‹ Rome et ses papesChapitre 90 sur 197 · LIVRE I , CHA VITRE XIV. ' , 9 I · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHA VITRE XIV. ' , 9 I

de i35o , cent- vingt mille pèlerins et prêtres pauvres affluèrent dans Rome et dans Avignon. Les moines profitaient de la misère des temps pour augmenter leurs trésors; et le pontife refusa plusieurs fois de mettre un frein à leur mendicité cupide. Quelques francs chroniqueurs de cette époque nous ont laissé une peinture hideuse de la cour et des simonies de Clément.

On voit que l'or était le seul bouclier efficace contre son arrogance : on voit qu'il vendit la paix après avoir enfanté le trouble. Dans la querelle qu'il soutint contre Visconti , archevêque de Milan , les adhérents du prélat avancèrent que la Vanité était la mère du pape , la Luxure et l'Avarice , ses soeurs. Il y avait affront mortel , et pourtant l'argent effaça la haine. Visconti envoya de l'or à Avignon , et Clément VI l'investit , moyennant douze mille florins, de la souveraineté de Milan , déjà fief de l'Empire. — Il osa nommer ses favoris à des évêchés lointains et étrangers ; il souriait si les rois se plaignaient. Tolérant la dépravation dans les siens, galant et dépravé lui-même , il excommunia le roi de Pologne Casimir III parce qu'il avait des concubines , et vendit ensuite au monarque la levée de l'interdit. — Les révélations de sainte Brigitte nous apprennent q*e Jésus-Christ lui

apparut pour lui faire connaître que Cle'ment VI était un monstre.

[i352.] Innocent VI, son successeur , fut le cinquième pape français siégeant à Avignon. Il vécut sage et probe et signala son passage par quelques réformes utiles. Sous lui des bandes de pillards , armées par la détresse commune , les Tard- venus , désolaient les campagnes par le fer et la violence. Innocent à tout hasard lança ses foudres au milieu d'eux ; mais jls voulaient du pain et convoitaient les trésors de saint Pierre ; ils marchèrent sur Avignon. La cour fut effrayée ; le saint-père se soumit à un 'subside considérable , et le fléau passa.

Retournons à Rome.

L'absence du trône pontifical l'avait ruinée. Un jour , les Romains songèrent à se plaindre , et Rienzi , plébéien obscur , fut chargé de porter à Clément VI l'expression du vœu général. Pétrarque était son admirateur et son ami. Doué d'une éloquence fougueuse et passionnée , audacieux , rusé, tel était Rienzi.

Traité à Avignon comme l'envoyé de la métropole chrétienne , il sentit sa force ; l'ambition corrompit son ame.

Clément a repoussé la mission romaine, Rienzi revient dans sa patrie. Le dédain du pape re-

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