Voir sur le cardinal d'Esté, plus haut, p
le capital fut de cinquante-quatre mille quatre cent deux écus, auquel il affecta le revenu du château de Roncillon% membre dudit duché de Castro, aux mêmes conditions que le précédent, avec cette précaution pour les montistes qu'il seroit établi à Rome un dépositaire des deniers provenant de la recette desdits fonds pour leur en payer la rente.
Odoart Farnèse, fils aîné de Ranuce, venant à lui succéder, et en nécessité d'argent pour soutenir la guerre qu'il avoit contre l'Espagne', fonda encore deux autres monts comme les précédents et leur affecta les revenus de plusieurs autres terres dudit duché de Castro, le tout ensemble montant au principal à la somme de douze cent quatre-vingt-onze mille six cents écus faisant cinquante mille et six-vingt écus d'intérêt, avec cette condition qu'il s'en lèveroit encore dix mille tous les ans par dessus pour être employés à l'extinction d'autant de capital ; donna pour dépositaire à Rome Hiérosme Martelli et Jean Gritty, banquiers, et pour receveurs Jean-Raptiste et Alexandre Sirry frères, qui tenoient ses revenus de Castro à ferme pour la somme de quatrevingt-treize mille écus par an.
Les Sirry traversés en la traite de leurs blés et fruits par les officiers de la Chambre apostolique reculèrent leurs paiements accoutumés aux dépositaires, et les montistes en firent bruit'. Sur quoi le cardinal Rarberin^ porta le pape Urbain, son oncle, à faire la guerre au duché de Castro '^. Mais, après l'avoir pris, il fut obligé de le restituer au duc, par la paix dltalie^ traitée par la
1. Le chàteaa de Ronciglione, situé sur le lago di Vico, au sud de Viterbe.
2. En 1635, 1636, le duc de Parme, allié de la France et de la Savoie, s'engagea dans la guerre contre TEspagne. Ses États furent en partie occupés par Tennemi et eurent beaucoup à souffrir.
3. On lit dans un exposé de l'affaire de Parme, daté de 1642, et conservé dans les Archives des affaires étrangères (Parme^ Correspondance , 1. 1, fol. 493) : « Le sieur duc de Parme dit que, si ses créanciers n'ont pas été payés, ce n'est pas sa faute, ses fermiers étant obligés, par leur bail, de les pajer tous les ans, ce qu'ils soutiennent qu'ils n'eussent pas manqué de faire si Sa Sainteté ne leur eût ôté la traite des blés du Parmesan dans les États pontificaux, de laquelle ils dévoient jouir en vertu de leurs fermes que ledit sieur duc leur avoit données à ces conditions, parce que Sa Sainteté l'a toi^jours laissé jouir paisiblement desdites traites. »