Sainte Famille
A gauche, devant la porte d'un édifice à colonnes, dont le tympan est orné d'un bas-relief, la Vierge est assise de face, près d'une crèche; elle tient, sur son genou gauche, l'Enfant Jésus qui se tourne, à droite, vers le petit saint Jean. Celui-ci s'avance, un agneau dans les bras. Au milieu, sainte Anne, contre un parapet, en robe grise, manteau vert, le visage encadré par un turban blanc. A droite, assis sur les marches d'un escalier creusé dans le roc, Joachim, en robe grise et manteau brun, se tournant à gauche vers saint Joseph, debout, au second plan, qui lui indique du doigt un passage dans un livre saint. Fond de paysage, avec une église sur une éminence qui domine un lac sur le bord duquel est réunie la foule, près de vaisseaux à l'ancre.
H., 0,0)1; L., 0,79. — Fig. pet. nat. — Provient de la Coll. Pio; à rapprocher de la Sainte Famille à la National Gallery, et sans doute peint à la même époque. « C'est bien le colons spécial au peintre; dans le paysage, se retrouvent les détails qui lui sont habituels ; les maisons, les remparts, le château fort au fond, les montagnes do forme conique et de teinte azurée; des nuages rougeàtres courent dans le ciel à l'horizon » (Cat., 51). Au revers, une Présentation au Temple, préparation d un tableau où l'on voit les contours des figures dessinées, les têtes à peine frottées de rose ; et déjà quelques draperies sont colorées d'un jaune doré et d'un vert cuivré, couleurs qui prévalaient dans tous les tableaux du maître, et qui, dans cetle esquisse, indiquent les notes les plus fortes de la palette, celles à quoi les autres doivent rester subordonnées dans l'harmonia finale. » (A. Venturi, Gaz. des B. -Arts, i902, 11, I68.)
Grandi (Ercole). — Éc. ferraraise. Vers 1470; f 1531 (?). * 142. Portrait de jeune femme.
De profil, tournée vers la gauche, le visage posé de trois quarts, la jeune femme regarde en face. Sur sa chevelure rousse, est posée une sorte de résille noire. Elle est vêtue d'une robe grenat légèrement décolletée, avec des crevés blancs aux manches, et d'un manteau vert, et porte un collier de grenats. De la main droite, elle tient un livre fermé. Au fond, à droite, est tendue une draperie verdâtre; à gauche, par une ouverture, on aperçoit le paysage.
H., 0,43; L., 0,35. B. — Fig. en buste pet. nat.— Ce beau portrait d'une mélancolie pénétrante, catalogué autrefois sans raison sous le nom de Giovanni Bellini, fut attribvié par Morelli (263), à Amico Aspertini et par Cr. etCAv. (N. U., i, d90. n. 6) à Lorenzo Costa. Récemment M. Venturi [Cat., 52) considérant la minutie des détails, la main avec les doigts rehaussés de rouge, le visage en pleine lumière et le paysage d'une tonalité bleuâtre, comme chez les élèves de Costa et de Francia, a donné ce portrait à Ercole Grandi. On présume, d'autre part, que la'jeune femme représentée serait la maîtresse de Antonio Tibaldeo.
Guercino (Giovanni Francesco Barbieri, dit II). — Le Guerchin. — Éc. bolonaise. 1591 1 f 1666.
*221. Les funérailles de sainte Pétronille.
Au premier plan, deux fossoyeurs, les jambes nues, l'un, à gauche, agenouillé, vêtu d'une houppelande bleue, l'autre, au milieu, debout, en chemisette et haut-de-chausse brun, descendent dans la tombe la jeune fdle, dont un troisième personnage, invisible, soutient la tête à la chevelure brune entremêlée de fleurs. Au second plan, à droite, sur les marches d'un escaher, Flaccus, que Pétronille refusa d'épouser, vêtu d'un pourpoint gris à manches grenat, manteau marron, coiffé d'une toque rouge surmontée d'une plume, se retourne vers deux vieillards, l'un nu-tête, l'autre coiffé d'un turban. Au fond, un édifice à pilastres ioniques, et une colonne tronquée. A gauche, un homme et une femme en pleurs, un petit enfant appuyé contre une civière et un jeune homme, portant un cierge allumé, se penchant vers le sépulcre béant. Au ciel, la sainte, en riches atours, est agenouillée devant le Christ, dans une gloire ; un ange s'apprête à la couronner.
H., 7,20; L., 4,21. T. — Cintré par le haut. — Fig. plus gr. que nature. — Commandé par le pape Grégoire XV pour un des autels de Saint-Pierre pendant un séjour du peintre à Rome. Remplacé par une mosaïque, sous Clément XI, et transporté au Quirinal. A Paris, de 1897 à 1815. « Chef-d'œuvre de la seconde manière du peintre; le caractère naturaliste des visages se ressent de l'influence du Caravage » [Cat., 75). « L'artiste, selon l'usage des écoles qui ne sont pas primitives, a rassemblé dans cette peinture composite trois ou quatre sortes d'effet : il parle aux yeux, par les puissantes oppositions d'ombre et de lumière, par les riches draperies de la sainte et de son fiancé; il copie le réel, de façon à faire illusion; le petit garçon qui tient le cierge est
GALERIE DU CAPITOLE
Cliché Audcrson. Photogravure V igiitrot. Deinoiiliii et C".
Grandi (Ercole).