‹ RomeChapitre 77 sur 186 · LE SECRET RECOMMANDÉ · texte numérisé non relu

LE SECRET RECOMMANDÉ

n'avoir pas pouvoir de changer ni révoquer; sur quoi, outre la réflexion ci-dessus touchée des sentiments du cardinal de Retz, on laisse à juger à Sa Sainteté si, la chose subsistant comme elle est, il y peut avoir lieu d'espérer de déraciner jamais les opinions condamnées de Tesprit de ces filles, lequel en est continuellement imbu par ceux-là mêmes qui dévoient le plus travailler à les détromper.

Le Roi étant averti de bon lieu que dans le palais du pape on est toujours mieux informé de nos affaires qu'il ne seroit à désirer et que Sa Sainteté sait ordinairement ce que les ministres de Sa Majesté ont à lui dire, avant même qu'ils aient lieu de lui pouvoir parler, Sa Majesté ne veut présentement faire tomber son soupçon sur personne en particulier, mais ayant grand intérêt de remédier au préjudice qu'en reçoivent ses affaires, elle désire et recommande le plus expressément qu'il -lui est possible à MM. les cardinaux Antoine et d'Esté de ne communiquer à qui que ce soit aucun point ni particularité contenus en la présente instruction, mais que le secret en soit exactement gardé entre eux, et ledit d'Aubeville, sans participation à quelque autre personne que ce puisse être, sans réserve ni exception d'aucune.

Ledit sieur d'Aubeville visitera en arrivant MM. les cardinaux du parti de Sa Majesté, c'est-à-dire Grimaldi\ Mancini*, Ursini', Maldachini\etles assurera delà continuation de sa bienveillance royale. S'ils s'enquièrent du sujet de son envoi, il pourra leur dire qu'il a été résolu sur les instances que M. le nonce a faites d'une ligue de princes chrétiens contre lennemi commun, afin d'apprendre plus particulièrement là-dessus les désirs et les sentiments de Sa Sainteté.

A Fontainebleau, da 5 mai 1661.

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