cénobites priant sur le seuil de leurs réduits modestes, rendaient l'ame rêveuse et l'impreignaient de résignation. Souvent des adeptes las du fracas des cours échappaient à leur renommée sanglante , et venaient troubler le silence des champs par des cris de miséricorde. C'est

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