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XXXII INTRODUCTION

rait une place chaque jour plus considérable dans Tadministration ecclésiastique du royaume.

A la première lacune qui se présenta dans l'exécution du pacte tacite qui liait les deux pouvoirs, et dans la force même de ces pouvoirs, l'union des intérêts combinés pour une cause commune se fit jour.

Dès l'année 1398, une assemblée ecclésiastique se réunit à Paris, sous le prétexte d'aviser aux meilleurs moyens de faire cesser le schisme. Elle décide que le plus efficace serait d'enlever au pape, non seulement la collation des bénéfices, mais tout exercice de son autorité, par une soustraction entière d'obéissance. Le Roi, qui n'avait pas pris cette initiative, l'approuve et un édit, enregistré en parlement, le 29 août, donne force de loi à la décision du concile.

En 1403, un léger mouvement de réaction semble se produire ; mais en 1404, en 1406, en 1407, en 1408, de nouvelles assemblées du clergé de France maintiennent et développent ce que l'on appelle dès lors officiellement les « libertés et franchises de l'Église gallicane ». La fréquence même de ces assemblées est un signe des temps. Un pouvoir fort, soit à Rome, soit à Paris, ne les eût pas tolérées. Les décisions prises par le corps ecclésiastique assurent les droits de l'ordinaire, c'est-à-dire de l'évêque, enlèvent au pape la collation des bénéfices, le dernier appel des causes ecclésiastiques et les réserves, établissent en un mot la puissance des évêques et l'autorité presque sans appel des conciles provinciaux.

Des ordonnances yoyales confirment la plupart de ces décisions. La France traverse, à cette époque, la période la plus tragique de la lutte des Armagnacs et des Rourguignons. Le Dauphin Charles gouverne la France, ou plutôt il laisse tout aller à la dérive. C'est le moment où le roi de Dourges perd si gaiement son héritage.

En 1414, la chrétienté tout entière, à la suite de l'Église gallicane, se soulève contre l'indignité ou l'insuffisance de ceux qui la dirigent. Le schisme continue. Entre les trois papes qui se disputent le Saint-Siège, on ne peut dire où est le pouvoir, ni en quelles mains reposent les clefs de saint Pierre. 11 faut pourtant

LE SCHISME ET LE CONCILE DE CONSTANCE, xxxiii

que quelqu'un tranche le grand différend : et qui parait plus autorisé que TÉglise elle-même?

Un concile œcuménique est réuni à Constance. Trente-trois cardinaux, trois cent quarante-deux évoques, deux mille cent quarante-huit abbés, théologiens et docteurs, cinq cent soixantequatrechefs d'ordres ou religieux, seize cents ducs, comtes, barons margraves, nobles de toutes sortes et leur suite, l'Empereur avec mille personnes, Frédéric d'Autriche avec sept cents personnes, les ambassadeurs de presque tous les princes de l'Europe, les docteurs des universités de Paris, Toulouse, Montpellier, Oxford, Cambridge, Cologne, Prague, Vienne, Cracovie, Bologne et Florence se trouvent réunis*. Jamais on n'avait vu un tel concours de personnages éminents en dignité, en puissance, en sagesse. C'était vraiment la chrétienté tout entière, se posant à elle-même la question de la vie ou de la mort,du dépérissement ou de là réformation.

L'œuvre de ce concile fut double : d'une part, il réagit vigoureusement contre la tendance à la séparation, à l'hérésie, à la révolte que le spectacle des misères du schisme avait développées. Il condamna les erreurs de Wiclef, de Jean Huss et de Jérôme de Prague, et, parmi ces erreurs, non seulement celles qui touchaient au dogme, mais aussi celles qui atteignaient la discipline romaine*. En outre le concile faisait acte de sagesse chrétienne et de soumission au siège apostolique.

1. Voir les Conciles généraux et particuliers^ par Mb' P. Gubrin. Palmé, 1869, in-So (t. m, p. 90).

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