LIVBE I , CHAPITRE XIV. IO
tentit dans la place publique ; le peuple irrité s'associe à l'humiliation de son ambassadeur * l'affront devient solidaire et la haine unanime.
[1347.] Rienzi a rêve la république. Il assemble au milieu des ténèbres Rome entière dans un temple , déploie à ses yeux les étendards de la liberté et de la justice, et l'entraîne au Capitolc.
Là l'enthousiasme public le nomme tribun.
D'abord il fut modéré, mais l'appréhension de la chute fait tôt ou tard , par force , d'un usurpateur un tyran. Quand le pouvoir est rapide , l'envie , l'opposition se montrent. Le pouvoir n'a plus qu'un remède , c'est la tyrannie.
Les Romains virent un éclair de gloire. Une ombre de république reparut. Leurs soldats semblaient attacher le respect à sa naissance nouvelle. Rienzi traitait d'égal à égal avec des rois et citait au tribunal de ses concitoyens les empereurs et les papes même.
Cependant Rienzi , hardi à concevoir , était lâche et pusillanime. Il abuse de la faveur du peuple et le peuple l'abandonne. La crainte de la mort le frappe; il abdique, se couvre d'un froc et se retire à Naples [i35o]. Bientôt la vie d'hermite le fatigue ; il retourne à Rome , y excite une sédition sans succès et prend de nou-
veau la fuite. Errant et vagabond , il tombe entre les mains de Charles IV qui , par reconnaissance , le livre à Clément VI ; il va périr ; la mort de Clément le sauve et Innocent lui pardonne pour utiliser son adresse.
Dans l'intervalle , un aventurier , Baroncelli , est devenu gouverneur de Rome. Rienzi reparaît ) Innocent VI Ta nommé sénateur, en son nom , de la capitale rebelle. Fort d'un appui qu'il a autrefois renversé , l'ancien tribun chasse son rival , ressaisit les rênes de la république et son premier pouvoir. Mais cette fois il régna peu. Suppôt d'un homme que les Romains abhorraient , il aigrit les grands par ses vengeances et son orgueil. On l'égorgca [i354].
Rome ensuite retomba dans cet état de guerre civile qu'on nommait république.
C'est sous le pontificat d'Innocent VI , que l'empereur Charles IV publia cette fameuse bulle d'or qui réduisit à sept le nombre des électeurs de l'Empire en trouvant dans le chandelier aux sept branches la triste nécessité de ce nombre. Un Bartole , dit-on , la rédigea. Cet édit éleva les électeurs et abaissa les autres princes. Charles prescrivit aux premiers de savoir quatre langues , car on s'étonne de reconnaître (pie ce monarque faible ait aimé les savants et les