Voir plus loin les détails de cette affaire
7. Ces articles de la paix des Pyrénées étant un des éléments importants des affaires d'Italie, je pense devoir en donner le texte :
Art. 99.
« Et d'autant que lesdits seigneurs rois ont considéré que les différends des autres
Majesté n'a pas douté que ledit sieur duc ne dût non seulement approuver et se tenir obligé de ce dessein, mais ne se portât à y contribuer ce qui se peut désirer de sa part pour le faire réussir au contentement dudit sieur duc de Parme, qui est tout celui que Sa Majesté y cherche.
Que l'union des vœux et des suffrages des amis en ces sortes de négociations étant un puissant moyen pour les rendre efficaces à la cour de Rome, Sa Majesté a trouvé à propos, et Sa Majesté Calholique aussi, de pousser les intérêts de ces deux maisons tout d'un temps pour, par cette union, donner plus de force et de poids aux instances, et on se promet bien que ledit duc y joindra les siennes pour la même raison.
L'ambassadeur que le duc de Savoie tient à Rome ayant offert son service à M. le cardinal d'Esté Mans le démêlé qui lui survint
« princes leurs amis et adhérents les ont souvent tirés malgré eux et les rois leurs « prédécesseurs de glorieuse mémoire, à la prise des armes, Leurs Majestés, dési- « rant, autant qu*il est en leur pouvoir, d*ôter, par la présente paix en toutes parts, « les moindres s^jets de dissension, afin d*en mieux affermir la durée, et notamment « le repos de Tltalie qui a souvent été troublé par des différends particuliers arrivés « entre les princes qui y possèdent des États ; les deux seigneurs rois ont convenu « et accordé qu'ils interposeront de concert, sincèrement et pressamment, leurs tt offices et supplications, auprès de Notre Saint-Père le Pape, jusqu'à ce qu'ils « aient pu obtenir de Sa Sainteté qu'elle ait pour agréable de faire terminer, sans « délai, par accord ou par justice, le différend que ledit sieur duc de Modène a « depuis si longtemps avec la Chambre apostolique touchant la propriété et la postt session des vallées de Comacchio : se promettant lesdits seigneurs rois de la sou tt veraine équité de Sa Sainteté qu'elle ne refusera pas la juste satisfaction qui sera « due à un prince dont les ancêtres ont tant mérité du Saint-Siège et lequel, dans tt un très considérable intérêt, a consenti jusques ici de prendre ses parties mêmes tt pour ses juges. »
Art. 100.
u Les deux seigneurs rois, par la même considération d'arracher la semence de tt tous les différends qui pourroient troubler le repos de l'Italie, ont aussi convenu tt qu'ils interposeront, de concert, sincèrement et pressamment, leurs offices et supc plications auprès de Notre Saint- Père le Pape, jusqu'à ce qu'ils aient pu obtenir « de^a Sainteté la grâce que Leurs Majestés lui ont assez souvent demandée sépa- « rément en faveur de Monsieur le duc de Parme, à ce qu'il ait la faculté d'acquitter « en divers intervalles convenables de temps la dette qu'il a contractée envers la « Chambre apostolique, en la même manière de différents intervalles, et que par « ce moyen, et avec l'engagement ou l'aliénation de partie de ses Etats de Castro et « de Ronciglione, il puisse trouver l'argent qui lui est nécessaire pour conserver la « possession du reste desdits États, ce que Leurs Majestés espèrent de la bonté de « Sa Sainteté, non moins pour le désir qu'Elle aura de prévenir toutes les occasions « de discorde dans la Chrétienté, que de sa disposition à favoriser une maison qui tt a tant mérité du siège apostolique. »